Parlons français (27)

Publié le par La Zitoune

 POESIE (suite) :
Une allitération est la répétition d'une même consonne à l'intérieur d'un vers ou d'une strophe.
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Jean Racine).
L'allitération en "s" évoque le sifflement du serpent.
 
Une assonance : répétition de voyelles identiques.
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire (Racine).
 
Les rimes
Dans la poésie régulière, les vers riment.
Une rime comportant un son identique est dite "pauvre" (m/ou et f/ou), elle est dite "suffisante" si elle comporte deux sons identiques (tom/b/eau et flam/b/eau), elle est dite "riche" si elle en comporte trois ou plus :
Mon front est rouge encor du baiser de la R/ei/ne ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sir/è/ne... (Nerval)
 
A partir de la fin du XIXème siècle, la poésie régulière a coexisté avec la poésie en vers libresDans ce cas, le poète ne se soumet pas à des modèles établis : il fait ce qu'il veut concernant les rimes, le nombre de syllabes dans les vers et l'organisation des strophes.
__________________________
 
Un aparté : discours que le personnage s'adresse à lui-même à voix haute sur la scène (les autres personnages sont censés ne pas l'entendre). En aparté : en évitant d'être entendu.
 
Une apologie : un discours ou un écrit organisé autour de la défense de quelqu'un ou de quelque chose. Cet article est une apologie de la violence
 
 
Moment détente : avec la très célèbre scène de la grille d'aération du métro new-yorkais qui fait s'envoler la robe blanche de Marilyn Monroe, en 1954, dans Sept ans de réflexion, un film de Billy Wilder.
LA DISPOSITION DES RIMES

Elle est déterminée par leur alternance. On distingue :

- les rimes plates : AABB
« Le soleil prolongeait sur la cime des tentes
Ces obliques rayons, ces flammes éclatantes,
Ces larges traces d’or qu’il laisse dans les airs,
Lorsqu’en un lit de sable il se couche aux déserts. » Alfred de Vigny

- Les rimes croisées : ABAB
« Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli." Victor Hugo

- Les rimes embrassées : ABBA
« Comme un vol de gerfauts hors du chantier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. » José-Maria de Heredia


LA VALEUR DES RIMES

- La rime riche se distingue par 3 éléments vocaliques identiques :
dernière :dern / i/è/re/ et lumière : lum /i/è/re/

- La rime suffisante se distingue par 2 éléments vocaliques identiques :
tombeau : tom /b/eau/ et flambeau : flam /b/eau/

- La rime pauvre se distingue par un élément vocalique commun :
mou : m /ou/ et fou : f /ou/

LES SONORITÉS 
- L’assonance est la répétition d’une même voyelle à l’intérieur d’un vers ou d’une strophe.
« L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane. » Charles Baudelaire
2 assonances, l’une en a, l’autre en ou.

- L’allitération est la répétition d’une même consonne à l’intérieur d’un vers ou d’une strophe.
« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes. » Jean Racine
L’allitération en s évoque, par mimétisme, le sifflement du serpent.

LES FORMES POÉTIQUES FIXES 
- Le sonnet
Poème d’origine italienne de forme fixe. Le sonnet est composé de deux quatrains suivis de deux tercets. Le sonnet est une forme poétique très appréciée au XVI e siècle. Repris au 19e siècle, il reste cependant rare chez les poètes romantiques.

- La ballade
Née au Moyen-Age, elle est à l’origine accompagnée de musique. De forme fixe, la ballade est composée de 3 strophes dont le dernier vers commun constitue le refrain. Dans chaque strophe, le nombre de vers est égal au nombre de syllabes de chaque vers.
Des octosyllabes = 8 vers
Des décasyllabes = 10 vers.

- Le pantoum
Poème de forme fixe composé de 4 quatrains. Le deuxième vers et le quatrième vers du premier quatrain devient le premier vers et le troisième vers du quatrain suivant et ainsi de suite.



LE TEXTE POÉTIQUE EN VERS LIBRES 
Certains poètes depuis le début du siècle se sont écartés de la poésie traditionnelle. Ils ont assoupli les règles de la versification. Ils sont à l’origine de la poésie moderne.

Le vers libre est le jeu de plusieurs constantes dont aucune n’est obligatoire.

- La ponctuation
Elle n’est pas indispensable.
« Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvais à boire
Avons- nous assez divagué
De la belle aube au triste soir » Apollinaire

- La longueur des vers
Les vers peuvent être dans le même poème de longueur inégale.
« Un cheval s’écroule au milieu d’une allée
Les feuilles tombent sur lui
Notre amour frissonne
Et le soleil aussi. » Jacques Prévert

- Les rimes
Elles peuvent disparaître comme dans le poème de Prévert ci-dessus.
Ces textes en vers libres sont des poèmes. Il s’agit d’un nouveau langage poétique.
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