Le Bon, la Brute et le Truand / Sergio Leone

Publié le par La Zitoune

Il buono, il brutto, il cattivo. Un western, mais un spaghetti ! De Sergio Leone (1929-1989). Leone a dit : Ce mot de spaghetti-western, c'est un des plus cons que j'ai jamais entendus de ma vie.

Ce film italien de 1966 a connu un immense succès, alors que le western américain était en déclin. C'est grâce aux westerns de Leone qu'Eastwood a commencé une carrière.

L'histoire. Il s'agit de trois as de la gâchette qui oeuvrent durant la Guerre de Sécession*.

Tuco/Eli Wallach est le Truand, un criminel dont la tête est mise à prix. Il est bavard, assez comique, pas toujours très malin et a un tic nerveux : il fait le signe de croix.

Blondin/Clint Eastwood est le Bon, un chasseur de primes hautain et calme. Blondin est un surnom, personne ne connaît son nom.

Sentenza/Lee Van Cleef est la Brute, un tueur sans pitié et sadique. C'est cet acteur avec une tête de fouine, des petites fentes à la place des yeux... Vous voyez ? 

Blondin arrête Tuco, le livre aux autorités et le délivre avant qu'il ne soit pendu, évidemment après avoir encaissé la prime, qu'il partage ensuite avec son complice - et ainsi de suite de ville en ville. Un jour, il décide de stopper son partenariat avec Tuco et l'abandonne dans le désert. Ce dernier s'en sortira mais n'aura qu'une envie : se venger.

Il retrouve Blondin et le contraint à le suivre à pied dans le désert, sous un soleil de plomb, sans eau ni chapeau. Blondin est tout grillé (bravo à la maquilleuse !).

Les deux lascars croisent une diligence. Un soldat confédéré mourant confie à Tuco le nom d'un cimetière où se trouve cachée une caisse remplie de dollars, mais il ne révélera le nom de la tombe qu'en échange d'un peu d'eau. Pendant que Tuco va chercher une gourde, le soldat parle à Blondin... et meurt. Tuco va donc être obligé de le soigner alors qu'il est presque mort.

Ils se déguisent en soldats confédérés (sudistes, donc en uniformes gris) pour pouvoir entrer dans un monastère géré par le frère de Tuco. Blondin y est soigné et se rétablit. Alité, il dit  à Tuco : Je vais pouvoir dormir tranquille maintenant, je sais que mon pire ennemi veille sur moi :-)) Puis ils repartent, toujours déguisés, mais sont capturés par des soldats de l'Union qui les emmènent dans un camp de prisonniers nordiste (chez les Yankee, donc en uniformes bleus).

Sentenza, qui a eu vent du trésor, torture Tuco pour connaître le nom du cimetière, mais lorsqu'il apprend que seul Blondin connaît le nom de la tombe, il change son fusil d'épaule et lui propose une association. Blondin et Sentenza partent chercher les dollars, avec cinq autres gredins, mais Tuco réussit à s'enfuir.

Plus tard, Blondin et Tuco se retrouvent, décident de s'associer à nouveau et d'éliminer Sentenza, mais celui-ci s'échappe. Ils se font à nouveau arrêter par les forces nordistes et proposent de s'enrôler. Le capitaine, ivre, dit qu'il a un rêve : faire sauter le pont qui entraîne des batailles sans fin entre les forces confédérées et celles de l'Union (et empêchent nos deux gus de traverser la rivière pour aller au cimetière...). Tuco et Blondin vont le faire et, pendant qu'ils posent les explosifs, se révèlent leurs petits secrets : les noms du cimetière et de la tombe.

Le pont saute, les soldats se retirent, Tuco et Blondin traversent la rivière. Blondin fait une halte pour réconforter un mourant confédéré, tandis que Tuco trace à toute vitesse jusqu'au cimetière, trouve la tombe et creuse de manière frénétique, à mains nues. Blondin arrive, armé, et ordonne à Tuco d'utiliser une pelle. Sentenza apparaît et dit à Blondin d'aider Tuco à creuser. Blondin avoue que ce n'est pas la bonne tombe et inscrit le vrai nom sur une pierre.

