Eloge de l'évidence
Je suis d'humeur à "philosopher" aujourd'hui. J'ai un trop-plein dans le coeur, va falloir que ça déborde.
Est-ce que l'évidence est la vérité ?
La vérité est une condition existentielle de l'humain s'il veut éviter de se perdre dans l'ignorance. Comprendre, connaître et reconnaître le vrai. Mais comment fait-on pour discerner le vrai du faux ? Existe-t-il une échelle de critères ?
Quand on dit en regardant Le cri de Munch qu'il représente un personnage angoissé qui hurle sa douleur, est-on dans le vrai ? Qui peut dire si cette vérité correspond à celle du peintre sinon le peintre lui-même ?
La vérité est-elle uniquement une intuition quand il s'agit des sentiments humains ?
Un discours intuitif est vrai s'il est cohérent et qu'il renvoie à une expérience possible. Mais comment savoir si l'expérience n'est pas une illusion ? Comment en être sûr puisque tout le monde ne partage pas la même expérience ?
Comment peut-on décider de l'authenticité d'une relation et donc de sa vérité ? M'enfin ! pourquoi faudrait-il enfermer la vérité dans des faits rationnels ? On se le demande...
On peut aussi partir du principe qu'une chose n'est ni vraie ni fausse, qu'elle est juste ce qu'elle est ; si elle est authentique, cela implique uniquement l'absence de rupture entre ce qu'elle semble être et ce qu'elle est.
Mais alors... une fois l'expérience réalisée et la véracité du sentiment reconnue, pourquoi ne pas chercher à en comprendre l'essence ?
Pour Spinoza (sacré Spino, il nous fait bien rire), l'essence (sans plomb) consiste en l'idée qui, sitôt qu'elle est connue, s'affirme par elle-même dans l'esprit comme une évidence. Si l'idée n'est pas mutilée ou incomplète, elle délivre alors sa propre évidence.
L'erreur serait de confondre une intuition basée sur des impressions, des projections... et l'évidence fondée sur une intuition intellectuelle.
La vérité tiendrait donc à l'illumination de l'intelligence par l'évidence de l'idée (boudiou !).
Alors, il ne faut pas confondre les convictions, les opinions, les fables, les attentes... et les évidences.
Se méfier d'une évidence est donc absurde ! Cela reviendrait à privilégier un a priori irrationnel et à rejeter la vérité quand elle est là.
Jouer avec des concepts peut ne servir à rien, mais ça ne justifie pas de renier l'évidence.
Pour autant, la recherche de la vérité part souvent d'une bouillie confuse voire de la Blédine de notre enfance ; sortir de ce potage glutineux exige de la méthode et aussi de se débarrasser du faux pour accéder au vrai.
Cependant, sortir du faux ne donne pas obligatoirement accès au vrai. Cela ouvre juste quelque chose de précieux, de fragile, d'immense, d'inestimable, d'intemporel et de délicieux : le champ des possibles. Et dans celui-ci : la possibilité de s'épanouir.
Rencontrer la vérité, n’est-ce pas tout simplement éprouver la force d’une évidence ?
Ouarf ! chuis crevée, je ne vais pas pouvoir travailler là, c'est sûr.
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