C'est beau un bus la nuit !

Publié le par La Zitoune

Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris le Flixbus. Il fait encore nuit, on vient juste de quitter la gare routière de Matabiau. Fabien m'a fait un petit coucou sur le trottoir, au hasard puisqu'il ne peut pas me voir à travers les vitres fumées. Et j'ai répondu, nouillasse que je suis ! On n'a pas besoin de se voir, nos âmes de Tic et Tac sont connectées comme des Raider ha ha ! Deux 🖕🖕 coupe-faim.
Lorsqu'il m'a déposée, il était sur la réserve, le machin de l'essence clignotait dangereusement. J'ai fait comme si je n'avais rien vu, mais il roulait à deux à l'heure, ce qui ne pouvait m'échapper bien longtemps. C'est ce qui m'a plu en premier chez lui... son sens de l'organisation. 

J'ai bien manœuvré, personne ne s'est assis à côté de moi. Une fille a essayé, mais je lui ai montré deux places vides ailleurs et, docile, elle y est allée sans broncher. Encore une qui irait travailler sur les genoux à 64 ans en arguant qu'"on n'a pas le choix puisqu'il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'État", avant de gentiment faire dans la sienne. Ou alors elle s'est juste dit que deux places c'était mieux qu'une et je ne suis qu'une sale langue de vipère constipée et putride de la fourche, ce qui est fort probable.

Toutes ces petites loupiotes au-dessus des sièges me font penser à un champ de lucioles. C'est beau un bus la nuit. Celui-ci vient tout droit de Madrid, ce qui explique les tronches de déterrés des gens déjà installés avant que je ne monte moi-même à Toulouse. Ils ont passé la nuit plus ou moins assis, le cou tordu, et la fraîcheur de l'âge a laissé place aux courbatures et à la bave. Ils ressemblent tous à des torchons à vaisselle après une cousinade. En plus d'être moches et dépeignés, ils doivent grave puer du bec. Salauds de jeunes ! Quelle honte ! Dire que c'est ça qui va payer nos retraites ! 

Oh merde ! Je me suis installée en face des chiottes. Remarque... vu mon âge, c'est peut-être plus prudent. Il paraît qu'avec le temps, on a le périnée qui se ramollit en même temps que les ovaires se dessèchent. Je l'ai lu dans le magazine "Dr Good !" !
C'est rempli de poésie jusqu'à la fin le corps d'une femme, faut pas croire. C'est juste qu'au lieu de faire des alexandrins, à un moment de sa vie on s'adonne plus facilement à la prose. On a toujours les deux hémistiches qui s'articulent à la césure, mais le lieu des contraintes spécifiques change de visage. 

J'ai déjà faim et le soleil n'est même pas levé ! J'ai beau prendre un petit déjeuner géant, c'est chaque fois la même chose, les voyages m'ouvrent l'appétit. Heureusement que je ne suis pas pilote de ligne ou hôtesse de l'air !
Après tout... c'est le ramadan... je peux bien manger mon repas de midi maintenant... par pure solidarité... évidemment. 😇

Bon, je vous laisse, je ne sais pas faire deux choses à la fois. Bisous 😁

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C'est beau un bus la nuit !

Publié dans Mes réalités

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