Eloge d'Edvard Munch

Publié le par La Zitoune

Une insomnie, pas moyen de fermer l'oeil. Et vas-y que je me tourne et retourne, et je vais boire, je lis, j'éteins, et puis zut, ça ne sert à rien, je me lève. La vache ! il est 3 heures et demie. A croire que des trucs m'empêchent de dormir...

Faut pas pousser, je ne vais pas faire des maths la nuit, il y a des limites à ne pas dépasser si je veux raison garder (quelle fatuité, je me gausse (d'ail)). Par contre, pourquoi pas finir la nuit avec le petit père Munch (à défaut des produits de la mer, on s'en contentera).

Il est l'un de mes peintres préférés, l'un de ceux que j'irai voir dans son pays natal, la Norvège. Né en 1863, le sot a trouvé bon de mourir paisiblement en 1944.
C'est bien connu, les peintres qui te fichent l'estomac à l'envers ont tous eu une enfance bien pourrie avec des souffrances pas possibles et des scandales. Eh bien lui c'est pareil ! Sa soeur, plus âgée d'un an, est morte de la tuberculose, après des mois d'agonie, alors qu'elle n'était qu'une adolescente. Sa mère étant décédée de cette même maladie alors qu'il n'avait que 5 ans, le futur jeune peintre vécut dans la terreur de perdre toute sa famille (tu m'étonnes !). Il dira plus tard que l'expérience de la maladie et de la mort auront été deux des plus importants ressorts de son évolution personnelle et artistique : Sans elles, ma vie serait comme un bateau sans rames. Ben mon vieux, ça doit être gai de vivre avec un peintre...

En 1886, il présente au public : L'Enfant malade. Cette toile déclenche l'hostilité et l'indignation pour des raisons difficiles à comprendre aujourd'hui (parce qu'on est un peu bêtes). Les milieux artistiques et les critiques parlent alors d'esquisse mal ordonnée et d'un infâme barbouillage. On pouvait lire au sujet de la description de la main gauche de la jeune fille sur ce tableau : Cette chose-là ne prétend tout de même pas représenter une main ? Car ça n'est jamais qu'une bouillie de poisson noyée de sauce au homard.

Les critiques pour son Portrait de ma soeur Inger ne furent pas plus tendres et ressemblèrent à celles adressées à Louise Michel, féministe et anarchiste française de l'époque, qualifiée de répugnante. Louise Michel répugnante ?!! 
Certains pensent qu'au regard de la virulence du rejet de cette toile, et à travers Munch, c'était toute la bohème de Christiania (Oslo) des années 80 que la presse bourgeoise voulait mettre au pilori. Tiens donc... une société pétrie de conventions, de principes moraux et religieux (à poil les réacs !).

Quelques années plus tard, le vent (du Ch'Nord) commencera à tourner et le public approuvera en partie avec enthousiasme ses oeuvres. Il vivra quelque temps à Paris et prendra de la distance avec le naturalisme (non non, il ne peignait pas tout nu... ce sont les naturistes ça). Les influences néo-impressionnistes apparaissent alors dans quelques toiles. A Berlin, en 1892, perçu comme un provocateur anarchiste, une exposition sera annulée sous le poids du scandale et de la protestation. Il se lancera également dans la gravure lors d'un nouveau passage à Paris.

C'est ensuite qu'arrivera la reconnaissance, en tant qu'expressionniste. Il sera même considéré par certains comme le premier des expressionnistes, qui s'attachaient alors à peindre les impressions de l'âme et non plus celles des yeux, a contrario des impressionnistes. Je vous le donne en mille, c'est là que je le préfère.

Pendant des années, il va faire des tableaux sur les thèmes de la vie, de l'amour, de la peur et de la mort, le tout réuni dans une immense série appelée La Frise de la Vie Le Cri en fait partie. Elle m'arrache les boyaux cette toile, va savoir pourquoi...

Au début du XXème siècle, notre cher ami a des problèmes de nervosité, de dépression et d'alcoolisme. On est étonné de lire ça ! On ne s'en serait pas douté ; ses toiles sont tellement fraîches et pleines de joie de vivre... :-)).

En 1937, les Nazis vendront ses oeuvres exposées dans des musées allemands et les qualifieront, au même titre que toutes les autres oeuvres expressionnistes, d'art dégénéré. Aujourd'hui, il est reconnu comme l'un des plus grands de l'histoire picturale au monde.

Le jour se lève, le coq ne chante pas, mais la ville se réveille. Salut tout le monde ! Avez-vous bien dormi ?

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