Nous avons testé pour vous : les pompiers de Carcassonne 

Publié le par La Zitoune

Qu'est-ce donc que ce bruit ? me dis-je hier soir en me brossant les chicots ; ce moment normalement si peu propice aux drames. Je penche la tête par la fenêtre grande ouverte et là, esgourdes en chou-fleur, je reçois de plein fouet un son saccadé, irrégulier, et fort ! Le genre de claquement qui rebondit sur la matière comme dans une caisse de résonance et fait immédiatement (mal) cogiter : fils qui se touchent, câbles électriques, court-circuit, incendie imminent !!! 
J'imagine toujours le pire, envisage promptement l'Apocalypse, c'est mon plus grand talent...
J'appelle Fabien à la rescousse, qui - lui - vapotait tranquillou au frais (tout relatif) sur le balcon, et le contamine dare-dare au beau milieu d'une partie d'échecs. On descend, on cherche partout en mode chiens de chasse, oreilles dressées et narines dilatées (surtout Fabien 👃). Il n'y a pas d'odeur suspecte ni d'étincelles et personne d'autre que nous ne semble inquiet. En même temps, il est 22 heures passées, il n'y a pas foule dans les rues ; surtout depuis que l'autre Grouïkkk de mes 2 a annulé les festivités gratuites sur scènes extérieures.
On remonte, on sort l'escabeau pour scruter le toit par le Velux - dernier étage oblige, on est toujours les premiers convoqués en cas de fin du monde ou de déluge divin. Rien. Même pas une saloperie de pigeon noctambule, juste un joli ciel étoilé et trop peu de nuages.
On retourne et tourne dans la courette de l'immeuble, puis dans la rue adjacente. Finalement, on parvient à localiser ce bruit intrusif : ça vient de la cour dans l'immeuble d'à côté. Mais il n'y a personne...
Que faire ? Le 18 ? Le 17 ? Le 666 ? Le 42 ? Hésitation existentielle... Sauver le monde ou aller se coucher ? 
J'appelle les pompiers. La grosse voix ténébreuse du monsieur de garde me dit d'attendre un peu, de rappeler dans 15 minutes si ça continue. Ça continue. Je rappelle. Le crooner m'informe qu'il "m'envoie" une voiture.
Deux pompiers descendent du camion plein de loupiotes qui clignotent. La cinquantaine bien sonnée, bedonnants, dégarnis, sans leur lance d'incendie, mais de qui se moque-t-on ?!!! On est loin des demi-dieux musclés et luisants du calendrier annuel ! 😤
Eux non plus ne comprennent pas : pas d'étincelles, pas de feu ni de fumée, pas d'odeur de gaz ni autre œuf pourri, pas d'autre bruit que ce claquement obstiné. Ils cherchent, ils téléphonent, l'air aussi intrigué que nous. C'est rassurant, on n'est pas les seuls à trouver ça bizarre, mais c'est également inquiétant, merde ! "On n'est pas loin de l'usine AZF !" dis-je en tremblotant au Martiniquais relativement décontracté du bulbe. Ce dernier se marre et me répond, pragmatique, qu'il serait tout de même très étonnant que nos voisins stockent des tonnes de nitrates d'ammonium dans leur salle à manger. "Ils ont bien voté pour le Grouïkkk !" lui répliqué-je vivement. 
L'affaire prend des allures d'enquête. Le grésillement est omniprésent. Une menace inodore, invisible, mais très sonore. 
Enfin, une lumière est allumée chez la voisine, côté rue ! Bon courage pensé-je... c'est une artiste anglaise alcoolique complètement givrée, qui jette son mec dehors avec moult grossièretés qui parlent de phoques dès qu'ils s'engueulent ! Et ça arrive souvent ! L'un des deux pompiers part l'interviewer, sur ses jambes arquées. Deux minutes plus tard à peine, il revient au petit trot sur son cheval imaginaire. Conciliabule avec son collègue, coup de fil. C'est alors qu'il nous lance depuis le trottoir d'en face, un chouïa goguenard :
"Pas d'inquiétude, c'est votre voisine, elle a installé une lampe électrique contre les insectes !"
Un fou rire inextinguible me prend. Voilà, on a dérangé les pompiers pour un grille-moustiques ! 😂
En remontant l'escalier, têtes basses, on se demandait quand même avec le Gros si ça pouvait vraiment faire tout ce bruit-là, un insecte qui grille. Et il y en a des tonnes, ma parole !
Comme dans le film de Klapisch : "Un air de famille", avec Bacri, Darroussin, Frot et Jaoui, lorsqu'un appareil au-dessus du bar fait taire toute la salle à chaque grésillement fumeux d'une nouvelle victime ailée.
Bref, on a testé le service d'urgence pour vous : les pompiers de Carcassonne se déplacent, restent réactifs, professionnels et concentrés jusqu'au bout, même quand l'ennemi final est une saleté de vampire tigrée. 😁
Ils sont probablement habitués à rencontrer des gens aux fils qui se touchent, convaincus d'avoir repéré Tchernobyl dans leur cour. 😆 

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Nous avons testé pour vous : les pompiers de Carcassonne 

Publié dans Mes réalités

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