Jacques Attali, Attila, même combat ?
Jacques Attali - ancien conseiller de François Mitterrand - a remis vendredi soir un rapport ("Une ambition pour dix ans") à Nicolas Sarkozy. Une Commission composée de 42 personnalités a planché sur des mesures qui permettraient de doper la croissance et de réduire les déficits. Une espèce de boîte à idées pour l'avenir, remplie de remèdes-chocs. Le gouvernement s'est engagé à réduire à 3% du PIB le déficit public d'ici 2013 et entend utiliser ce rapport comme un ballon d'essai.
Attali avait déjà remis à Sarko - en 2008 et en grande pompe médiatique - un rapport sur la croissance, qui comportait pas moins de 316 mesures. Le contraste est saisissant : celui de 2010 a été remis en toute discrétion et est relativement succinct puisqu'il ne compte que 25 mesures. Attali s'est contenté d'un tout petit discours sur les marches du perron de l'Elysée : "Nous ne sommes pas un groupe politique, nous ne parlons ni de gauche ni de droite, nous parlons au nom des générations suivantes, celles qui n'ont pas encore eu le droit de vote. Et en leur nom nous disons : voilà ce qu'il faut faire, même si ce n'est pas très populaire". Que dit ce rapport ? ... de gratter les fonds de tiroirs pour dégager 75 milliards d'euros d'économies sur 3 ans.
Pour cela, le document préconise par exemple :
- un gel ou une réduction des aides sociales, avec notamment la mise sous conditions de ressources des allocations familiales (proposition immédiatement balayée par Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille) ;
- la fin de la prise en charge systématique à 100% des maladies longue durée (cancer, diabète, ...) et encore plus de médicaments déremboursés. Les malades devront mettre la main au porte-monnaie, qu'ils soient riches ou pauvres ;
- le quasi gel des salaires des fonctionnaires jusqu'en 2013 et la règle du non-remplacement d'un agent sur deux partant à la retraite étendue aux collectivités locales et à la Sécurité sociale ;
- l'allègement de la fiscalité sur le travail avec - en contrepartie - l'augmentation de la TVA, notamment dans la restauration (terminé le 5,5...) ;
- un coup de rabot encore plus large sur les niches fiscales.
Ce rapport prône une véritable cure d'austérité. Les Français sont encore appelés à faire des efforts supplémentaires. Des propositions difficiles à avaler dans un contexte de tensions sociales comme celui que nous connaissons aujourd'hui : les syndicats appellent des millions de Français dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites.
Dans un pays on ne peut plus crispé, il n'est pas certain que la rigueur préconisée par le président de la Commission passe bien. Ca ne veut pas dire que le document sera enterré pour autant, et Attali et l'Elysée - d'une même voix - affirment que les deux tiers des propositions du rapport de 2008 ont été mises en oeuvre, totalement ou partiellement (cf. la réforme de l'enseignement supérieur, le statut de l'auto-entrepreneur, le grand emprunt, ...).
Attali serait-il devenu un suppôt de l'ultralibéralisme ? de ceux qui sonnent la charge contre les petites gens et les malades ? qui ne se posent plus de questions éthiques ou morales ?
Tonton doit se retourner dans sa tombe de Jarnac...
Vous avez compris ? Demain, ce sera ni apéro ni entrée ni viande ni fromage ni dessert ! Attendons un peu avant de déclarer un cancer, c'est plus prudent.
Lire : http://zitoune.over-blog.fr/article-gandhi-ou-l-eveil-des-humilies-50812690.html