Tunisie : mer et oasis en 4x4 (2)
La décision de ne pas prendre le taxi mais le bus pour aller jusqu'à Hammamet nécessite de ne pas tenir compte des conseils soi-disant avisés des soi-disant guides de l'hôtel ("Tu vas te faire voler tes papiers, ton argent, c'est dangereux bla bla bla...").
Pourtant, rien de tel que le bus pour se mélanger aux habitants et sentir le pays. Aucun sentiment d'insécurité n'est arrivé jusqu'à nous et pourtant on l'a pris plusieurs fois. Les échanges faciles avec les gens étaient vraiment très agréables.
Le bus est long, rouge et blanc, et relié par un soufflet. A l'avant le chauffeur te conduit et te renseigne, à l'arrière tu achètes ton ticket à une autre personne.
- As-salam alaykom ! Deux tickets s'il vous plaît.
- Au fond du bus !
- Ah d'accord ! Choukran !
...
- As-salam alaykom ! Deux tickets s'il vous plaît.
- ...
- Choukran ! Pour la médina il faut descendre à ... ?
- Au chauffeur !
- Ah d'accord ! Choukran !
...
- S'il vous plaît, pour la médi...
- Asseyez-vous là, je vous dirai !
😂
Sortir du béton de Yasmine Hammamet pour arpenter les venelles de la médina d'Hammamet fut un réel plaisir, pas longtemps gâché par un rabatteur plus malin que les autres qui nous a trimbalés jusqu'au magasin de sa soi-disant mère tenu par son soi-disant frère. Il a commencé par critiquer les autres rabatteurs, puis s'est proposé de nous faire visiter la médina. Nous avons découvert ce lieu entouré de remparts, avec son fort, son bord de mer et son cimetière marin musulman qui donne sur la mer, le tout dans les tons de bleu et de blanc. Nous avons même eu droit à un thé à la menthe (pas très bon), avant de nous voir proposer des babouches (évidemment fausses) et des bijoux berbères (ben voyons hé hé !). Le soi-disant frère a gaffé en appelant notre rabatteur : "le frère de l'hôtel". Il s'est d'ailleurs fait copieusement engueuler en arabe. Fin de la partie. Sont chiants, fouilla ! Les pigeons n'ont pas mordu, ça ne peut pas marcher à tous les coups...
Ce lieu est très joli avec ses portes décorées de poissons, de clous, de mains de Fatma, de croissants, de heurtoirs. Chaque symbole ayant évidemment une signification religieuse ou spirituelle.
Le reste de la ville est assez bruyant et très sale, comme un peu partout en Tunisie. C'est assez frappant de voir tous ces déchets par terre. Beaucoup de maisons sont en construction, on dirait qu'un immense chantier est toujours en cours dans tout le pays.
Les taxis jaunes alpaguent les touristes, y compris ceux qui patientent sous les abribus.
Tous les W.-C. sont équipés d'une douchette.
On fume le narguilé dans les cafés, où la vie semble s'écouler au ralenti.
De retour à Yasmine Hammamet, après un café bon mais fort bu sur la terrasse d'un bar décoré d'énormes roses des sables, un échange avec le serveur qui rêve de quitter son bled qu'il déteste, un tour sur la plage pour respirer la mer qui ne sent rien, j'ai trouvé bon de marcher la tête baissée et de me prendre une pancarte dans la gueule ha ha ! Un peu sonnée, mais sans mal, j'ai vu accourir un homme qui s'inquiétait pour moi. Léo, une fois rassuré et la surprise passée, a bien ri, et moi aussi !
Et nous voilà prêts à découvrir le désert dans le sud !











