Vers un Etat policier ?
Quand les violences policières ne sont plus exceptionnelles ni des dérapages isolés, on doit pouvoir parler sans retenue de problème systémique ; sans s'entendre bêtement dire qu'on est contre les flics. Petit à petit, loi après loi, l'état d'urgence aidant (mais ça avait commencé bien avant), les dispositifs juridiques grignotent nos droits et libertés individuelles. Au nom de la sécurité, certains ne verront plus que d'un oeil jusqu'à la fin de leur vie, entre autres joyeusetés. Au nom de la prévention, on nous surveille massivement. Le droit pénal prévient de plus en plus ; "soupçonné(e) d'intention de..."... Brrr... L'Etat de droit en prend un sacré coup, l'air de rien. Touche par touche, parfois en douce, la nuit, dans un hémicycle désert. D'aucuns disent qu'on glisse vers un Etat policier. Comment ne pas l'imaginer sérieusement ? Une chose est sûre, pour taper de la sorte sur la population, il faut s'y sentir autorisé et savoir qu'on ne sera pas puni. Il faut sans doute y avoir été encouragé aussi.
Merci à ceux qui filment, pro ou amateurs, journalistes ou quidams, manifestants ou simples habitants du haut de leur balcon. Vous êtes la dernière fenêtre qui permet d'y voir encore un peu clair avant l'obscurité.
Si un jour l'extrême droite arrivait au pouvoir, elle ne serait pas trop dépaysée et se chargerait sans doute - quant à elle - de remercier ses prédécesseurs.
