Escapade en Auvergne
Trois générations en vadrouille auvergnate : grand-mère, fille et petit-fils. L'Auvergne, dans ce cher Massif central, comprend quatre départements : l'Allier (cf. Escapade en pays Bourbon), le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme.
Première étape : Saint-Flour, dans le Cantal (15). Nous sommes en Haute-Auvergne.
Cette ville est en deux morceaux : une ville haute et une ville basse. En haut, le centre historique vaut le détour ; on découvre les ruelles et les vestiges des remparts de cette cité médiévale avec un plaisir non dissimulé. L'utilisation de la pierre de basalte, d'origine volcanique, confère à cette toute petite bourgade un charme particulier.
La cathédrale Saint-Pierre date du XVème siècle ; sa pierre sombre impressionne le quidam. A l'intérieur, le Christ noir donne des frissons :-(


La porte du Thuile a été la porte principale de la ville au Moyen Age.
La collégiale Notre-Dame, édifiée au début du XIVème dans un style gothique flamboyant, est sublime : des vitraux magnifiques, un fleuron architectural, une rosace monumentale sur la façade.

Le monument Georges Pompidou a été sculpté en 1975, en hommage à ce président de la République (1969-1974) né dans le Cantal, et ancien député de la circonscription de Saint-Flour.
Nous avons poursuivi notre escapade en filant vers le sud du département, en longeant les gorges de la Truyère. Inutile de préciser que les points de vue sont superbes.


Le viaduc de Garabit est un ouvrage ferroviaire entièrement métallique, réalisé par Gustave Eiffel entre 1880 et 1884. La Dame de fer parisienne a donc un cousin éloigné un peu plus âgé qu'elle dans le Cantal. Tout comme le Golden Gate Bridge de San Francisco, le viaduc de Garabit a été peint en rouge "poinsettia" ou rouge "Gauguin" ; il s'agissait non pas de "faire joli", mais de protéger la ferraille contre la rouille dans les parties les plus exposées aux intempéries. Un tablier long de 565 mètres supporte toujours le passage des trains chargés de marchandises.

Le trio remonte dans le nord du département et découvre l'impressionnant barrage de Grandval, puis les ruines du château fort d'Alleuze, perché en haut des gorges. Adorable site, que Léo a failli manquer puisqu'il dormait comme un loir dans la voiture. Ah ces mômes... :-)


Un faux-filet délicieux avec une sauce à la Fourme d'Ambert n'a pas manqué de nous rappeler que nous étions au pays du fromage. Un pur régal ! Et je ne parle pas de la tarte aux myrtilles maison.
Direction le département du Puy-de-Dôme (63), dans une jolie ville de montagne : le Mont-Dore, où la température est d'environ 10° plus basse. Petit choc thermique et petite laine de rigueur, mais un air pur de chez pur. Ce grand village au caractère montagnard est aussi une station thermale, ce qui explique le nombre important de personnes âgées au mètre carré. Les thermes se trouvent dans un très joli bâtiment en pierre volcanique.
Cette ville est située au pied du puy de Sancy - point culminant du Massif central (1886 m) - accessible par le téléphérique et, ensuite, 822 marches restent à grimper. Mais alors en haut, c'est beautiful ! Panorama à 360° assuré.
Autour du Mont-Dore, il y a des milliards de choses à faire et à voir. C'est le paradis des randonneurs. La moindre balade est l'occasion de photographier des paysages somptueux, les lacs (Chambon, de Guéry, ...), les étendues montagneuses et vertes, les vallées, les jolies fleurs, les vaches, une jolie fleur dans une peau de vache, ...

Le village de Saint-Nectaire livre les secrets de la fabrication d'un fromage que je mangerais sur la tête d'un pouilleux.
Orcival et sa magnifique basilique romane du XIIème siècle surprennent le touriste au bout d'un chemin pentu. Un autochtone sympathique nous explique avec fierté que la Vierge "locale" protégeait les prisonniers et que les chaînes vissées sur la façade de la basilique en sont le témoignage, ainsi que le cachot aperçu à l'entrée. Pas banal ma foi dans un édifice religieux. C'est bien la première fois que je vois une prison dans ce genre d'endroit.

