Eloge de Fred Vargas

Publié le par La Zitoune

Mais qui est Fred Vargas ?

C'est l'une des reines du polar en France ; elle n'aime pas qu'on le dise, mais on a quand même le droit de le penser. Je suis fan. D'après ses proches, elle serait obsédée du détail ; c'est peut-être ce point commun qui me fait sentir si proche d'elle quand je la lis - la dévore serait plus juste.

Frédérique Audouin-Rouzeau est née en 1957 à Paris, en même temps (!) que sa soeur jumelle Joëlle ; d'un père intellectuel qui n'a jamais publié ses ouvrages et d'une mère chimiste. Elle hérite donc d'une complexité artistique et mathématique pas piquée des hannetons et parle de son père comme d'une "encyclopédie humaniste".
Après le baccalauréat, obtenu à 17 ans avec la mention très bien (chapeau bas), Fred entreprend des études d'histoire et deviendra une brillante archéozoologue, spécialiste de la vie villageoise dans l'Europe du Moyen Age. Quézako ? C'est une branche archéologique désignant les chercheurs collectant des informations sur les sociétés passées à partir d'ossements d'animaux.

Elle signe ses romans policiers sous le nom de Fred Vargas en reprenant le pseudonyme de sa soeur artiste peintre : Jo Vargas (qui avait elle-même emprunté ce nom au personnage Maria Vargas joué par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus de Mankiewicz).

Son premier livre : Les Jeux de l'amour et de la mort, publié en 1986, remporte le Prix du roman policier du festival de Cognac. Aujourd'hui, Fred Vargas renie ce roman, qu'elle trouve nul de chez nul. Moi je l'ai adoré.

Son deuxième roman est publié aux Editions Viviane Hamy, une jeune maison à laquelle elle restera fidèle. Elle a eu le pif Viviane, et lui a fait confiance dès le début.

C'est dans ce deuxième roman - L'homme aux cercles bleus - qu'apparaît mon amoureux virtuel, son personnage fétiche : le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, dont elle décrit les enquêtes depuis des années.

J'idolâtre ce mec. Il est flâneur, zen, complètement décalé, hyper intuitif, super intelligent et sans véritable méthode d'investigation. A force, j'ai l'impression de le connaître. Je donnerais cher pour le rencontrer dans la vie réelle. Je suis preneuse d'un numéro de téléphone si vous avez ça quelque part :-))

Fred Vargas, qui concilie ses deux métiers, a une technique de travail toute personnelle. Ses idées  prennent forme pendant un an, sa mémoire sélectionnant les meilleures, et lorsque l'histoire est suffisamment élaborée dans sa tête, elle restitue d'une seule traite tout le roman en trois semaines, pendant ses vacances. Vient ensuite tout le travail de correction, qu'elle n'aime pas particulièrement en raison de son obsession pour le détail. Un mot, une phrase, une assonance qui ne conviennent pas, et c'est une page entière qui peut s'en trouver modifiée.

Une fois le texte avancé, Fred le fait lire à Jo, qui lui écrit quelques annotations : des sourires quand elle aime et des vagues pour souligner un passage plus hasardeux. Mais le sens du détail, une qualité essentielle dans son métier d'archéozoologue, continue de la poursuivre dans ses relectures, jusqu'à ce que Viviane Hamy lui rappelle que le script doit bientôt partir chez l'imprimeur.

Ses rompols - comme elle aime appeler ses romans policiers - se suivent, sont souvent primés et se vendent de plus en plus. Debout les morts, L'Homme à l'envers, une incursion dans la bande dessinée avec Les Quatre fleuves, etc..., mettent toujours en scène le commissaire Adamsberg. Pars vite et reviens tard reste pendant près d'un an parmi les meilleures ventes françaises. Sous les vents de Neptune se vend également à foison.

Devant ce succès grandissant, l'auteur se fait de plus en plus rare, détestant tout ce qui peut de près ou de loin ressembler à une mondanité. Elle ne veut pas que l'on connaisse son visage, n'apparaît pas à la télévision, n'a pas de site Internet à son nom, fuit la célébrité qui fausse les relations. C'est ainsi que beaucoup pensent encore qu'elle est un homme.

Fred Vargas cultive sa simplicité et consacre ses rares heures de temps libre à sa famille : son fils, et sa soeur qu'elle considère comme sa moitié. Elle dit que tout ce que sait faire l'une, l'autre ne sait pas le faire, et qu'il n'existe donc aucune rivalité entre elles, sans parler de leur économie d'énergie respective due à leur complémentarité. Elles ont également un frère, Stéphane, historien spécialisé dans la Grande Guerre.

Il paraît qu'elle cohabite avec deux félidés de type British shorthair baptisés Britt et Bertram (depuis le temps qu'on en entend parler, ils sont sans doute morts).

Comment vous parler de l'écriture de cet auteur sans dénaturer mon ressenti, et vous donner envie de le lire si vous ne le connaissez pas ?

Quand on a fini l'un de ses polars - à lire de préférence dans l'ordre chronologique, on a vraiment l'impression de revenir d'un voyage intérieur. Certains disent que l'effet est systématiquement cathartique, comme dans les contes pour enfants. La culture de Fred Vargas est tellement étendue que l'on apprend des milliards de choses au fil des pages, discrètement, sans étalage verbeux. Sa façon très personnelle de mettre en mots nous transporte comme une petite musique d'ambiance fluide, jamais simplette, qui ne tape pas sur les nerfs comme dans certains restaurants chinois. Et la ponctuation ! un art chez elle, à faire blêmir l'as des as des correcteurs.

Si ce n'est pas un éloge, je m'appelle Thérèse (Tétaroburo) !

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S
MERDEEEEEE !!<br /> mais non : 06.35.12.42.89 !<br /> (j'espère que ca va marcher cette fois ci ;-)!!!)
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L
T'es con hein ! figure-toi que - joueuse comme je suis - j'ai essayé le numéro de tél que tu m'as filé et ben y'a une nana qui m'a répondu ! J'ai dit : Oups ! pardon, j'me suis trompée ; elle a dit : pas grave, au revoir.<br /> C'était pas le commissaire Adamsberg !!! Ptêt sa femme...
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S
Tiens Thérèse essaye ce numéro : 06.35.12.41.89 <br /> envoie le bonjour de ma part.<br /> Merci
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