Islande : voyage au centre de la Terre (6)

Publié le par La Zitoune

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L'eau des sources chaudes est souvent chargée en sulfures qui se déposent au niveau du sol. Le soufre forme de l'acide sulfurique au contact de l'eau. Au fil du temps, cet acide ronge la roche (le basalte), qui devient friable, jaune, bleue ou rouge.

36. Souffre

Un arrêt aux fermes de tourbe de Glaumbaer et la visite de l'une d'elle transformée en musée nous apprend comment vivaient les Islandais dans les régions rurales aux XVIII et XIXème siècles.

Il est des paysages qui se passent de commentaires.

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Puis, nous voilà au bord de la mer du Groenland, au milieu de nulle part, ce qui n'était pas prévu au programme. Seb apprécie notre groupe curieux, joyeux, nos fous rires incessants, notre mentalité, nos jeux débiles pendant les longs trajets en 4x4 et nous fait découvrir "un coin à lui", pour notre plus grand bonheur. Les guides c'est comme les secrétaires, ils peuvent (ou non) ouvrir des portes...

C'est dans un vent frisquet que nous avons observé un long moment, silencieusement, vautrés dans l'herbe, cette mer glaciale. Un moment délicieux.

  

Observer aux jumelles un bébé fulmar dans son nid (cherchez-le sur la photo ci-dessous) a fait dire à un membre du groupe son premier : "Nous sommes bénis des Dieux". Elle le répétera à l'envi jusqu'à la fin des vacances, pour des raisons multiples et variées, et notamment parce qu'il a fait beau pendant TOUT notre séjour ; Seb nous a confirmé que nous avions en effet beaucoup de chance.

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Léo et moi avons beaucoup ri en entendant, parfois au loin et sans l'image, des "Nous sommes bénis des Dieux" intempestifs apportés par le vent :-))

Nous avons rejoint notre hébergement à Grettislaug et pu apprécier d'avoir un gîte pour nous seuls. La soirée a été bien arrosée, nos rires sont certainement encore dans les murs.

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Avant le dîner, Léo et quelques acolytes courageux et peu frileux ont expérimenté le passage d'une piscine d'eau chaude naturelle à l'eau glacée de la mer du Groenland ; le choc thermique ne manquant pas de faire mal à la peau... "comme des piqûres" m'a dit mon fils transi de froid.

Le lendemain, nous avons traversé la péninsule des Trolls jusqu'à Akureyri, la deuxième ville d'Islande avec ses 18 000 habitants : de jolies maisons colorées, une église originale en haut de quelques volées de marches, un magasin d'Etat pour renflouer la caisse des apéros. Un bref retour à la civilisation, qui ne fait pas de mal après des jours de traversée de déserts aux apparences lunaires.

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Un mot sur le folklore islandais. Il réside surtout dans les croyances aux créatures invisibles qui hantent l'île. Dans un pays où la nature est aussi imprévisible, il est difficile de s'en tenir au rationnel pur. Du jour au lendemain, des pâturages peuvent se transformer en désert de cendres ou de lave fumante, des rivières se trouver déportées de plusieurs dizaines de mètres, comment avoir des certitudes dans un tel contexte ?

Il paraît que peu d'Islandais osent dire qu'ils ne croient pas aux elfes, trolls et autres catégories d'esprits, et qu'ils seraient prêts à modifier un projet d'aménagement du territoire pour ne pas les déranger.

Les trolls sont la catégorie la plus répandue. Géants à l'allure grotesque, ils sont souvent malveillants. Selon la croyance populaire, ils commettraient leurs mauvais coups la nuit, mais - retardés et surpris par le soleil levant - ils seraient à tout jamais transformés en pierre. Et, en effet, on peut reconnaître des trolls dans les champs de lave et les roches aux formes étranges. Seb pense que lorsqu'on commence à les repérer, c'est le signe que l'on devient un peu Islandais dans l'âme. 

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Cherchez le troll sur la photo suivante.

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Les elfes sont les esprits les plus familiers et des créatures plutôt féminines, aériennes et vaporeuses. Ils interviennent surtout dans le domaine de la santé physique et mentale des humains et habitent des grottes, des collines, des roches isolées.

Après cette immersion dans la cité d'Akureyri et un pique-nique* dans un très joli jardin botanique aux centaines de fleurs et de plantes toutes étiquetées, nous avons poursuivi notre circuit en direction du lac Myvatn, plus à l'est, seuls au monde au milieu des curiosités géologiques, toutes plus fascinantes les unes que les autres.

