Escapade au Portugal (4)
Aujourd'hui, nous partons pour la capitale ! Il n'y a pas de prise dans le Flixbus, on n’est pas contents durant au moins 7 minutes ! :)))
Nous logeons dans le quartier Baixa : rare parenthèse plate au milieu des 7 collines. A cet endroit, le plan est quadrillé et les rues se coupent à angle droit (comme à New York !).
Lisbonne, la Ville blanche, est un port : campée sur la rive droite de l’estuaire du Tage mythique qui se jette dans l’Océan atlantique. La saudade (prononcer saoudad) est le sentiment de nostalgie supposé envahir tout Lisboète à la vue de ce fleuve, porteur des rêves de voyage de tout un peuple. L'immense estuaire du Tage porte le nom de "Mer de Paille" en raison des reflets dorés du soleil sur les flots. Comme le dit si bien Léo : "Ouais ben comme partout hein... le soleil sur l'eau ça brille !" Mon gamin est très pragmatique. :)))
Ici, le métro a 4 lignes : bleue, jaune, verte et rouge, souvent remplies d’azulejos, plus ou moins jolis selon les stations. Quelques vieux tramways jaunes en tôle et en bois clair appartiennent encore à la mémoire de la ville. Les bougainvilliers embellissent encore plus la ville, un peu partout. Cette plante est magique ! Je n'en avais pas revus depuis la Corse. Et l'on "croise" encore des Bordalo II, que maintenant l'on reconnaît au premier coup d'oeil !
Dès la première sortie dans Lisbonne l’après-midi, des gentils messieurs proposent à Léo de se droguer ! Ils nous croisent en le regardant du coin de l'oeil et susurrent : "Cocaïne, hasch, weed ?" Témoignage de mon fils : "Je refuse uniquement car ma mère est là, mais je ronge mon frein car on ne dirait pas non à un peu de cocaïne !" :)))))
Nous commençons notre crapahutage dans cette ville magique par le sud où l'on trouve la grande praça do Comercio (place du Commerce), siège des principaux ministères, qui elle aussi fait très mal aux yeux lorsqu'il y a du soleil. D'ailleurs, les marchands ambulants ne s'y trompent pas et te proposent des lunettes de soleil tous les 20 m. Sur cette place, on peut admirer le Arco da rua Augusta : l'immense arc de triomphe construit pour commémorer le tremblement de terre de 1755. Suivi d’un tsunami, il détruisit le centre de Lisbonne. Non loin de cette place, on tombe sur la sé Patriarcal (la cathédrale). Avec son allure de forteresse et ses deux tours crénelées, elle est le monument phare de l'Alfama, l’un des plus vieux quartiers de la ville. Le fado, le blues portugais, est né ici, dans les tavernes miteuses, au XIXe s. Ce quartier est l’âme de Lisbonne. Il fait bon s'y perdre.
Après avoir longé le Tage à pied, là où autrefois accostaient les caravelles cinglant vers l’inconnu, on prend le ferry local pour Cacilhas, sur l'autre rive du fleuve ; puis le bus pour aller voir la statue du Christo Rei (le Christ Roi) à Almada, tout en haut d'une colline. Il est posé sur une falaise de 130 m de haut et mesure lui-même 110 m. On peut prendre l'ascenseur jusqu'à ses pieds (ça coûte une blinde, 8 € par personne pour prendre un ascenseur et monter 28 m ! ils sont gonflés... bref) et faire tout le tour. La vue sur Lisbonne y est époustouflante !!! On voit très bien le pont du 25-Avril notamment. Ce pont suspendu au-dessus du Tage depuis les années 60 était l'orgueil du régime salazariste et s'appelait initialement le pont Salazar (la modestie des dictateurs...). Il a été rebaptisé après la Révolution des Oeillets (en avril 1974 ; la dictature existait depuis 1933). Ce dernier ressemble au Golden Gate de San Francisco, c'est d'ailleurs la même entreprise qui les a construit l'un et l'autre ; ceci expliquant donc cela.
