Les Tontons flingueurs / Georges Lautner

Publié le par La Zitoune

Les Tontons flingueurs / Georges Lautner
Publicité
Réalisateur : Georges Lautner, mort l'année dernière, emportant son cheveu sur la langue. Dialogues : Michel Audiard, mort en 1985. Année de tournage des Tontons flingueurs : 1962Acteurs : Lino Ventura (mort), Bernard Blier (mort), Francis Blanche (mort), Jean Lefebvre (mort), Claude Rich (pas mort !), ... Genre : une comédie adaptée de Grisbi* or not grisbi, roman d'Albert Simonin (trilogie avec Touchez pas au grisbi et Le cave se rebiffe). Particularités multiples : film en noir et blanc contenant une petite musique reconnaissable entre toutes (quelques notes de piano-banjo) à chaque coup de poing distribué par le grand Lino ; en 1963, ce film eut du succès sans être un triomphe populaire, alors qu'il est aujourd'hui un film culte, grâce à ses tirades et répliques argotiques passées dans la mémoire collective. A l'époque de sa sortie, Nouvelle Vague oblige, l'intelligentsia parisienne vomissait sur Michel Audiard. L'intelligentsia est un âne.
* En argot, le grisbi est l'argent, le magot.
 
L'histoire vite fait. Fernand Naudin (Lino Ventura), un ex-truand paisiblement reconverti dans la vente de tracteurs à Montauban, est appelé au chevet de son ami qu'il n'a plus vu depuis 15 ans : Louis dit Le Mexicain. Ce dernier, un gangster émérite, est en train de mourir à Paris et veut refiler la direction de "ses affaires" ainsi que l'éducation de sa fille Patricia à Fernand, pas jouasse du tout. Maître Folace (Francis Blanche) s'occupe, sans états d'âme particuliers, de la succession et met en garde Fernand contre les frères Volfoni (Raoul/Bernard Blier et Paul/Jean Lefebvre), jaloux de ne pas hériter du patron et de sa distillerie clandestine, de son tripot clandestin et de ses tepus pas clandestines.
Théo et Tomate vont aussi chercher des noises à Fernand, qui ne pourra compter que sur Pascal (Venantino Venantini) et son cousin germain, Bastien. Les deux lascars vont également tenter de faire porter le chapeau aux frères Volfoni. Raoul prendra d'ailleurs plusieurs bourre-pifs pour des choses qu'il n'avait pas commises. Un régal de drôlerie !
Patricia, chipie notoire, fréquente Antoine (Claude Rich), fils du vice-président du FMI, sourd comme un pot.
Plutôt calme au départ, Fernand va vite distribuer les mandales et se faire respecter coûte que coûte. Les pourris des pourris seront éliminés, Patricia ne sera pas dépouillée de son héritage, épousera son dandy musicien et ne fera donc pas le tapin. Et les "affaires" continueront tranquillement.
On peut se demander si Fernand retournera ou non à ses tracteurs à Montauban...
 
Merveilleuses répliques (désordonnées) qui nous replongent dans l'ambiance du film :
- Alors, il dort le gros con ? Ben il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban. Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère... Au terminus des prétentieux ! (Blier parlant de Ventura).
- Mais il connaît pas Raoul ce mec, il va avoir un réveil pénible. J'ai voulu être diplomate à cause de vous tous, éviter que le sang coule, mais maintenant c'est fini, j'vais le travailler en férocité, l'faire marcher à coups de lattes, à ma pogne j'veux le voir ! Et vous verrez qu'il demandera pardon, et au garde-à-vous... (idem).
- Non mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix, il chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! Mais moi les dingues j’les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j’vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quat'coins d’Paris qu’on va l’retrouver éparpillé par petits bouts, façon puzzle... Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite... j’disperse... j’ventile... (idem).
- Touche pas au grisbi, salope ! (maître Folace dans la fameuse scène hilarante de la beuverie dans la cuisine ; je pourrais regarder des heures Jean Lefebvre pleurer parce que l'alcool est trop fort :-)).
- Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît ! (Lino Ventura dans la même scène de la cuisine ; s'il n'y avait qu'une scène à revoir, pour moi ce serait celle-là).
- Patricia, mon petit... Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu ! (Lino Ventura).
 
Une langue verte truculente à dynamiter, à disperser, à ventiler ! A poil les critiques snobinards et les handicapés du jouissif, ce film est juste drôle, pas la peine de se tordre les méninges pour en tirer une analyse ennuyeuse ! On y est politiquement incorrect, on y fume, on y boit, on y jure et s'y parjure. Des scènes jubilatoires dignes d'être conservées en mémoire pour ce pastiche des films noirs.
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Dans ce film, Audiard prouve qu'il a du talent !
Répondre
L
Un des meilleur film français, avec des répliques inoubliables.
Répondre
L
Je ne vais pas trop au cinoche, mais j'ai vu et revu des films avec &quot;Le LINO&quot; et j'ai adoré. Mec solide qui n'a pas froid aux yeux !! <br /> Bravo pour le dessin, on le reconnaît bien...
Répondre