Grand tour de Pologne (8)
Un peu d'histoire...
Auschwitz, une petite ville tristement célèbre. Une charge émotionnelle épouvantable, indescriptible, un devoir de mémoire éprouvant, qui rassure les rescapés. Deux tonnes de cheveux (heureusement, les photos sont interdites), des montagnes de chaussures d'enfants, de lunettes... il n'y a pas de mot pour décrire pareille abomination. 40 °, il faisait vraiment très chaud ce jour, et je n'ai entendu aucune plainte. Il y avait du monde, de diverses nationalités, et le silence était incroyable, extrêmement parlant. Je n'ai vu personne faire un selfie, ce que je redoutais beaucoup, et les gens respectaient les interdictions de photographier. Une "visite" essentielle, même si je comprends parfaitement qu'on ne s'y rende pas.
Pour ceux qui aiment tout salir, je précise que l'entrée n'est pas payante et qu'il n'y a aucun merchandising autour de ce lieu. Une seule librairie, qui vend des livres donc, et pas des tasses !
28 bâtiments appelés blocs.
Même si le camp d'Auschwitz-Birkenau n'est jamais officiellement cité dans La vie est belle de Roberto Benigni, puisque le film est avant tout une fable, un conte moderne et non un film historique, les ressemblances sont frappantes et laissent envisager qu'il s'agit bien de ce lieu (il est d'ailleurs cité dans le générique de fin).
300 granges de 80 m de longueur sur 10 m de large, 4 chambres à gaz pouvant contenir 200 personnes chacune, des chambres crématoires, le tout répartit sur 175 ha, clôturés de fils barbelés et électrifiés. Birkenau était le plus grand camp d'extermination. En partant, les Allemands ont détruit tout ce qu'ils pouvaient. Il reste 45 baraquements en brique et 22 en bois.
Les camps d'extermination de Treblinka et de Sobibor se trouvent également en Pologne. Le camp d'Auschwitz est le seul, avec celui de Ravensbrück (en Allemagne), dans lequel étaient déportées les femmes.
Mais l'enfer ne s'arrête pas là pour les Polonais, puisqu'en 1945 le pays passe sous tutelle soviétique. Un parti communiste et totalitaire est imposé par Moscou. La Pologne voit rouge ! S'ensuit une longue période de répression de l'opposition, marquée par de nombreuses arrestations. Le pays est dépendant politiquement et économiquement de l'URSS et plonge dans la pauvreté. Ce n'est qu'à la fin des années 80 que la Pologne pourra à nouveau, progressivement, entrevoir la démocratie.
Se débarrasser des nazis pour tomber dans les bras des communistes... :(
