Eloge de l'éloge

Publié le par La Zitoune

L'éloge, genre littéraire vieux comme mes robes hé hé, vient tout droit de l'Antiquité. Il s'agit de porter aux nues quelque chose ou quelqu'un. Ce peut être une personne célèbre (un éloge panégyrique), vivante ou morte (un éloge funèbre), sous forme d'un discours ou d'un poème (un éloge dithyrambe) ; ou encore la célébration d'une personne sans intérêt ou d'une chose négligeable, anecdotique ou décriée socialement (un éloge paradoxal ; mon préféré).

Les vrais auteurs d'éloges (Erasme, Jollien, Laborit, Malraux, ...) utilisent tout un tas de figures de style et de tournures grammaticales pour nous faire passer le message qu'ils adoooooorent la chose ou la personne dont, justement, ils font l'éloge. Pour chanter des louanges, on fait appel au procédé rhétorique de l'amplification, qui utilise des superlatifs (son énormissime Q), des hyperboles (un Q de la taille d'un camion de déménagement), des anaphores (Moi Président... Moi Président... je n'aurai pas de Q), des énumérations et accumulations de qualités (un Q velu, géant, auguste, intimidant, pittoresque, farfelu), un champ lexical mélioratif (qui loue, vante ; s'opposant à péjoratif ; son Q pareil à un plat en gratin), des comparaisons et métaphores (son Q cellulitique... ce fauteuil Louis XIV orné d'incrustations...).

Pourquoi faire des éloges alors qu'on pourrait se régaler à dire du mal, à critiquer ? Pourquoi encenser, glorifier, flagorner alors que médire et propager des ragots peut faire tellement de bien ? On se le demande... Il paraît que commérer revient indirectement à dire du bien de soi, et de celui qui écoute le mal se dire. N'est-ce pas le signe d'un grand manque de confiance en soi ? d'une piètre estime personnelle ? d'une frustration, d'une aigreur, d'une colère qui rend mauvais ? Reconnaître cet état de fait, assumer ses faiblesses et son mal-être, oser s'affirmer, exister, revient à ne plus être envieux, ni jaloux. C'est être suffisamment rempli de "soi" pour ne pas avoir besoin de rabaisser les autres en les discréditant à peine ont-ils le dos tourné.

Certains racontars portent, paradoxalement, sur des projections, des traits de caractère qui nous sont propres et que l'on dénigre chez les autres... parce qu'ils nous dérangent. L'émotion accompagnant l'injustice ou la peur de ne pas être à la hauteur peuvent également être des moteurs de la médisance. Après avoir été humilié ou déconsidéré, il est naturel de chercher la validation de son vécu par un tiers.

Une langue affûtée abîme la cible, pollue le complice et dégrade le diffuseur. Sans oreilles pour recevoir les potins, il n'y a pas de diffamation possible.

Médire n'est pas sortir de la bienséance et prouver qu'on n'est pas un mouton bêlant à la Lune, mais le signe qu'on a du mal à avaler une pilule. L'objet de la malveillance est, au fond, le vainqueur du combat, le moins vulnérable de l'histoire. Mais encenser n'est pas courtiser, et ne doit pas se faire à tout vent. Seule la gratitude réelle peut être bienfaisante.

Plus nous disons du bien, plus nous prenons soin de nous-mêmes, en nous détournant de ce qui nous manque. Certains pensent que ce pourrait être l'alternative heureuse au matérialisme. Aristote disait : L'homme qui est incapable de vivre en communauté ou qui n'en éprouve pas le besoin parce qu'il se suffit à lui-même, ne fait pas partie de la cité et par conséquent est une brute ou un dieu.

Halte à la perfidie, au persiflage, ne cancanons plus, ne bavons plus sur les crapauds ou les blanches colombes, ne dénigrons plus nos collègues, ne jasons plus sur les voisins, ne déversons plus notre fiel sur les absents qui ont toujours tort ! Défendons les putes et les concierges injustement accusées d'être plus calomniatrices que les charcutiers traiteurs et les plombiers. Refoulons cette ambivalence qui nous tiraille sans cesse vis-à-vis des autres et salit la vie. Dégoisons sur l'instant pour exprimer ce qui nous contrarie, au lieu de déblatérer après coup. Ne jouons pas les corbeaux sur les réseaux sociaux, n'achetons pas Closer, ne versons pas dans la facilité de l'anonymat, résistons à l'effet de mode qui consiste à vomir sur tout et tout le monde sans réfléchir.

Ne tarissons pas d'éloges !

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Bon O.K., soyons sérieux cinq minutes, on vous rassure (on, c'est moi), on ne vire pas sa cuti. On essaie juste d'être un peu moins... enfin un peu plus... Oh ! et puis crotte, ça suffit ! Eloge ou critique, l'essentiel c'est d'être vrai ! Fouyouyou ça m'a fatiguée tout ça. Pssstttttt... tu sais pas ce qu'elle m'a dit l'autre morue ? ... 

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L
Dans l'éloge il y a plus d'impunité que dans une blâme LOL
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L
<br /> <br /> C'est un peu vrai ! :-)<br /> <br /> <br /> <br />
L
J'en ai une bien bonne à te raconter. Je t'appelle ! :-)))
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L
Et ben dis-donc... Quand je lis ça je reste sans voix, ça reposera certainement quelques-uns !! lol !! Effectivement, pourquoi déblatérer sur les uns et les autres, ça sert à quoi ?? Moi je pense<br /> que si nous prenions le temps de nous mirer dans les miroirs nous y verrions davantage des morues très cuites ou au contraire pas bien cuites !! Mais ça c'est selon ...<br /> Enfin... Allez la messe est dite... Alea jacta est, le sort en est jeté.<br /> Dorénavant, je vais dire du bien de tout le monde, ça ne mange pas de pain. Et je suis même sûre que ça fera réfléchir ceux qui n'ont plus de cerveau ou qui ont le cerveau lent !!<br /> La Zitoune carbure au sans plomb et pourtant elle en a dans le cabochon ...<br /> Félicitations et ficelles de caleçons ...<br /> Le sport cérébral ne fait pas mal aux arpions !!<br /> Continue comme ça t'iras loin ...<br /> <br /> La Choupette
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