Chronique à l'eau de rose
Rhôôôô ! Je viens de retomber par hasard sur une vidéo qui commence à dater. Je ricane toute seule devant ma tasse de thé vert (coupe-faim) et des petites meringues croquantes à la framboise. 😬
Allez, je vous rafraîchis la mémoire !
On est lundi 25 août 2014. Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille, un temps de chien. François Hollande commémore les 70 ans de la Libération sur l'île de Sein, au bout... du bout du Finistère, en Bretagne donc. Il tombe des hallebardes, ses nouvelles lunettes ruissellent, son poil est détrempé, son costume pisse, on dirait une soupe à l'oignon, sans les croûtons.
Le déluge est après lui. Ça sent l'iode, le mérou et la morue. Le mérou et la morue, danser.
Hollande est comme un Flamby dans l'eau. Je suis sûre qu'en cherchant un peu, on trouverait la languette en alu dans son c... on trouverait la languette en alu.
Mais pourquoi n'a-t-il pas choisi Cherbourg ?
Parce qu'il aime la pluie pardi !
Souvenez-vous, dès le premier jour de son élection il avait descendu les Champs-Elysées sous la flotte. Dégouliner ne lui fait pas peur, investiture ou pas. Poséidon est dans la place.
Mitterrand s'était fait limer les dents, Hollande en a trois.
Heing ? Comment ça trois quoi ? Ben des dents ! Trois dents > trident > Poséidon ! M'enfin, réfléchis meeeeerde ! Fouilla ! Qui c'est qui m'a collé un lectorat pareil ?! 😁
Une mise en scène ce refus de l'imperméable et du parapluie ? Évidemment ! Une intention ? Bien sûr ! Faire passer le message que malgré les intempéries, il est là, droit dans ses bottes en caoutchouc. Le roseau aime l'humidité, le roseau plie mais ne rompt pas, Hollande est un résistant. Montebourg, Hamon et Filippetti - le triumvirat des anguilles - peuvent bien chercher à le noyer, il sait nager et rejoindra la côte, en radeau de la méduse s'il le faut. À défaut d'airbags, il a une bouée intégrée.
Voilà le message qu'il voulait faire passer aux saumons. Contre vents et marées, moi Noé, je sauverai la France, que vous fassiez exploser le gouvernement ou non, semblait-il hurler en silence à travers les gouttes. Dame Nature fut son alliée et s'occupa du décor. Manquait plus qu'elle déclenche un tsunami et c'était l'Apocalypse selon saint Brieuc.
Peu lui chaut la tempête, il ne manque pas d'oxygène dans son pédiluve, se dirent les murènes. Il ne met pas les voiles, garde le cap et tient bon sa bitte. Hissez haut !
Hisse et rhôôôôôôôô ! 😇
Dans sa pataugeoire, son hommage aux hommes morts pour la patrie fut bafouillou ; pas facile de lire quand on n'a pas d'essuie-glaces. La protection anti-vent en fourrure synthétique de son micro ressemblait à une moufette imbibée. Mais le paysage insulaire était grandiose. Ces énormes rochers, la côte sauvage, tout ça. Même Voulzy paraissait pâle avec sa grenadine.
Je me souviens des moqueries et des sarcasmes, qui furent instantanés ; diktat des réseaux sociaux. On écrit et on réfléchit après, ou pire que tout, on écrit. Sans contre-feux aux images télé, c'est la mort de l'effort de réflexion. Les téléspectateurs, pour beaucoup, cédèrent à la facilité du bon mot, souvent très drôle d'ailleurs. La droite, mais c'est de bonne guerre, sauta sur le ridicule de situation et "Le Figaro" mitonna sa Une comme un ragoût à la fleur de sel. Belle leçon de journalisme, tout en profondeur.
Ce pisse-copie fanfaronnait moins lorsque Sarko insultait un citoyen. Pôv'con.
Moi aussi je l'avais trouvé grotesque, le bigorneau, dès les premières images, avec le grain dans les carreaux et ses cheveux épars qui formaient une minivague. Puis son message m'avait paru de plus en plus fort, et son courage, sa détermination et son immense humilité avaient fini par me sauter à la figure, comme un surfeur qui perd le contrôle et atterrit sur le sable.
Cet homme-là, François Hollande, lui Président, à ce moment-là, m'inspira confiance.*
Mais pas de précipitation(s), ce fut factuel. On parle de Flamby tout de même, pas de Jaurès !
Qui lui, aurait rallumé tous les soleils, de Solférino à qu'imper.**
*[Et me donna une furieuse envie de manger des araignées de mer, des noix de Saint-Jacques, une galette de sarrasin à l'oeuf, du kouign-amann aux pommes, du far breton aux pruneaux, une crêpe au caramel au beurre salé, un paris-brest, de boire une bolée de cidre brut ET, bien entendu, un thé drainant régulateur d'appétit et digestion facile. 🥴 Arghhhhhh j'ai la dalle !]
**[Merci de vous arrêter au moins 10 secondes sur cet extraordinaire jeu de mots. J'irais même jusqu'à parler de putain de fulgurance ! 🤣]
Truculente illustration de Sakado (alias Jean Perrochaud).
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