Lettre d'adieu à la cigarette
Clopinette,
Je m'adresse à toi pour la dernière fois. J'aurais pu le faire de vive voix mais j'ai peur de ton ascendant sur moi, et crains que tu ne m'enfumes encore.
Je prends aujourd'hui la décision de te quitter bientôt. Oui, c'est ça, rigole...
J'ai encore un paquet plein de toi à la maison. Je vais vous griller jusqu'à la lie toi et tes clopines, et ensuite TER-MI-NÉ. Je mettrai toutes tes petites affaires personnelles au vide-ordures ; tu feras le voyage avec les mégots, le cendar et le briquet vers le container en bas de l'immeuble. Je ne me fais aucun souci pour toi, tu vas très vite faire de nouvelles rencontres et reconstruire une autre vie, ailleurs.
Je m'adresse à toi pour la dernière fois. J'aurais pu le faire de vive voix mais j'ai peur de ton ascendant sur moi, et crains que tu ne m'enfumes encore.
Je prends aujourd'hui la décision de te quitter bientôt. Oui, c'est ça, rigole...
J'ai encore un paquet plein de toi à la maison. Je vais vous griller jusqu'à la lie toi et tes clopines, et ensuite TER-MI-NÉ. Je mettrai toutes tes petites affaires personnelles au vide-ordures ; tu feras le voyage avec les mégots, le cendar et le briquet vers le container en bas de l'immeuble. Je ne me fais aucun souci pour toi, tu vas très vite faire de nouvelles rencontres et reconstruire une autre vie, ailleurs.
Tu es encore très jolie avec ta corolle immaculée et ta belle incandescence (reconnais-le, tu as un peu le feu au Q tout de même).
Tu as sans doute du mal à prendre ma décision au sérieux, je t'ai quittée tellement de fois, parfois plus d'une année ; et toujours je suis revenue. Mais tu as tort, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'au filtre cette fois.
Si tu avais été plus raisonnable avec moi, nous n'en serions pas là. Si seulement tu avais pu te contenter de l'après déjeuner et de l'après souper. Mais non, tu t'imposes dès le petit-déjeuner, sur la table de la salle à manger, de la cuisine, au téléphone, en groupe, seule, au boulot, en soirée, à la sortie du RER, au parc, PARTOUT !
Tu m'étouffes, tu es là tout le temps, omniprésente. En plus, tu pues l'ammoniaque, me fatigues beaucoup, tu coûtes cher, tu ne veux plus venir avec moi dans les bars ni au restaurant et tu risques de me rendre malade, voire même de me faire mourir prématurément, déjà que tu me fais vieillir plus vite...
Ce sont toutes ces raisons qui me poussent aujourd'hui à exiger que tu me lâches enfin, à te demander de sortir définitivement de ma vie et de mes poumons.
A moi les dents blanches, les cheveux soyeux, l'haleine fraîche, le teint clair (et ptêt les kilos en plus mais ça je gèrerai le moment venu), la pêche retrouvée, le souffle long et la LI-BER-TÉ.
Je ne veux plus dépendre de toi, mais te suis reconnaissante d'avoir été là pour moi. Je ne serai pas ingrate et ne t'oublierai pas. Tu m'as aidée dans les moments difficiles, tu as su me calmer quand il le fallait, et m'écouter aussi. Aujourd'hui, j'ai décidé de grandir enfin et de me débrouiller seule, sans béquille. Ne plus voir partir ma vie en fumée, ne plus perdre de temps à la consumer.
Je sais bien, c'est difficile à entendre tout ça, mais ça faisait un moment que ça te pendait au mégot. Tu as fait la sourde oreille, cachée dans ton paquet.
Ne fais pas l'étonnée, il n'y a aucune autre issue à notre longue idylle. Nous avons cohabité 16 ans, ce n'est pas rien. Puis tu sais bien, je ne veux plus d'enfant, toi si... nous ne nous serions jamais mises d'accord sur les prénoms ; tu préfères Goudron ou Emphysème, et moi j'ai une attirance particulière pour Patch ou Nicorette. Tu vois, tout nous sépare.