Pique-nique quotidien pour le déjeuner, en pleine nature, toujours suivi d'une petite sieste à même le sol. Des plaisirs simples qui rendent heureux.

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46. Coulée de lave et pierre ponce

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La région du lac Myvatn est l'un des endroits les plus visités d'Islande et les plus ensoleillés aussi. Au fil des pas, il est possible de découvrir un volcan endormi, un lac sur lequel nagent des familles de canards et une oie cendrée, des marmites de boue qui glougloutent, ...

Myvatn veut dire "lac des mouches" ; il y a en effet de nombreux moucherons très irritants, parfois en groupes, qui s'amusent à entrer dans les oreilles, le nez et la bouche.

En fin d'après-midi, nous avons découvert les pseudo-cratères herbeux de Skutustadir au sud du lac. Ils auraient été formés il y a 2300 ans à peine, par des explosions de vapeurs dues au contact de la lave souterraine et de l'eau du lac.

Je mélange un peu les jours, mais en substance c'est ça :-)

Notre repas du soir, attablés sur une coulée de lave, à deux pas de notre gîte, me laissera un souvenir ineffaçable. C'est surnaturel de déguster un aligot et de l'agneau sur une coulée de lave solidifiée...

Quant au bain qui a clôturé la journée, c'est aussi un moment mémorable. Une piscine chauffée par la géothermie, très bien aménagée, très grande, avec une température différente en fonction de l'endroit où l'on se trouve, une ambiance feutrée, brumeuse, quelque peu étrange. Les Islandais sont friands de ce genre de baignade et c'est naturellement qu'ils "trempent"*, entre potes ou en famille, après une journée de boulot. Ils connaissent les bienfaits pour le moral et la peau d'une eau riche en silice, à l'aspect laiteux. Attention, les bijoux en argent ternissent.

Un pur bonheur sensoriel que de se plonger dans une eau comprise entre 35 et 40°, en plein air, alors qu'il fait frisquet.

* On peut dire qu'ils trempent puisque personne ne nage.

Les Islandais ne sont pas pudiques DU TOUT, leur rapport au corps est très différent du nôtre. Les vestiaires sont communs (mais pas mixtes) et, AVANT de rentrer dans l'eau, il est obligatoire de se doucher nue et de se récurer PARTOUT. Les consignes sont très claires et déroger à la règle attire immanquablement des regards noirs ou des remarques (incompréhensibles).

Nous nous sommes rendus deux soirs de suite dans cet endroit. La première fois, j'ai timidement baissé mon maillot jusqu'au nombril pour me doucher rapidement. La seconde, je me suis foutue à poil comme tout le monde, pas la peine de faire des chichis :-)

Les deux jours suivants ont été consacrés à la découverte des solfatares et fumerolles de Hverir (1 et 2), à la randonnée dans la zone du volcan Krafla (dont les laves ont été produites lors de ses 9 (!) éruptions entre 1975 et 1984 ; ça fume encore par endroits), aux imposantes formations de lave aux formes bizarres de Dimmuborgir (3) ("châteaux noirs"), à l'ascension du cratère d'explosion de Hverfjall, à la visite des grottes d'eau chaude de Grjotagja.

1.

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2.

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3.

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Cheminer sur des coulées de lave pendant des heures rend humble, et use les crampons aussi.

Nous avons pique-niqué dans un tunnel de lave de plus de 200 ans afin de nous abriter du soleil qui tapait dur. Oui oui, vous avez bien lu. Seb nous a dit qu'en temps normal, les groupes s'y abritaient... de la pluie. C'est alors que nous avons entendu du fin fond du tunnel : "Nous sommes bénis des Dieux

Puis nous redescendrons vers le sud, toujours par la piste, en direction du glacier Vatnajökull, en traversant des étendues de pierre ponce, un désert de cendres, des gués impressionnants - pour arriver dans la région glaciaire de Kverkfjöll.

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49. Désert de cendres 

Jusqu'alors, nous avions toujours dormi dans des gîtes. Il nous a fallu découvrir les refuges, guère différents, un chouia moins confortables, qu'on trouve dans des lieux encore plus isolés. Une caractéristique du refuge : un chronomètre coupe l'eau chaude de la douche (payante) au bout de 5 minutes, faut pas lanterner...

La pluie a eu la bonne idée de tomber drue la nuit, alors que nous étions tous les 14 dans nos sacs de couchage dans le dortoir commun. ".... ...... ..... ... .....".

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Publié dans Escapades

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