Intime banlieue

Publié le par La Zitoune

"Mais mon essentiel, mes rêves, ce qui me fait pleurer, ce qui me coupe le souffle, ce qui me fait voyager le cul sur ma chaise n'est pas le cœur de ma vie. Il y a les gens qu'on met au ban de la société - dans des ban-lieues, et il y a la partie essentielle de nous que l'on met au ban de nous-mêmes, qu'on ne nourrit plus, qu'on va laisser crever parce qu'elle nous accuse, nous et notre lâcheté ; alors, de temps en temps, elle se révolte, prête à tout casser, elle nous ferait chialer cette chimère, comme l'enfant que l'on était qui viendrait demander des comptes à l'adulte que l'on est devenu. C'est notre jeunesse qui se révolte, c'est la crise de notre intime banlieue qu'il va falloir éteindre au karcher de nos "injonctions normatives". Un poète disait que l'on était des enfants morts. J'ai plutôt l'impression qu'on est des enfants qui agonisent."

Fabien

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