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Publié le par La Zitoune

Il est reconnaissable par ses lunettes fumées et son affreuse coupe au bol, peut-être adoptée pour cacher la cicatrice d'une trépanation à l'âge de 8 ans, suite d'une otite surinfectée. Certains se demandent si cet événement ne marque pas le début de sa folie... Il fugue à 11 ans, atterrit en pensionnat, cambriole la maison de ses propres parents à 18 ans, est interné à l'asile psychiatrique. Pris dans une spirale, mythomane, kleptomane, vivant sous différentes identités, il fait la fête et des malversations, et alterne les séjours en prison et à Sainte-Anne. Tous les psychiatres s’accordent sur le diagnostic : c’est un "psychopathe constitutionnel", "atteint de dégénérescence mentale", qui "agit sous l’emprise d’une force pathologique irrésistible". Ses parents parviennent à le faire mettre sous tutelle. Il a alors 26 ans.

 

Mais en 1948, à l'âge de 37 ans, il raconte son calvaire familial dans une incroyable autobiographie, une introspection qui sera traduite dans 30 langues et marquera des générations de collégiens et de lycéens. Le monde est sous le choc. Comment un parent peut-il être à ce point monstrueux ? Cet homme, enfant maltraité au-delà de l'imagination, sera célèbre dès la parution de son premier livre et l'écrivain mènera une belle vie de mandarin des lettres. Il sera même président de l’académie Goncourt.

 

Belle revanche ! me direz-vous ? Oui, mais non.

 

Dans les faits, toute cette histoire relève d'une imposture littéraire, révélée par une journaliste. Au terme d'une longue enquête, preuves à l'appui, Émilie Lanez explique que l'homme a tout bidonné, afin de réduire sa famille au silence. Tout ne serait qu'affabulations ! L'homme a fomenté une extraordinaire vengeance afin d'obtenir sa part d’héritage et obliger sa famille à lever l’interdiction judiciaire dont il est le sujet. Pour ce faire, il a fait d'un parent vivant un emblème de la maltraitance. Protégé par sa notoriété, l'écrivain imposera sa version des faits et jamais sa famille ne parviendra à se faire entendre. 

 

À sa mort, à 84 ans, le monstre est couvert d'honneurs. Il assurera jusqu'à la fin qu'il s'agissait bien de sa propre mère dans son premier roman.

 

Vous l'avez reconnu ?

 

Hervé Bazin... "Vipère au poing"...
Folcoche avait en réalité enfanté d'un véritable timbré, à l'imagination plus que féroce et à la plume redoutable et matricide.

 

De là à dire qu'il est rare que la réalité dépasse la fiction... Il faudrait avoir bien peu d'imagination pour l'affirmer vraiment. 😜

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Publié dans Thèmes d'actualité

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