L'ancre de tes yeux

Publié le par La Zitoune

Parfois, on semble écrire un roman avec la vie des autres, comme si l'on en disposait à notre guise. On se pense maître de l'histoire, de l'intrigue, de la numérotation des chapitres, des transitions. Puis, un soir de pleine lune, nos personnages nous échappent au détour d'un énième rebondissement, las, exsangues, vidés de leur carburant et de toute projection. Et la fin du roman ne s'écrit plus, le temps s'arrête, suspendu à ses aiguilles comme un insecte par les pattes au fil d'une toile d'araignée. C'est souvent à ce moment-là que le suspense est le plus fort. Quand l'auteur se rend compte que sans encre il n'est rien. Et qu'il va devoir puiser en lui-même, sans faussetés ni surjeu, l'essence nécessaire pour écrire la suite ou la fin d'une histoire qui se dérobe sous sa plume.
Et que la gomme ne lui sera d'aucune utilité pour faire revivre ses personnages.

Publicité
L'ancre de tes yeux
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article