En attendant l'ascenseur, Léo me dit : "C'est marrant, j'ai l'impression de reconnaître ce chauve... y’a comme une connexion entre nous, comme entre tous les chauves du monde !" Je me marre et il s'est avéré qu'il était en effet Français et venait de la même ville que lui (ma ville de naissance). Le monde est si petit !
Avant de reprendre le ferry, nous sommes allés admirer la Fragata Dom Fernando II e Gloria, dock n° 2 dans le port. C'est un joli 3-mâts, une frégate donc, le dernier bateau portugais à faire la route des Indes.
Juste à côté, on peut voir le Submarino Barracuda, sous-marin mis à la retraite en 2013.
Un échange avec des commerçants et d'autres habitants de la capitale nous a fait dire à plusieurs reprises que les Portugais sont très avenants et pas lassés des touristes, pourtant nombreux (même fin septembre !). Faut dire aussi qu'on est plutôt souriants, sympathiques et pas chiants nous hein ! :))
Nous avons adoré cette virée. Ce n'est pas Le Corcovado de Rio de Janeiro ni ses 704 m d'altitude ni en son sommet la statue du Christ Rédempteur, mais c'est très chouette quand même ! N'en déplaise. :)
Le ferry nous "dépose" après une vingtaine de minutes à la gare maritime Cais do Sodré, tout près du vieux mercado de Ribeira. Il s'agit d'une somptueuse halle de verre et d’acier où l’on s’installe à une grande tablée dans un joyeux brouhaha pour manger ou boire un coup. Une espèce de temple de la bouffe, qui doit être adoré par la COVID. Il paraît qu'on peut y déguster des plats de chefs pour une somme modique. Il y avait un peu trop de monde à notre goût pour qu'on s'y essaie.
Non loin de cette halle un peu délirante (qui ressemble à celle que nous avions vu à Florence avec Fabien), on découvre La rue Nova do Carvalho : la Pink Street, au revêtement rose, comme son nom l'indique. Elle est glissée sous le pont de la rua do Alecrim.
Ensuite, nous sommes montés (bravo les cuissots, les abdos, les mollets et les fessiers !) jusqu'au Largo de Sao Carlos : une petite place avec un immeuble pastel où est né Fernando Pessoa. On y trouve une sculpture surréaliste de l’écrivain avec un livre à la place de la tête. Pessoa (1888-1935) est surtout connu pour Le livre de l’intranquillité. Il était également un célèbre marcheur, un routard.
Encore plus haut (les photos ne sont pas dans l'ordre...), une autre statue en bronze de Pessoa trône, rua Garrett, accoudée à la terrasse du café A Brasileira.
Au Portugal, les funiculaires sont des ascensores et les ascenseurs des elevadores. Il y en avait à Porto, à Coimbra et aussi à Lisbonne. Ce pays fait de montées et de descentes a su s'adapter. J'imagine qu'il y en a un peu partout. C'est très pratique, mais le prix est infernal et on voit bien l'attrape-touristes à l'oeuvre. C'est quand même sympa à regarder ou à expérimenter. Passer d'une colline à l'autre en ascenseur n'est pas banal !
L'elevador de Santa Justa est à 100 m à peine de notre logement et relève d'un chef-d’œuvre d’architecture néogothique en fer forgé, surmonté d’un belvédère offrant un point de vue magnifique, surtout la nuit. Nous l'avons regardé chaque fois que nous sommes sortis ou rentrés "chez nous" et, en fin de semaine, tard le soir, nous sommes montés dedans pour comprendre où il pouvait bien déboucher. Voir plus loin dans le récit ! :)))
Cette première journée à Lisbonne est terminée. Nous sommes cuits, lessivés, crevés et exsangues ! Le Portugal ça s'mérite, ma parole ! Depuis le début du voyage, nous enquillons les kilomètres, 20 par jour en moyenne, parfois plus.
Notre chambre en hauteur nous permet d'avoir une belle vue et le coucher de soleil le premier soir dans la capitale était un peu comme un cadeau, une récompense. Heureusement parce que le début de nuit avec des coupures intempestives d'électricité et la douche à l'eau froide était assez désagréable ! Arletty a moyennement apprécié et mon nez a détesté !!!
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