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Publié le par La Zitoune

Ce mardi 3 décembre marque le début du match contre moi-même. On joue à domicile, c'est un petit avantage non négligeable : mes supporteurs sont des gens bienveillants, que j'aime beaucoup et qui me le rendent bien (à part Stef et Philippe, mais ça se paiera en temps et en heure ; le jour de la remise de mon Goncourt, je les afficherai devant tout le monde, ces barbares !). Au début, mes amis me flattaient, me disaient des choses agréables à entendre ou à lire, que je recevais mais prenais pour de jolies marques d'amitié ; comme on tape dans le dos d'un pote pour lui signifier qu'on l'aime bien et que c'est pour ça qu'on le lit. Puis - peu à peu - ces mêmes amis ont commencé à m'encourager à écrire plus long et plus souvent, ils sont devenus des sortes de fidèles de mes bêtises. Leurs mots et leurs commentaires se sont faits plus pointus, plus insistants. Je n'en revenais pas. Mon syndrome de l'imposteur a flippé et s'est durci, malgré moi. Je me suis longtemps dit que les réseaux sociaux n'appelaient décidément pas la nuance, que tout le monde détestait ou aimait tout le monde, qu'on piaffait pour tout et n'importe quoi, que les coeurs ou les pouces pleuvaient bien trop facilement. Mon syndrome de l'imposteur est cruel, il n'a aucun état d'âme. Il est une enflure, très prétentieuse. Une espèce de colon sans-gêne qui se sert dans mon frigo quand ça l'arrange, tout en revendiquant être chez lui pour la vie. Je gardais les pieds au sol et la tête froide, à cause de lui. Mais j'aimais vous faire ricaner ou rire (dans mes bons jours) et - mine de rien - j'ai gagné du terrain sur lui, en avançant doucement mais sûrement sur cette idée que - peut-être - je pourrais réaliser mon rêve de petite fille, qu'il n'est jamais trop tard pour pondre.
J'ai commencé à barbouiller de mots des cahiers à spirale dès l'âge de 10 ans, alors j'ai l'entraînement. 41 ans d'échauffement, ça compte.
Pour écrire, quoi qu'on en dise, il faut un peu se la raconter. Un minimum syndical. Comment imaginer que sa diatribe intéressera le quidam sans un certain manque d'humilité ? Une légère boursouflure ? Oui, il faut obligatoirement devenir un peu puant. S'autopersuader qu'on a un truc en plus, une expertise, une passion qui - au fil de l'eau - mérite qu'on ose.
Les sportifs de haut niveau arrêtent leur carrière à 33 ans, exsangues, les bras en croix et perclus d'arthrite. Certains écrivaillons se lancent le demi-siècle passé, en pleine forme, bénéficiant d'une seconde jeunesse.
Au pire, qu'est-ce que je risque ? Je vais encore me décevoir, Léo va grogner, je vais passer pour une loseuse, vous allez (encore) m'engueuler ? Mais au mieux : je vais aller au bout, accoucher, vêler, créer ! Je vais le faire.
1. 2. 3. TOP ! 😁

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Publié dans Mes réalités

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