Carnaval de Venise / Escapade en Italie du Nord (2)
Voir Carnaval de Venise / Escapade en Italie du Nord (1) : http://zitoune.over-blog.fr/article-escapade-en-italie-du-nord-i-122853797.html et Carnaval de Venise / Escapade en Italie du Nord (3) : http://zitoune.over-blog.fr/article-escapade-en-italie-du-nord-iii-122887032.html
C'est reparti ! On s'éloigne de Florence, on contourne Bologne, une multitude d'autres villes, Padoue, et nous voilà à Venise ; la Sérénissime tant attendue, capitale de la Vénétie.
Un arrêt au bord de la mer Adriatique, une assiette de deux longs cannellonis, un petit coup de bateau pour quelques kilomètres et on s'attaque à la Cité des doges*, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Venise, entièrement piétonnière, est édifiée sur 118 îlots, reliés par plus de 400 ponts et séparés par un entrelacs de 177 canaux. Elle comprend six quartiers (sestieri), trois de chaque côté du Grand Canal : San Marco, Castello, Cannaregio, Santa Croce, San Polo et Dorsoduro, que nous avons parcourus le nez en l'air, imprégnés de l'ambiance singulière de ce très beau labyrinthe humide, dans lequel, bizarrement, on ne se perd jamais.

Au hasard des parcours, on tombe sur des monuments au style vénéto-byzantin, gothique, Renaissance ou baroque, des pavés, des placettes, des palais, des musées dans des vieilles baraques et, partout, des ruelles étroites et tortueuses. Comme un plongeon la tête la première dans le Moyen Age.
On découvre des petites églises ou des édifices religieux somptueux, remplis de fresques de peintres italiens de la Renaissance, comme Véronèse, Titien ou le Tintoret.
A voir absolument : l'église des Frari dans le sestiere de San Polo, où de nombreux artistes reposent (dont Monteverdi et Titien). Un magistral tableau de ce dernier, Assomption, orne le maître-autel et vaut franchement le détour.
L'ambiance de cette ville est unique avec les gondoliers et leurs belles embarcations noires et brillantes, personnalisées par leurs soins, la multitude de magasins d'art (cuir, verre, ...), de masques, de bouffe (pâtes, pâtisseries, ...) - les frittelle fourrées à la chantilly sont savoureuses ; sans parler de ces beignets aux raisins secs et pignons... (slurp !).
Les livraisons à Venise...
Le pont Rialto, en accent circonflexe, enjambe le Grand Canal. On se demande comment il tient le choc avec le flux ininterrompu de piétons qui le traversent quotidiennement.
Le pont des soupirs relie les anciennes prisons aux cellules d'interrogatoire du Palais des doges. Les condamnés poussaient des "soupirs" en le traversant une fois la sentence du tribunal rendue.
Le lion ailé est le symbole de Venise.
La fameuse place Saint-Marc, noyau historique de la ville, regroupe le Palais des doges, la basilique et le campanile.
La place Saint-Marc vue du campanile.
La Tour de l'Horloge donne l'heure aux Vénitiens depuis le XVe siècle.
La basilique Saint-Marc, surnommée La belle orientale, avec son style byzantin et ses cinq coupoles.
Le campanile... pas loin de 100 mètres de haut.
Le Palais des doges (ou Palazzo ducale), sa magnifique dentelle de pierre, et la lagune.
Les couleurs, la lumière, tout participe à la légende de cette magnifique ville connue dans le monde entier. Elle est lagunaire, c'est-à-dire qu'elle est "posée" sur une étendue d'eau de mer fermée par un cordon littoral parallèle à la côte. La lagune de Venise (ou vénète) est parsemée de petites îles, dont certaines sont marécageuses ou des marais d'eau salée. Elle est la seule grande lagune habitée au monde.
Etant située à l'extrémité d'une mer fermée, la lagune est sujette à de grandes variations du niveau de l'eau et les inondations sont fréquentes à Venise. Une centaine de fois par an, c'est l'acqua alta (haute eau). Nous avons eu "la chance" de vivre (un peu) ce phénomène. Lorsque nous sommes descendus du bateau, la cité n'était pas du tout sous l'eau, et moins d'une heure plus tard nous nous achetions des surchaussures en plastique (orange !) pour pouvoir continuer la visite sans nous mouiller les pompes.
La figure de proue des gondoles symbolise les six quartiers de Venise.
Pour enjamber le Grand Canal, nous avons préféré emprunter un traghetto, une gondole peu onéreuse, qui requiert un minimum d'équilibre puisque la traversée se fait debout. On peut aussi se déplacer en vaporetto, un bateau omnibus, mais le mieux est, comme partout, de découvrir la ville à pied.
Santa Maria della Salute a été bâtie en 1630 pour remercier la Vierge de la fin de la grande peste.
Des hommes ont eu, un jour, l'idée incroyable de construire sur des îlots de boue, mais Venise disparaîtra-t-elle dans les flots de l'Adriatique ? Sera-t-il possible d'éviter que le cordon littoral ne soit rongé ? Parviendra-t-on à limiter le phénomène de la montée des eaux ? Faudra-t-il recourir à des digues protectrices comme aux Pays-Bas ?
De multiples efforts sont faits pour protéger la Sérénissime : dragage des canaux de la ville, rehaussement de la chaussée, projet Moïse*, remise en état des chenaux*, édification de murets au bord des quais, mise en place de pompages aux points les plus bas de la cité, ... Cela n'empêche pas le dépeuplement et l'exode vers la terre ferme, puisqu'en un demi-siècle Venise est passée de 175 000 habitants à 60 000.
En attendant le déluge, ingurgitons une assiette de délectables lasagnes à la viande et aux légumes et reposons-nous. Demain, c'est mardi gras !
* Le doge était le premier magistrat de l'ancienne République de Venise. Fonctionnaire puissant, il pouvait décider de la guerre ou de la paix, commander les armées, nommer aux fonctions civiles et ecclésiastiques, ...
* Le projet Moïse est pharaonique et consiste à aménager, à l'entrée des trois bouches de la lagune, de gigantesques vannes mobiles transversales qui permettront de bloquer les acque alte supérieures à 1,10 m, afin de ne pas perturber le trafic portuaire.
* Un chenal est un passage pour les navires à l'entrée d'un port.
Venise