Les hommes se font face au milieu du cimetière pour un "duel à trois". Blondin abat Sentenza, alors que Tuco se rend compte que son pistolet a été déchargé la nuit précédente par son "pote". Blondin montre qu'il n'a rien inscrit sur la pierre : le trésor est caché dans une tombe qui ne porte pas de nom. Il oblige Tuco à creuser à nouveau et, dès qu'il trouve les sacs de dollars, le force à se passer la corde autour du cou, debout sur le sommet de la croix d'une tombe. Il charge la moitié du butin sur son cheval et s'éloigne avant de tirer sur la corde avec son fusil pour libérer Tuco (comme au début du film).

Blondin s'en va, Tuco est fou de rage :-)))

Avec Sergio Leone, la frontière entre le Bien et le Mal n'est jamais très claire. Les bons et les mauvais ne le sont pas tant que ça et, au final, on peut se dire que ce sont tous de sacrées ordures ! Ce réalisateur ne revendique pas la morale, c'est le moins que l'on puisse dire. Et c'est génial !!

Sergio Leone a dit : Le Bon, la Brute et le Truand. Ces appellations étaient arbitraires. Très vite, on peut s'apercevoir que le Bon est tout autant un fils de pute que les deux autres. Ils se valent tous ! 

Comme à son habitude, Leone a fait beaucoup de gros plans dans ce film, souvent sur les seuls yeux des personnages. C'est pourquoi Lee Van Cleef a dû mettre des lentilles de contact, afin de cacher la différence de couleur de ses gobilles (une bleue, une verte). Pourquoi ??

La musique a été composée par Ennio Morricone, collaborateur fidèle de Sergio Leone et ancien camarade de classe. Il est clair que la trame sonore contribue largement à créer l'atmosphère particulière de ce film. Tout le monde connaît la musique de ce western, utilisée pour représenter les trois personnages principaux : une flûte pour Blondin, un ocarina pour Sentenza et une voix humaine pour Tuco. Cette mélodie se répètera tout au long du film comme un leitmotiv appuyant l'entrée en scène ou la sortie d'un personnage, comme un coyote qui hurle.

link et aussi link
 
Ce western-spaghetti, qui dure pas loin de trois heures, fait partie intégrante de la culture générale. Ne pas l'avoir vu revient à ne pas connaître la sauce pesto et se contenter du ketchup jusqu'à la nuit des temps. Hein ? oui, ça marche aussi avec la sauce bolognaise et le beurre de cacahuètes.
 
* La Guerre de Sécession (1861 et 1865) a impliqué les États-Unis d'Amérique (l'Union) au Nord, dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (la Confédération) au Sud, dirigés par Jefferson Davis, rassemblant onze États sécessionnistes.

L'Union comprenait tous les États abolitionnistes et cinq États «frontaliers» esclavagistes. Abraham Lincoln était opposé à l'expansion de l'esclavage (bien que n'étant pas opposé à l'esclavage) dans les territoires détenus par les États-Unis, et sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 a entraîné une première sécession de sept États du Sud, avant même qu'il ait pris ses fonctions. Cette guerre civile provoqua la mort de 620 000 soldats et fit un nombre indéterminé d'autres victimes. Elle mit fin à l'esclavage aux États-Unis, restaura l'Union et renforça le rôle du gouvernement fédéral.

Publicité
Western-tagliatelles

Western-tagliatelles

Voir avec et de Clint Eastwood : Mémoires de nos pères http://zitoune.over-blog.fr/article-memoires-de-nos-peres-2-64895635.html et Un frisson dans la nuit http://zitoune.over-blog.fr/article-un-frisson-dans-la-nuit-51858912.html et un autre western de légende : Règlement de comptes à OK Corral http://zitoune.over-blog.fr/article-reglement-de-comptes-a-ok-corral-51750695.html

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
<br /> Oui un film culte et indispensable de l'avoir vu....<br /> <br /> Il s'y trouve tout...le bien, le mal...(jamais tranché), même de la philosophie comme une phrase du "Bon" qui me fut longtemps en ma vie un comme un phare par temps de brume :<br /> "L'homme sage est celui qui connait ses limites"<br /> <br /> <br />
Répondre