Shining / Stanley Kubrick

Publié le par La Zitoune

Ce chef-d'oeuvre de Kubrick, sorti en 1980, a perturbé le public au point qu'il est devenu une référence en matière d'horreur. D'après un roman de Stephen King, lui aussi un peu fêlé du casque. Le mélange King, Kubrick, Nicholson est cuisant.

Il paraît que King n'a pas aimé l'adaptation de son livre, même s'il a aimé le film. Il aurait refusé d'apparaître dans le générique de fin. Pour lui, le thème le plus important du livre est qu'un bon père peut se transformer en monstre par l'abus d'alcool. En effet, ce n'est pas le cas dans le film. Plus tard, King précisera que le livre (The Shining) est en partie autobiographique. On comprend mieux sa déception.

D'habitude, les oeuvres du genre sont remplies de violence physique, là aussi mais le plus effrayant est de voir un homme - Jack Torrance (Jack Nicholson) - perdre peu à peu la raison jusqu'à devenir complètement givré. On le sent se transformer en dément, petite touche après petite touche.

L'était-il déjà un peu avant d'arriver dans cet hôtel déserté en basse saison, au milieu de nulle part, avec sa femme et son fils ? Oui, on peut le penser, quelques signes avant-coureurs le montrent.

L'histoire : un écrivain se voit proposer le gardiennage de l'immense hôtel Overlook, perdu dans les montagnes rocheuses du Colorado et construit sur un cimetière indien. Il doit y vivre seul avec sa famille pendant cinq longs mois. Les lieux sont immenses, avec des couloirs très longs, des tapis ou de la moquette partout, une cuisine gigantesque. Lorsque la petite famille arrive dans ce palace il fait encore beau, puis peu à peu l'hiver s'installe et la neige abondante empêche les déplacements. L'isolement est total. Jack va peu à peu sombrer dans la folie et n'avoir qu'une obsession : exterminer sa femme et son fils. Tout se passe en huis clos, exceptée la scène finale qui se déroule dans la neige.

Du Stanley Kubrick (1928-1999) dans toute sa noirceur, son décalage, son politiquement incorrect. Le perfectionnisme de ce réalisateur lui a valu une réputation d'homme coléreux et mégalo. Il est devenu lui-même un personnage mythique, vu comme un génie paranoïaque, ayant une vision très pessimiste de la nature humaine, et ne sortant de son château anglais ultraprotégé que pour tourner ses films.

Shelley Duvall - Wendy, la femme de Jack - est une merveilleuse actrice (très moche), toute dégingandée. Kubrick, en bon sadique, l'aurait terrorisée pendant tout le tournage pour la mettre dans un état émotionnel impossible. Il lui faisait répéter 40 à 50 fois la même scène et se disputait violemment avec elle. Aujourd'hui, Shelley Duvall dit : « Ce fut une expérience formidable, mais si cela était à refaire, je n'accepterais pas le rôle… ».

En attendant, elle est au moins aussi géniale que Nicholson dans ce film. On est avec elle, on espère qu'elle va comprendre vite, qu'elle ne sera pas naïve et sauvera sa peau ainsi que celle de son fils Danny.

Ce petit a un don de médium, il voit des choses, il a le Shining. Il parle avec son doigt (Tony) et sait que des choses terribles vont se passer dans cet hôtel, que son père est possédé par la folie meurtrière des lieux. Le précédent gardien, Grady, y a déjà assassiné son épouse et ses deux filles avec une hache, avant de se donner la mort.

On apprend que Jack, quelques années auparavant, aurait démis l'épaule de Danny dans un accès de colère ; le petit, très proche de sa mère, craint déjà son père, ce qui rend fou ce dernier, en plus de tout le reste.

Des moments inoubliables : lorsque Danny arpente frénétiquement les couloirs de l'hôtel en tricycle ; la course-poursuite dans le labyrinthe végétal ; la scène de la salle de bain ; celle de la chambre 237 ; REDRUM.

Je ne vous dis pas comment ça se termine, tout est suspense et tension psychologique, mais sachez que plusieurs interprétations sont possibles. Kubrick a volontairement laissé la place au doute.

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Lire aussi de Stephen King : La petite fille qui aimait Tom Gordon http://zitoune.over-blog.fr/article-la-petite-fille-qui-aimait-tom-gordon-122639926.html

Danny en tricycle.

Danny en tricycle.

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E
<br /> Un de mes films préférés, génial!<br /> Du coup, ça me donne envie de le revoir.<br /> La 1ère fois que je l'ai vu, j'avais quoi, 18 ans?? Autant dire une éternité!<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Meuh non... c'était hier enfin... :-))<br /> <br /> <br /> <br />