Eloge de l’enthousiasme (2)

Publié le par La Zitoune

S’enthousiasmer pour quelqu’un ou pour quelque chose, même excessivement, même aveuglément, même exclusivement, n’est jamais vain. L'emballement fiévreux ou l'élan frénétique qui nous transportent d’enthousiasme vers un être humain, un extraterrestre, une œuvre, une idée, un projet, un idéal, à tel point qu’il n'est plus possible de le dissimuler, ne sont jamais le fruit du hasard ni un coup du destin.
Comment créer sans ce feu sacré ? sans enthousiasme ? sans cette force parfois mystique ? Comment aimer, admirer, se lever ou se relever ?
Comment ... vivre ?

L’enthousiasme, cette émotion puissante, est souvent dénigré, d’aucuns prenant un malin plaisir à appeler à tort et à travers à la prudence, à la raison, voire à l'intelligence, dès qu'un peu de ferveur voit le jour.
L’esprit, jusque-là exalté, se retrouve alors comme l’oiseau tiré en plein vol par un chasseur jaloux de sa liberté. Ainsi, l'enthousiaste voit sa sensibilité brutalement ramenée sur la terre ferme, et son inspiration, un plomb dans l’aile, s'en aller mourir sous un meuble.

Les briseurs d’enthousiasme (également appelés casse-burnes ou casse-burnelatines dans le Sud-Ouest) n'ont pas cette force intérieure invisible, cette énergie contagieuse qui fabrique les êtres à part ; ceux qui n'oublient jamais qu'ils sont mortels et se dépêchent de vivre.
Les rabat-joie sont comme les hommes d'équipage se riant des albatros qui marchent, alors qu'ils sont eux-mêmes incapables de voler.

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