Les lampadaires
Certains font, en prenant des grands airs, des discours simplistes, moralisateurs, érigés en vérités universelles ; vérités qui ne seraient accessibles qu’à des initiés comme eux, dotés d’une lucidité exceptionnelle.
Ces gens éclairés, qui auraient tout vu venir : les attentats, le Brexit, la défaite des Bleus, la canicule, le retour de Sarko, le prix Nobel de Bob, l’arrivée de l’automne, la descente d’organes de ma voisine et, bien sûr, l’élection de Trump – seraient des sortes d’élus et des anti-moldus.
Leurs prédictions nocturnes ne s’étalant toujours qu’après-coup sur les réseaux sociaux, comme des draps mouillés d’urine qu’on fait sécher à la fenêtre, ces grands visionnaires prennent – au fil du temps et des catastrophes planétaires – l’assurance folle des mégalomanes.
Nous, pauvres décérébrés, un peu désespérés parce que très impuissants, qui parlons encore d’aller voter pour sauver les meubles, qui osons pleurer quand une graine de facho est élue, qui vomissons toujours devant la politique de Ménard, qui cherchons tous les jours comment agir, serions dans un aveuglement crasse dû à notre malheureuse appartenance à cette sous-catégorie d’humains qui se raccrochent à un idéal, tout en connaissant parfaitement le Mal dont sont capables certains de leurs congénères.
Ce post n’a pas de conclusion, et surtout pas de morale à deux balles. Je voulais juste dire à ces lampadaires que si j’étais un chien, j’urinerais sur eux.