Pétrus Gagnon - chapitre 5

Publié le par La Zitoune

Mon pote Lulu m'a rendu visite. J'ai bien vu que Huguette le reluquait. Quand il est descendu de sa voiture, elle est sortie en courant du local associatif pour fumer son clope mentholé.
🎼 Désinvolte, elle n'avait l'air de rien. 🎶 Emplie d'un noir désir, elle s'est approchée de lui et, sans préliminaires, s'est mise à lui parler de son BLOUGOU À SENS GIRATOIRE INVERSÉ !!!
Les fans d'Édika auraient eu la référence, mais pas Lulu, qui lui ne lit que des livres intelligents avec des formules mathématiques. Il a regardé la nymphomane comme une curiosité locale et, après s'être ressaisi, lui a dit calmement, mais fermement :
"Écoutez Madame, je ne sais pas de quoi vous me parlez. Il y a méprise ! Je ne suis pas agent de la circulation moi ! Je ne sais pas du tout pourquoi ils ont inversé le sens giratoire. Je vous invite à vous rapprocher de la voirie."
J'ai failli m'étouffer de rire sur le bitume devant son air guindé, à la limite du constipé chronique anglais qui ne mange pas assez de fibres. Puis la tronche ahurie de Guéguette m'a achevée.
Heureusement, je ne sors jamais sans ma fiole d'huiles essentielles au rhum arrangé.
Je suis fan de Clark Gaybeul, depuis la nuit des temps, mais Guéguette, elle, elle a poussé le vice jusqu'à se faire tatouer "Édika forever" sur la fesse droite. C'est chaud !
Moi je peux pas, y'a déjà Gotlib. Et Goossens sur la gauche... ou plutôt... Gossens, avec un seul o, le second était déjà sur place. (Honte tu dis ? Pourquoi j'aurais honte ? 😆).
La Nature est mal faite. Les amateurs de BD devraient avoir plus de deux fesses ou alors une assise énorme. Dieu méprise le 9e art, c'est certain. Seulement deux miches au vu du nombre de dessinateurs de talent que compte la planète, c'est du foutage de gueule.
N'épiloguons pas, la garantie décennale est de toute façon forclose depuis une éternité.
Ramen.
Guéguette a continué son cirque. On aurait dit une chatte en chaleur. Elle portait cette robe hideuse de chez Desigual que même les moustiques n'approchent pas et qui fait vomir les caméléons. On dirait un rideau de caravane des années 70. Potolulu m'a regardée avec un air consterné, alors qu'elle lui sortait le grand jeu, et m'a intimé l'ordre de monter fissa dans son opugromme de chez Citroën.
Alors que la voiture s'éloignait, je me suis retournée pour voir où en était Huguette. C'est alors que je l'ai découverte la tête en bas, en train de s'exercer à la pole dance sur un lampadaire.
J'ai tellement ri que je me suis étranglée avec la ceinture de sécurité. Mes lentilles de contact se sont noyées dans mes larmes. Surtout quand Lulu, les sourcils froncés, m'a demandé avec un air très sérieux : "Mais enfin ! C'est qui cette folle ?!!!"
Du coup, nous avons atterri sur le banc devant le manoir des Durand (cf. plan chapitre 4). De là, on peut voir toute l'impasse. C'est instantanément devenu MON banc et MON poste d'observation. Pour bien marquer MON nouveau territoire, j'ai uriné dans tous les coins et installé un hamac entre deux arbres. 
C'est assise sur ce banc public avec Potolulu que j'ai enfin eu la certitude que la mère Chèvreton et Jean-Jacques forniquaient.
Si, j'en suis sûre ! je les ai vus descendre de la même voiture, une poubelle jaune avec un autocollant sur la lunette arrière : "Pastis un jour, Pastis toujours !" Et il lui touchait les fesses ! Et pas du bout des doigts hein, mais avec les paumes bien à plat !
Jean-Jacques doit être très amoureux, parce Blanquette n'est pas fraîche-fraîche.
Quand je l'imagine en nuisette... non... je l'imagine pas. 😬 Pas besoin d'être grand clerc pour deviner qu'elle a la fesse en goutte d'huile et le sein en filet de dinde. À moins que ce ne soit l'inverse...
Je suis sûre qu'ils gardent leurs chaussettes.
Pour les faire grogner, je viens de leur dire que s'ils décident de se reproduire ce n'est pas la peine de me garder un petit de la portée, je n'en voudrais même pas empaillé.
Jean-Jacques m'a traitée de four à merde, cet ingrat, mais - vous l'aurez remarqué comme moi - il n'a aucunement nié avoir couché avec une chèvre.
Cette dernière m'a regardée d'un oeil torve, comme si j'avais dit un truc extraordinaire ou désagréable. C'est dingue ce que les gens peuvent être susceptibles !
L'amère Chèvreton est tellement sèche qu'elle doit s'effriter sous les caresses.

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La mère Chèvreton par moi-même

La mère Chèvreton par moi-même

Publié dans Lys

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