Islande : voyage au centre de la Terre (2)

Publié le par La Zitoune

Je vous avais laissés sur une impression cauchemardesque : l'arrivée de nuit, sous la pluie et dans le froid au minuscule aéroport de Keflavik. Reprenons le fil de notre immersion en "terre de glace".

Un car nous a emmenés à notre premier hébergement : une guesthouse (petit hôtel économique, cousin germain de l'auberge de jeunesse) à Reykjavik - capitale islandaise comme chacun sait. Nous avons profité de ce court trajet, une petite heure, pour essayer de repérer qui parmi toutes les personnes à bord allait faire partie de notre groupe, intitulé "Traversée nord-sud : volcans, déserts et glaciers", et prié fort Vasavoirki pour qu'il n'y ait pas de crétin désagréable... 15 jours c'est long...

Le Kex Hostel, ancienne biscuiterie située à deux pas du centre, face à la mer, nous a vus arriver l'oeil fatigué et le cheveu en fouillis (surtout Léo). Et c'est à tâtons que nous avons infiltré notre chambrée, dans laquelle deux membres du groupe arrivés plus tôt de Belgique dormaient. Ce n'est donc que le lendemain matin que nous avons pu apprécier le lieu : des volumes époustouflants, plein d'objets de récup' et insolites, une clientèle très jeune - sans doute étudiante - un poil déjantée, et une vue sur la baie à couper le souffle. Le ciel est tout bleu, il n'en tombe rien, l'air est pur, ça sent bon. Tiens, c'est bizarre, les nuages sont beaucoup plus bas que chez nous.

La sculpture en acier face à l'Océan évoque la charpente d'un navire viking. Elle est le symbole de l'Islande.

Comme la matinée était réservée au repos, nous avons filé vers le port pour une excursion en mer. On n'allait quand même pas dormir !

C'est ainsi que nous avons foncé sur l'écume dans un bateau de taille moyenne ; et quand je dis foncé c'est foncé, pendant au moins une demi-heure et, tout à coup, en pleine mer, le capitaine a coupé le moteur et nous a tous invités à monter sur le pont. Ce que nous avons évidemment fait après avoir enfilé des combinaisons intégrales, orange, puantes, humides et peu avantageuses (ceci expliquant cela). Et, avec les yeux comme des soucoupes, nous avons scruté l'Océan atlantique, à l'affût de ce que nous étions venus voir : des baleines.

C'est alors que mon estomac a commencé à faire des siennes et que j'ai découvert ce truc énigmatique, exotique et irrépressible, qui s'arrête aussitôt la terre ferme retrouvée : le mal de mer. Le bateau semblait désarticulé et se laissait bercer par les flots, de gauche à droite, d'avant en arrière, dans une chorégraphie d'une mollesse épouvantable.

C'est ainsi que j'ai pu apercevoir une baleine de Minke (ou petit rorqual) à plusieurs reprises, mais de l'intérieur de l'embarcation, ratatinée derrière les vitres et accrochée à mon sac à vomi   Heureusement, mon fils n'a pas subi le même sort et a pu se régaler au grand air en poussant, comme tout le monde, des cris exaltés à chaque apparition du mammifère marin.

Animal que, pour l'heure, j'aurais volontiers rebaptisé : c'est assez !

Après un sandwich avalé en toute hâte et une traversée de Reykjavik au petit trot, nous avons retrouvé et découvert le groupe et nos deux guides autour d'un café pour un premier briefing. Et nous voilà en branle, répartis dans deux 4x4 - prénommés Pinto et Snowy, nos bagages entassés dans la remorque, tout heureux de découvrir le Cercle d'Or, c'est-à-dire les sites de Thingvellir, Geysir et Gulfoss.

Thingvellir, sanctuaire protégé de la nation islandaise, est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est ici qu'un Parlement s'est réuni pour la première fois en 930, vers la fin du peuplement du pays.

L'aire de Thingvellir fait partie de la zone de failles et de volcanisme actif qui s'étend à travers l'Islande. Elle se trouve le long de l'axe de séparation des plaques continentales, nord-américaine et eurasienne, et dans le bassin d'effondrement. L'écorce terrestre s'écarte et s'enfonce au cours des millénaires.

1. Faille éruptive

Vous allez assister à un spectacle naturel des plus sidérants. Un geyser est un conduit souterrain terminé à la surface par un petit cratère. Ce conduit est rempli d'eau qui, chauffée et sous pression au fond du geyser, jaillit à la surface par intermittence.

L'explication est évidemment plus complexe, mais on ne va pas se prendre la tête :-)

Le geyser que je vous propose d'admirer s'appelle le Strokkur. Après avoir fait une grosse bulle, il propulse toutes les 10 minutes environ une colonne d'eau et de vapeur à des hauteurs variant entre 10 et 30 mètres. Douche assurée si l'on reste dans le sens du vent. Attention ça brûle !

Les immenses coulées de basalte* superposées forment des marches d'escalier sur le cours des fleuves et ces marches forment des cascades, qui dégringolent par paliers. Celle de Gulfoss est renversante. Nous l'avons d'abord entendue gronder avant même de la voir chuter d'une hauteur de 32 mètres.

* Le basalte est une roche volcanique noire issue d'un magma refroidi rapidement au contact de l'eau ou de l'air.

5. Cascade

Le Cercle d'Or est épatant, certes, mais il reste néanmoins très touristique. Pour sortir des sentiers battus, il va falloir faire des efforts. L'Islande se mérite, qu'on se le dise.

Publicité

Publié dans Escapades

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article