L'ascension du puy de Dôme (1465 m) avec mon fils - plus au nord, à l'ouest de Clermont-Ferrand - restera un souvenir impérissable.
Un train à crémaillère est en cours de construction et l'accès au sommet du volcan en sommeil (depuis 12 000 ans) est donc fermé aux voitures pendant encore de longs mois (jusqu'à fin 2011, au moins). La seule solution pour s'y rendre est donc de terminer le trajet à pied à partir du col de Ceyssat (1078 m), par le chemin des muletiers. C'est super raide ! L'ascension dure environ une heure et représente un dénivelé de 387 mètres, le tout en plein soleil. Ce sentier pédestre de 2 km environ est une succession de lacets avec une moyenne de 19,35 % de pente. C'est court ?! c'est ça ouais... j'voudrais t'y voir...

Ben mon vieux, j'en ai bavé. Léo portait le petit sac à dos, ne transpirait pas une goutte, sifflotait et parfois même me tirait par la main en m'encourageant. Par contre, l'arrivée en altitude est une sacrée récompense. Le panorama sur le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne valait largement les efforts fournis. La vue sur la chaîne des Puys est fabuleuse. Tous ces volcans qui roupillent depuis des lustres, ça impose le respect. On peut apercevoir à l'est toute l'agglomération de Clermont-Ferrand et plus loin les monts du Forez. On a également un panorama à l'ouest sur le Limousin et le plateau de Millevaches.
Mon fils, bouche ouverte et appareil dentaire au vent frais, n'en revenait pas de tant de beauté naturelle, et ça, ça fait oublier plein de choses (les pieds qui chauffent par exemple).


Là-haut, le laboratoire de météorologie de montagne et l'immense pylône destiné à supporter les antennes de diffusion des programmes audiovisuels sont des symboles de ce volcan, qui permettent de le reconnaître de loin. Les restes du Temple de Mercure construit au sommet par les Gallo-Romains est une surprise agréable, même s'il n'en reste pas grand-chose.
L'envol des parapentes fait rêver, y assister a répondu à mon interrogation sur les énormes sacs à dos portés par certains lors de la grimpette. Je ne comprenais pas pourquoi ils ne les avaient pas laissés en bas. J'ai même pensé qu'ils aimaient souffrir, alors qu'en réalité ils transportaient le matériel nécessaire pour sauter dans le vide et vivre des choses extraordinaires avec les oiseaux.
La descente du volcan est difficile et les genoux dérouillent, mais c'est quand même plus rapide et moins éprouvant que dans l'autre sens.
Un truc surprenant : une greluche croisée en claquettes et minijupe. Si elle est arrivée au sommet, ses pieds devaient être salement vilains.
Un truc irritant : les gens qui coupent en montagne et piétinent la flore et la faune au lieu de respecter la nature en restant sur les sentiers. Grrr... faire une randonnée et chercher les raccourcis, ne serait-ce pas une mentalité pourrie ça ?!
Après cette balade, la grosse salade auvergnate, pommes de terre recouvertes de Saint-Nectaire fondu et jambon de pays, fut méritée et appréciée ! Sans parler de l'apéro nommé le Bougnat (vin rouge et crème de mûres) - un délice ! (pour information : le Peloux (vin blanc et crème de châtaignes) et le Muletier (vin rosé et crème de framboises) sont pareillement délicieux). Mother a pris une bière à la gentiane, très bonne également.
Savent vivre les Auvergnats. Ils marchent, bouffent, picolent et ont toujours le sourire. Honnêtement, nous n'avons croisé que des gens du cru sympathiques, y compris à l'hôtel, qui était pourtant une petite usine pour curistes. A croire que la montagne adoucit les moeurs.


Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Thiers - encore dans le 63 et capitale européenne de la coutellerie. Petite ville située en haut d'un éperon rocheux et construite à flanc de colline, toute en côtes (mes courbatures de la veille en témoignèrent), assez sombre, avec des milliards de magasins de couteaux et de très vieilles maisons à colombages.
Et puis voilà, retour au bercail, après des adieux déchirants aux salers, ces grandes vaches rustiques, à la robe acajou foncé, aux poils longs frisés et aux cornes en forme de lyre. Grimpeuses infatigables, elles ne sont pas sujettes au vertige, ce qui leur permet de pâturer sur les pentes des monts divers et variés d'Auvergne. Ouais ben j'aimerais les voir faire l'ascension du puy de Dôme, elles la ramèneraient moins les bovines.
Je ne sais pas qui a dit : "L'Auvergne est un immense plateau de fromages", mais ce devait être quelqu'un de bien. Assurément. Hein ? VGE ?! mais t'es fou !
Lire aussi Escapade en pays Bourbon (1) : http://zitoune.over-blog.fr/article-escapade-en-pays-bourbon-i-54057708.html et Escapade en pays Bourbon (2) : http://zitoune.over-blog.fr/article-escapade-en-pays-bourbon-ii-54076638.html