Un peu d'honnêteté que Diable !
Nous sommes le 2 décembre 2012. Je m'appelle Abel Mutai. Je suis Kényan. Actuellement, je dispute une épreuve de cross-country à Burlada, en Espagne. Mon corps entier est en surchauffe, mais j'aperçois la ligne d'arrivée. Je suis devant tout le monde et peux me permettre de ralentir. Je regarde mon chronomètre en coupant ma foulée.
J'ai gagné ! Mon Dieu ! Quel bonheur !
Comment ? Je ne comprends pas l'espagnol ! Que dites-vous ?
Derrière moi, l’Espagnol Iván Fernández arrive en pleine lancée et me parle. Je ne comprends pas ce qu'il me dit. Pourquoi gesticule-t-il ainsi ?! Il tend son doigt pour me montrer quelque chose. Oh nooon ! La ligne d'arrivée n'est pas ici !!!
Je me remets à courir comme un dératé, pour parcourir les quelques mètres qui me séparent de la victoire. Je m'apprête à voir Iván me dépasser.
Comment ai-je pu me tromper à ce point ?!
Mais non, il reste délibérément derrière moi. Je le sens sur mes talons.
Je gagne la course. Iván arrive deuxième.
Je lui serre la main en lui écrasant les doigts avec le peu de force qu'il me reste. Je ne parle pas l'espagnol mais je sais qu'il a compris que le bruit de craquement de ses phalanges voulait dire "MERCI".
Plus tard, je lis qu'Iván a dit ceci : "Abel était le vrai vainqueur. J'étais à une distance que je n'aurais plus pu franchir s'il n'avait pas fait une erreur. Dès que je l'ai vu s'arrêter, j'ai su que je n'allais pas le dépasser. Et c'est vraiment important, parce que dans l'état actuel des choses dans le sport, la société, la politique, où tout est permis, un geste d'honnêteté est très utile."
Tu m'étonnes ! ❤️
Macron devrait en prendre de la graine.
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