Eloge de Louise Michel (3)
Nous y voilà. Cette femme, née en 1830, est fascinante. Un sacré personnage historique que cette militante acharnée. Dans la nuit du 18 au 19 mars 1871, elle monte à l'assaut de la Butte Montmartre à la tête du comité de vigilance républicain du XVIIIème arrondissement parisien, qu'elle préside, afin de défendre les canons de la garde nationale. Durant la Commune, cette institutrice se fait ambulancière, et anime le club de la Révolution. Appartenant à la frange la plus radicale des Communards, elle propose d'aller elle-même assassiner Thiers à Versailles. Elle n'est pas suivie, mais elle gagne le surnom de Louve rouge. Arrêtée à la fin de la Commune, elle réclame la peine de mort, mais y échappe en tant que femme.
Son attitude inspire à Victor Hugo le poème Viro major (Plus grande qu'un héros). Louise Michel l'aurait rencontré en 1851 et entretenu une correspondance avec lui de 1850 à 1879. Certains prétendent même qu'ils auraient eu une fille : Victorine, mais cette hypothèse est toujours discutée. La rumeur s'appuierait sur quelque chose d'assez drôle : Louise Michel avait les pieds palmés, comme tous ses ascendants et... Victorine. Louise Michel avait des pieds de canard ! :-))
L'idée est sympathique : papa Victor/maman Louise, ce n'est déjà pas mal, pieds palmés ou pas ! Victorine... Mazarine... tiens tiens...
Déportée en Nouvelle-Calédonie, d'où elle revient en 1880, Louise Michel se voue à la cause révolutionnaire et multiplie les manifestations en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement son activisme politique. En 1882, lors d’un meeting, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaires, elle se prononce sans ambiguïté pour l’adoption du drapeau noir par les anarchistes (socialistes libertaires). Elle dit alors : Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions (ce drapeau noir devenu si populaire au sein du mouvement anarchiste).
Elle a continué jusqu'à sa mort, en 1905, de braver l'ordre établi. Une ch***** jusqu'au bout :-)
Ce qu'on sait moins, c'est qu'elle a été poète toute sa vie et signait ses créations d'un pseudo masculin : Enjolras, personnage fictif des Misérables de Hugo. Qui l'a emprunté à qui ? That is the question.
Louise Michel est l'une des rares femmes du XIXe siècle, avec George Sand, à avoir adopté le costume masculin à un moment de sa vie. Revendication féministe bien légitime, pour "révolutionner" dans les rues on est quand même mieux en pantalon qu'en robe. Il n'y aurait qu'un homme pour oser prétendre le contraire.
Jean-Luc Mélenchon, non content de fiche la m**** au PS en créant son Parti de Gauche en fin d'année 2008, se réclamait de Louise Michel dans son discours fondateur : Nous plaçons le Parti de Gauche sous l'auspice tutélaire des deux visages qui dorénavant nous accompagneront : Jean Jaurès et Louise Michel.
Que le groupe de rock français Louise attaque tire son nom du personnage, soit, mais Mélenchon... arghhh !
Lire également Eloge de Louise Michel (1) : http://zitoune.over-blog.fr/article-eloge-de-louise-michel-i-52515003.html et Eloge de Louise Michel (2) : http://zitoune.over-blog.fr/article-eloge-de-louise-michel-ii-52524268.html et Eloge de Victor Hugo à Louise Michel : http://zitoune.over-blog.fr/article-eloge-de-victor-hugo-a-louise-michel-iv-52536255.html
