Pulp fashion
Dans les séries et longs-métrages, les personnages se réveillent toujours frais comme des gardons, dans des draps de soie bien repassés, maquillés comme pour le bal de fin d'année, parlent distinctement sans avoir la bouche pâteuse, s'embrassent avec la langue comme s'ils venaient de se laver les dents et sont coiffés comme s'ils avaient dormi assis.
Ils prennent leur petit déjeuner sur une terrasse ensoleillée qui donne sur un paysage de rêve, ont un choix de confitures, de pains et de viennoiseries incroyable, et je ne te parle pas des jus de fruits exotiques frais, des œufs au plat et autres pancakes au sirop d'érable qui recouvrent leur table de ministre.
Ils sont à la cool. À se demander s'ils travaillent vraiment ou si leurs journées durent 28 heures, à cheval sur plusieurs fuseaux horaires.
On se croirait tout le temps chez Bree Van de Kamp. Dans un univers aseptisé, clean, bien rangé, parfumé, classé comme à la BNF, à en déclencher des orgasmes en rafales chez Monk.
Oh purée ! je n'avais jamais imaginé un rapprochement sexuel possible entre Bree Van de Kamp et Adrian Monk ! Mais bon sang mais c'est bien sûr !!! J'aimerais trop les voir au saut du lit ces deux-là, elle en nuisette brodée assortie à ses mules en suédine à pompons et lui en pyjama à carreaux symétriques et pantoufles alignées avec les lames du plancher bien ciré. Hé hé hé !
J'apprécierais tellement de regarder un film dans lequel l'actrice principale serait humaine au réveil, c'est-à-dire qu'elle aurait la tête dans le potage aux vermicelles, qu'elle serait démaquillée, aurait des gros cernes, des crottes aux coins des yeux, le teint blafard, les cheveux en pétard et une irrésistible envie de vider sa vessie. Elle sortirait du lit en rampant jusqu'aux toilettes, puis appuierait sur le bouton de la cafetière, en gémissant que la vie est trop dure et que ces salauds de riches ne perdent rien pour attendre la révolution de ces pauvres esclaves covidés.
L'acteur principal, quant à lui, ne serait pas plus gouleyant et, petit bonus, se gratterait les parties génitales comme si sa vie en dépendait, en poussant des petits grognements de sanglier en rut pour couvrir ses pets foireux.
Ils prendraient un café noir debout dans la cuisine, à la bourre comme tous les jours et, après une douche ultrarapide, avaleraient une misérable biscotte beurrée molle dans la voiture, avant de retrouver les bouchons qui permettraient à madame de finir de se maquiller dans le rétroviseur et à monsieur de nouer sa cravate en vitupérant contre toutes ces conventions sociales à moitié débiles.
Là on pourrait sérieusement commencer à s'identifier !!!
Non mais oh ! Ça va l'enfumage, hein !
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