Matilda est revenue !
Cette femme ressemble à Mamie Nova, n'est-ce pas ? On l'imagine facilement en train de faire des confitures dans sa cuisine. Eh bien sachez qu'il n'en est rien ! Enfin... je n'en sais rien en vrai... peut-être qu'elle faisait effectivement des confitures dans sa cuisine, mais elle est surtout connue pour être l'une des plus brillantes astronomes que le cosmos ait portée en son giron. Mamie Novae, donc.
Née en 1900 en Angleterre, elle obtient son diplôme en sciences en 1923, dans une société qui ne conçoit pas que les femmes occupent un poste de chercheur. Les hommes étaient très cons à l'époque. Elle obtient alors une bourse pour l'Observatoire de l'université Harvard et file chercher aux États-Unis. C'est ainsi qu'elle découvre en 1924 que les étoiles ont toutes une composition en éléments lourds semblable à celle de la Terre, mais que l'hélium et l'hydrogène y sont beaucoup plus abondants. Mais Henry Russell, encore un homme, la dissuade de publier sa découverte, arguant que la Terre et les étoiles doivent avoir une constitution semblable. Mais cet andouille atteint les mêmes conclusions qu'elle par d'autres moyens et réalise en 1929 qu'elle a raison. Cinq ans il lui a fallu au mec ! Bonjour la flèche bleue ! Il reconnaît l'antériorité de la découverte de sa brillante collègue. Encore heureux ! Néanmoins, elle lui est souvent attribuée. Pfff...
Otto Struve déclare en 1962 que cette thèse est "assurément la plus brillante thèse de doctorat d'astronomie jamais écrite". Un brave mec cet Otto, et très mobile !
En 1933, lors d'un congrès en Allemagne, elle rencontre son futur mari, Sergei Gaposchkin, qui a fui les purges soviétiques et craint pour son avenir dans l'Allemagne nazie. On peut dire qu'il a du nez...
Même mariée, elle occupe son poste de chercheuse, ce qui choque à l'époque. Elle devrait faire des confitures dans sa cuisine ! Quelle audace ! Elle tient une conférence enceinte de cinq mois et se prend une soufflante par son patron. Un mec, évidemment !
Avec Sergei, ils étudient alors la magnitude de plus de deux millions d'étoiles dans la Voie lactée et les Nuages de Magellan, permettant de les répartir dans les catégories existantes et de déterminer leur évolution. N'est-ce pas romantique ? Il n'y avait pas Hanouna à l'époque, il fallait bien s'occuper.
Cette femme incroyable n'obtient un poste permanent à Harvard qu'en 1938, et doit attendre 1956 avant d'être nommée professeure, puis première femme à diriger le département d'astronomie de l'université.
Cecilia Payne meurt en 1979.
Il existe une anecdote sur elle que j'adore !
À l'école primaire, elle met au point un protocole scientifique pour vérifier l'effet de la prière. Pour cela, elle compare les résultats à un examen de deux groupes, dont l'un est composé de personnes ayant prié pour le succès et l'autre non. Il s'avère que le groupe qui n'avait pas prié a plus de succès.
Elle sera dès lors agnostique.
C'est carré et scientifique ! Dieu, encore un homme, peut aller se rhabiller derrière la mésosphère. Cecilia est la meilleure. 😁
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