Claude Monet au Grand-Palais
Aux Galeries nationales du Grand-Palais (Paris 8), 170 oeuvres de Claude Monet sont exposées du 22 septembre au 24 janvier. Une rétrospective à couper le souffle, organisée chronologiquement mais aussi thématiquement : 60 ans de peinture d'un merveilleux artiste, des années 1860 jusqu'au cycle des Nymphéas ; du réalisme à l'impressionnisme, puis aux fondements de l'art moderne du début du XXème siècle.
Pour mettre en place cet événement, le musée d'Orsay, des collections nationales, mais aussi des musées et des collections privées du monde entier ont exceptionnellement prêté des tableaux. Ainsi, arpenter les salles permet de saisir Monet dans sa globalité, du Havre à Giverny, en passant par Paris, Honfleur, Argenteuil, Londres, ...
Oscar-Claude Monet (1840 à Paris - 1926 à Giverny) est reconnu comme étant l'un des créateurs de l'impressionnisme, en même temps que le chef de file du mouvement impressionniste. C'est l'une de ses oeuvres, représentant un paysage du port du Havre : Impression, soleil levant, qui donna son nom au groupe de Monet et de ses amis (Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley, Frédéric Bazille, Camille Pissarro, Paul Cézanne, ...).
Remercions chaleureusement le peintre Boudin (merci Simone ! :-)), qui a poussé Monet à peindre en plein air, grâce à l'invention des tubes de peinture souples et facilement transportables depuis la première moitié du XIXème siècle.
Monet est longtemps resté pauvre, ses toiles ne trouvant pas d'acquéreur. C'est seulement dans les années 1880 que sa renommée lui apporta le confort, la richesse et qu'il put s'installer dans sa magnifique maison de Giverny (à visiter !), dans l'Eure. Il y restera quarante ans, jusqu'à sa mort, et transformera un verger normand d'herbe et de pommiers en un jardin époustouflant, avec un étang aux nymphéas, son célèbre "jardin d'eau". Le nymphéa étant une espèce de nénuphar... vague cousin éloigné de la fleur de lotus :-)
A cette époque, Monet peint des paysages en série, à des heures différentes de la journée. La magie de cette exposition réside dans le fait que les séries sont accrochées aux murs ; les tableaux, d'habitude éparpillés aux quatre coins du monde, sont côte à côte pour l'occasion. C'est magique ! Un pure délice… On peut y voir par exemple la série des meules, des cathédrales (pas toutes quand même), par temps ensoleillé, dans le brouillard, ...
Les nymphéas et le pont japonais seront ses dernières oeuvres. Monet a légué à l'Etat quatorze grandes toiles de ses nymphéas, placées dans deux salles ovales du musée de l'Orangerie dans le Jardin des Tuileries. C'est beau mais ce n'est qu'une partie du parcours du peintre, alors qu'au Grand-Palais...
Si un rabat-joie vous a dissuadé d'aller voir cette rétrospective parce que la file d'attente est gigantesque et qu'il n'est plus possible de réserver sur Internet... allez-y quand même ! Faites comme moi (merci Simone ! :-)), pointez-vous à 22 heures et vous n'attendrez presque pas. Mais allez-y ! c'est trop rare pour s'en priver.
Vous y verrez des chefs-d'oeuvre comme Le déjeuner sur l'herbe (4 mètres sur 6), La pie, Le champ de tulipes, Les coquelicots à Argenteuil (mon préféré), la série des cathédrales de Rouen, des meules, des peupliers, des gares Saint-Lazare, les vues sur la Tamise, ... Ce peintre n'était pas un paresseux puisqu'il a peint plus de 2000 tableaux !
Cézanne a dit de lui : Ce n'est qu'un oeil, mais mon Dieu, quel oeil. Moins abstrait que Claude Monet tu meurs ! (sauf à la fin peut-être…).
Un régal visuel et intellectuel. Un havre de paix chaleureux dans un hiver parisien glacial (merci Simone !
).
