Délit-quescence

Publié le par La Zitoune

Le samedi, comme deux petits vieux, nous aimons bien aller au marché de Carca avec notre caddie vert fluo à roulettes. Ce matin, c'était un régal. Tout était au rendez-vous : il faisait bon, le vent s'était enfin calmé, les étals colorés sentaient le printemps.
Et on est tombés sur eux !
Une grappe de militants du RN venus soutenir l'inéligible. Leur tract titrait "Sauvons la démocratie. Soutenons Marine !".
Il y a de quoi s'étrangler !
Quand le grand type à lunettes m'a foutu son torchon sous le nez et que j'ai vu la sale gueule de Voldemorte, j'ai sursauté, comme s'il m'avait tendu un bâton merdeux. Un cri du cœur est sorti de mon gosier sans que je le maîtrise : "Ah non ! Sûrement pas ! Quelle horreur !".
Fabien, lui, a tenté de dialoguer. Il est beaucoup plus optimiste que moi sur ce terrain-là. Personnellement, je n'essaie même plus, tant je suis incapable de garder mon calme avec les fachos, y compris ceux qui s'ignorent. J'ai trop vite envie de les traiter de sales cons et de néonazis, et je reconnais volontiers que c'est très moyen comme stratégie politique...
En fait, il y avait des grappes partout, disséminées dans tous les coins du marché, et ce gros porc de Christophe Barthès, répugnant député RN du coin, qui paradait au milieu.
Ils étaient vraiment très nombreux, et visibles, et excessivement souriants. Avec leurs discours bien rodés, leurs réponses toutes prêtes et leurs mensonges éhontés. La haine en sous-main.
J'avais les dents crochetées de nervosité et Fabien tremblait d'énervement lorsque nous avons vu un groupuscule qui distribuait des tracts pour que toute la Gauche carcassonnaise fasse front lors des municipales de 2026. À part cette poignée d'idéalistes, personne n'était là pour endiguer la peste, même pas monsieur le maire divers droite !
Nous nous sommes littéralement jetés sur une dame, pour échanger en terrain ami, comme on se réchauffe autour du feu après une balade glacée dans la neige. Nous avions besoin d'une perfusion d'humanité.
Cette sensation d'avoir traversé une place avec des animaux potentiellement dangereux en liberté était extrêmement déstabilisante, pour ne pas dire éprouvante.
Et ça m'a rendue triste à un point que je n'aurais pu imaginer.

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Publié dans Thèmes d'actualité

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