Eloge de my brother
De trois ans et demi mon cadet, il est mon unique frère (d'armes). Et la personne qui me fait le plus rire au monde, depuis toujours. Il suffit qu'il ouvre la bouche pour que je sois secouée par des à-coups, comme un moteur qui hoquette, une Zitoune hilare. Un humour corrosif, au vitriol, ou alors potache et bon enfant, au gré des circonstances, mais qui atteint immanquablement son objectif. Une façon d'être au monde, à l'autre, de dire sans dire, de vivre, d'exister, de panser aussi sans doute. Un humour qui va vite, qui fuse, caustique comme son esprit, son intelligence. Une tension permanente, une culture, terreau d'une imagination fertile, un cocktail coloré, qui soûle de rire. Mélange de liqueurs, de sirops et d'aromates. Ivresse inoffensive pour les initiés. Le premier-né n'est pas toujours l'aîné. Et, comme l'écrit Jacques Attali : Dans presque tous les mythes fondateurs, personne n'a de pire ennemi que son frère, si ce n'est son père qui, craignant une alliance des frères contre lui, prend parfois les devants et les tue. Je t'aime Toutoune.

