Tant qu'il y aura des hommes / Fred Zinneman

Publié le par La Zitoune

Un film américain en noir et blanc, de 1953. De Fred Zinnemann (1907-1997), le réalisateur du célèbre western Le train sifflera trois fois. Tant qu'il y aura des hommes a remporté 8 Oscars ! (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs seconds rôles pour Frank Sinatra et Donna Reed, ...).

Ce long-métrage casse un chouia la figure aux institutions militaires et dénonce leur brutalité et leur immoralité (amoralité ? je ne sais jamais). Tiré d'un roman éponyme de James Jones -  From Here to Eternity - l'action se déroule à Pearl Harbor au début des années 40.

Aparté historique. L'attaque sur Pearl Harbor, base navale américaine située dans l’archipel d’Hawaï, au cœur de l'Océan pacifique, fut lancée par surprise le matin du dimanche 7 décembre 1941 par le Service aérien de la marine impériale japonaise contre la flotte américaine dans le port. Cette attaque s’inscrit dans la politique d’expansion impériale. Les Japonais souhaitaient également répondre aux sanctions économiques prises par Washington en juillet 1941 après l'invasion de la Chine et de l'Indochine française. Cette attaque provoqua l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés.

L'histoire. On est en 1941, dans une caserne des Iles Hawaï - dans une troupe d'élites. Le soldat Robert Lee Prewitt (Montgomery Clift) - ancien boxeur dans l'armée - vient d'y être transféré, à sa demande. Le capitaine Holmes veut qu'il remonte sur le ring pour défendre l'honneur du régiment et ainsi lui permettre d'obtenir de l'avancement, mais Prewitt refuse, il a rendu aveugle un homme lors d'un combat et ne veut plus boxer. Il va alors subir des brimades, des vexations et des humiliations sur cette base, par nombre de ses "camarades" et leur capitaine : parcours du combattant en punition, croche-patte en plein exercice, travaux de force, ... Leur objectif est de l'envoyer en camp de discipline, mais un sergent-chef lui sauve la mise ; il se retrouve à faire la plonge et toutes les autres corvées du camp pendant des semaines et des semaines. Mais il ne cède pas.

Milton Warden (Burt Lancaster), le sergent-chef en question, est un militaire rigoureux, juste, dévoué à ses hommes... et l'amant de Karin Holmes (Deborah Kerr), la femme du capitaine. Le sergent admire l'obstination de Prewitt, mais ne la comprend pas.

Un autre soldat - Angelo Maggio (Frank Sinatra) - picoleur, rebelle et querelleur, interné en camp disciplinaire, se prendra d'amitié pour Prewitt, mais il mourra sous les coups de son geôlier - une brute perverse et sadique surnommée Gras-double. Prewitt, après avoir magnifiquement joué du clairon en souvenir de son ami décédé, décide de le venger au cours d'un duel au couteau ; il réussit à tuer Gras-double mais est lui-même blessé. Il déserte et se réfugie chez sa maîtresse - Anna (Donna Reed) - chez qui il va écluser pendant des jours en attendant que sa blessure guérisse, afin d'éloigner les soupçons qui pourraient peser sur lui.

Holmes sera jugé "pour son inexcusable cruauté" envers Prewitt. Poussé à la démission, il sera obligé de quitter l'armée... et remplacé par un autre capitaine, d'un style très différent : N'oubliez pas que dans l'armée ce n'est pas en boxant qu'on obtient de l'avancement.

Dommage, c'est la veille de l'attaque. Le répit n'aura été que de courte durée.

L'attaque éclair de l'aviation japonaise est annoncée à la radio. Prewitt tente alors de rejoindre son unité, mais se fait abattre par erreur par son propre camp - dans la confusion qui règne après le raid aérien. 

Avant d'y aller, il dit à Anna : Sans déclaration de guerre ! cette traîtrise leur coûtera cher un jour ou l'autre. C'est le moins que l'on puisse dire, les Japonais se sont pris deux bombes atomiques sur la tronche.

Après la mort de Prewitt, les journaux mentionneront qu'il a été abattu... mais par les Japonais ! Et il sera décoré de manière posthume.

Dans ce film, on entre dans le monde de l'armée, de plein fouet, avec ses règles, ses lois internes, son propre Tribunal et son ramassis de détraqués qui ne pourraient pas vivre en dehors d'une caserne. La réalité des périodes sans combats pendant lesquelles les hommes s'ennuient au point d'en devenir idiots et de chercher des crosses à leurs petits camarades de chambrée est un lieu commun. Il faut prouver sa virilité intra-muros... parce que l'individualité est considérée comme un défaut chez un militaire.

Et puis il y a ceux qui sont là pour faire carrière et ceux qui n'ont pas de famille ou seraient désoeuvrés à l'extérieur de la garnison. Il y a des gens sains également, comme partout. Enfin bon, il faut bien des soldats, une armée, sinon comment maintenir la paix ou se défendre en cas de guerre ? Cette question m'a toujours turlupinée : comment être antimilitariste à 100 % ? Comment imaginer une armée sans discipline ? Il faudrait pouvoir croire en un monde sans violence, sans attaques, sans volonté expansionniste... au Père Noël en somme.

Rien à dire sur la beauté des acteurs et surtout de Montgomery, même s'ils avaient quand même de drôles de coiffures à l'époque. La voix française de Prewitt est celle d'Artémus Gordon des Mystères de l'Ouest. Ca ne nous rajeunit pas.

Ce film a lui aussi beaucoup vieilliet met mal à l'aise. Il sent trop le Hollywood des années 50. Ce n'est pas mon odeur préférée, sorry.

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O
<br /> Pour mettre en ligne un jour où t'auras pas vu de film ;-)<br /> <br /> http://www.koreus.com/video/bp-maree-noire-cafe.html<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> :-) Ca rassure pas vraiment...<br /> <br /> <br /> <br />