Pensée totalitaire ?
Quand on attend des membres d'une catégorie identifiée de personnes (par exemple, à tout hasard, les hommes) qu'ils prouvent leur innocence, se justifient sans cesse ou bien se taisent, seulement parce qu'il est indéniable qu'ils appartiennent à cette catégorie de personnes, on bascule dans quelque chose, non ?
Comment ça s'appelle déjà ?
Mais si... quand on se met à exiger des autres - en l'occurrence... les hommes - qu'ils montrent patte blanche au nom d'une lutte ou d'une idée - au demeurant louables, ça s'appelle comment déjà ?!
Arghhhh ! je l'ai sur le bout de la langue...
Ah oui ! c'est une pensée totalitaire ! Ca me revient d'un coup dis donc. 🤓🥴 C'est moche ça, non ? Comment ?? Aaaaah ! c'est pour la bonne cause féministe ???! Oui oui, bien sûr ! J'en parlerai à mon chat de Schrödinger. Cet argument ne me fera certainement pas fermer ma gu...
Boris Cyrulnik explique de façon magistrale comment des pensées simples et linéaires - qui semblent vraies et incontestables - peuvent insidieusement s'imposer dans une société à un moment donné. Il parle de récitation partagée par toutes les formes d'intégrismes, y compris les plus pernicieuses ou perdues au milieu d'un océan de bonnes intentions.
Une pensée paresseuse - piégeuse pour elle-même - qui coupe le monde en deux : d'un côté les bons, de l'autre les mauvais. Evidemment que la lutte contre les mauvais, tous ces connards aux petites bites (on peut au moins l'imaginer) qui s'en prennent aux femmes, est légitime et nécessaire, et j'en suis sans retenue (et qu'on ne vienne pas me dire le contraire parce que je ne promets pas d'être diplomate hé hé !), MAIS quand le bon - le type bien, qui n'a jamais rien fait de mal à une femme, qui a pour seul tort d'être né homme (quelle idée saugrenue aussi !) - doit prouver qu'il n'est pas mauvais ou qu'on attend de lui qu'il se justifie ou se taise, en fonction du contexte, "on" l'envisage bel et bien sous un angle fragmenté, et l'on se comporte bel et bien envers lui de manière totalitaire. Ce qui conduit invariablement à des échanges totalement absurdes, au sens péjoratif du terme.
Et c'est super chiant ! Et je suis bien contente de ne pas être née mec, parce que franchement ça ne doit pas être confortable de vivre cette suspicion permanente quand on est soi-même un féministe pratiquant et/ou irréprochable avec le sexe opposé.
Et surtout, je ne suis pas certaine que cela serve fondamentalement la cause de jeter l'opprobre sur toute une catégorie de personnes, ou d'instaurer un climat peu propice aux avancées en profondeur... Ce n'est que mon avis bien sûr et je l'exprime, poliment. Enfin, assez poliment ! 😂
Et oui je pense à mon fils en écrivant ce texte ; bien plus respectueux des femmes et profondément féministe que bien des grandes bouches médiatisées (hommes et femmes confondus) qui me donnent envie de ruer dans les brancards de ce féminisme dans lequel je ne me reconnais pas toujours.
Et je ne dis pas ça pour pécho, j'ai déjà tout ce qu'il me faut ! 😁
Pour lutter contre une pensée totalitaire donc linéaire, il faut s'efforcer à la pensée complexe. C'est fatigant, certes, mais gratifiant aussi, et souvent plus efficace pour obtenir ce qu'on cherche à obtenir. C'est mon avis, il vaut ce qu'il vaut.
Bisous.