Je ne prends plus aucun plaisir à te voir, nous sommes devenues comme tous ces couples qui ne font plus attention l'un à l'autre, où chacun se fond dans le décor à travers un écran de fumée. Il est temps de réagir ! Nous sommes trop jeunes pour tomber dans les habitudes, je n'aime pas que l'on soit habitué à moi, ni être habituée à quelqu'un. C'est ton truc ça, sentir le pouvoir que tu exerces sur les autres, c'est fini en ce qui me concerne. Tu es congédiée, exclue, détrônée, déshéritée, déboulonnée, licenciée, mise en quarantaine, ÉCRASÉE, ÉCRABOUILLEÉ ! Excuse-moi, je m'emballe... c'est l'émotion...
Tu as sans doute du mal à prendre ma décision au sérieux, je t'ai quittée tellement de fois, parfois plus d'une année ; et toujours je suis revenue. Mais tu as tort, tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'au filtre cette fois.
Si tu avais été plus raisonnable avec moi, nous n'en serions pas là. Si seulement tu avais pu te contenter de l'après déjeuner et de l'après souper. Mais non, tu t'imposes dès le petit-déjeuner, sur la table de la salle à manger, de la cuisine, au téléphone, en groupe, seule, au boulot, en soirée, à la sortie du RER, au parc, PARTOUT !
Tu m'étouffes, tu es là tout le temps, omniprésente. En plus, tu pues l'ammoniaque, me fatigues beaucoup, tu coûtes cher, tu ne veux plus venir avec moi dans les bars ni au restaurant et tu risques de me rendre malade, voire même de me faire mourir prématurément, déjà que tu me fais vieillir plus vite...
Ce sont toutes ces raisons qui me poussent aujourd'hui à exiger que tu me lâches enfin, à te demander de sortir définitivement de ma vie et de mes poumons.
A moi les dents blanches, les cheveux soyeux, l'haleine fraîche, le teint clair (et ptêt les kilos en plus mais ça je gèrerai le moment venu), la pêche retrouvée, le souffle long et la LI-BER-TÉ.
Je ne veux plus dépendre de toi, mais te suis reconnaissante d'avoir été là pour moi. Je ne serai pas ingrate et ne t'oublierai pas. Tu m'as aidée dans les moments difficiles, tu as su me calmer quand il le fallait, et m'écouter aussi. Aujourd'hui, j'ai décidé de grandir enfin et de me débrouiller seule, sans béquille. Ne plus voir partir ma vie en fumée, ne plus perdre de temps à la consumer.
Je sais bien, c'est difficile à entendre tout ça, mais ça faisait un moment que ça te pendait au mégot. Tu as fait la sourde oreille, cachée dans ton paquet.
Ne fais pas l'étonnée, il n'y a aucune autre issue à notre longue idylle. Nous avons cohabité 16 ans, ce n'est pas rien. Puis tu sais bien, je ne veux plus d'enfant, toi si... nous ne nous serions jamais mises d'accord sur les prénoms ; tu préfères Goudron ou Emphysème, et moi j'ai une attirance particulière pour Patch ou Nicorette. Tu vois, tout nous sépare.
Je ne prends plus aucun plaisir à te voir, nous sommes devenues comme tous ces couples qui ne font plus attention l'un à l'autre, où chacun se fond dans le décor à travers un écran de fumée. Il est temps de réagir ! Nous sommes trop jeunes pour tomber dans les habitudes, je n'aime pas que l'on soit habitué à moi, ni être habituée à quelqu'un. C'est ton truc ça, sentir le pouvoir que tu exerces sur les autres, c'est fini en ce qui me concerne. Tu es congédiée, exclue, détrônée, déshéritée, déboulonnée, licenciée, mise en quarantaine, ÉCRASÉE, ÉCRABOUILLEÉ ! Excuse-moi, je m'emballe... c'est l'émotion...
Je ne veux plus jamais te voir, même pas de temps en temps lors d'une soirée, même pas une taf, rien. Tu vas beaucoup me manquer, j'en suis consciente, mais ma décision est prise.
Si tu m'as aimée un jour, je te demande de la respecter.
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Lire La lettre de Gandhi à Hitler : http://zitoune.over-blog.fr/article-la-lettre-de-gandhi-a-hitler-50815875.html et Lettre béante à un tyran : http://zitoune.over-blog.fr/article-scud-a-un-tyran-113802703.html

