Front popu (2)
Si pour une fois, tu pouvais fermer ta gu...
Il est là, mou comme une chique, apathique, mais la gueule grande ouverte. Sa force d'inertie est remarquablement sonore, toujours. Si au moins il la mettait en veilleuse de temps en temps, dans des moments comme celui que nous vivons. Par décence, intelligence ou connaissance de l'histoire. Mais non, il ne l'envisage jamais, persuadé que sa pensée moisie pourrait servir de pénicilline dans un monde qui se fait sans lui.
Quoi qu'il se passe, il n'analyse pas et reste convaincu qu'il joue un rôle dans l'histoire. Le rôle de celui qui ne se fait pas avoir par le système. Il faut qu'il commente, qu'il critique, qu'il joue les devins. Il sait tout et, bien sûr, il est éclairé par sa propre lucidité. Parfois même, elle l'aveugle. Il nous l'avait bien dit que ça ne servait à rien.
Si les choses bougent, il la ramène quand même. Il n'est pas à une contradiction près.
Son canapé est moulé sur son postérieur et en entend des vertes et des pas mûres, le plus souvent des rances, goût vomi. Il ne vote jamais, parce qu'il sait que tout est truqué, et nous le prouve après chaque élection, en insultant la terre entière, tous ces cons qui croient encore en la démocratie. Lui parle de dictature, à en faire prendre des quintes de toux aux grands du genre.
Personne ne trouve grâce à ses yeux, mais il ne présente pas sa candidature pour autant. Sa rengaine apparaît en fond sonore derrière chaque sursaut civique, comme un vieux 45 tours de Tino Rossi. Il l'ouvre avant, pendant et après les élections, comme une poubelle à pédale.
Il considère la politique comme un bien de consommation, et voudrait bénéficier du service après-vente sans avoir déboursé un centime. Il me fait penser à ces salariés qui crachent ouvertement sur les syndicats, jusqu'au jour où leur chef les harcèle. On les voit alors venir réclamer de l'aide, comme un dû, et s'étonner qu'on leur demande de payer une cotisation rétroactive.
L'enjeu est de ne pas voir la France basculer dans le fascisme et l'autre, l'impertubable, il parle de lui, de son transit intestinal. Comme si l'on en avait quelque chose à foutre de connaître la provenance de l'extincteur quand le bâtiment est sous la flamme !
Allez, je le dis : parfois, je me demande si, secrètement, le constipé n'espère pas que le RN arrive au pouvoir, sans qu'il ait à se salir les mains ou à se torcher. Oui, vraiment, cette hypothèse n'est pas à écarter.
J'emmerde toujours l'extrême droite, autant qu'à mon adolescence, et toi qui aurais permis son ascension, d'une façon ou d'une autre, en te rendant aux urnes ou en ne t'y rendant pas, je t'emmerde aussi. Et ne viens pas me bassiner avec des leçons de tolérance avant d'avoir lu ou relu Karl Popper, pour qu'on parle bien de la même chose.
Une étude vient de tomber : 4 Français sur 10 pensent que la nomination de Jordan Bardella (ou de Marine Le Pen) au poste de Premier ministre serait une bonne chose. 4 sur 10, c'est inouï.
Choisissons bien nos amis, il y en a forcément qui puent de la gueule et moisissent de la tête.
6 Français sur 10 restent donc à convaincre d'aller voter pour le ou la candidat(e) front populaire de leur circonscription.
La Gauche unie ou l'Union de la Gauche, appelez-la comme bon vous semble, peut porter nos valeurs au pouvoir. C'est peut-être une chance historique. Personne ne doit gâcher cet élan inespéré, ni les partis politiques arrivistes, ni les mous du bulbe incarcérés dans leur canapé et leur ritournelle aigre.
Comme le dit si bien Clément Viktorovitch : ON S'EN FOUT DE VOUS ! On parle du devenir de la France démocratique, pas de vos problèmes de dyschésie.
La pression citoyenne doit être la plus forte.
La résignation n'est pas dans mon ADN, parce que je suis profondément, viscéralement de Gauche.
On est nombreux.
Tu ne nous gâcheras pas la fête.
On a trop envie d'y croire.
#FrontPopulaire ✊
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