Thierry
Portrait
La première fois que j'ai vu Thierry en chair et en os, il était planté devant ma porte avec une rose dans la main. Il est l'un de mes plus anciens contacts virtuels sur Facebook, cuvée 2015 ; l'un de ceux qui se sont naturellement transformés en amitié irl, sans chichis ni tralalas. Il a drivé son camping-car jusque chez moi lors d'une de ses pérégrinations sur les routes de France et de Navarre. Et nous nous sommes parlés comme si nous nous connaissions depuis la maternelle. Thierry fait partie de ces gens qui n'emberlificotent pas leurs pensées ni leurs mots dans du papier doré pour "avoir l'air de". Il ne joue pas un personnage pour plaire. Il est. Et c'est très agréable.
Maintenant, je connais son accent du Sud-Ouest à couper les chocolatines en deux. On dirait le frère de Maïté. 😁 Même les cigales la bouclent lorsqu'il stridule. C'est dire.
Vous en connaissez beaucoup vous des gens qui font taire les cigales ?!
J'ai connu son chien également. Un Yorkshire minuscule qui répondait au nom de Z. Aussi petit que vif. Plus Zébulon que Zorro. Il tenait dans sa paume.
J'ai pu mettre une voix sur des écrits et lire en direct les smileys dans les yeux bleu EDF de Thierry. Des yeux qui trimballent des douleurs toujours à vif. Des yeux qui sondent le monde pour trouver des réponses. Des yeux qui ne perdent pas espoir, parce que l'Amour est plus grand que tout. Et que le temps œuvre.
Thierry ne se plaint pas, il dit. Il fait partie des hommes qui n'osent pas trop montrer, peut-être pour contrôler un peu, par pudeur ou par éducation, mais qui disent sans le vouloir, parfois sans le savoir. Ce n'est pas parce qu'on saigne à l'intérieur que la plaie cicatrise mieux et qu'on a moins mal. Ce n'est pas parce qu'on ne pleure pas qu'on n'a pas de chagrin. J'ai vu des gens saccagés de souffrance rire à des enterrements. Et des gens pleurer à gros bouillons en public pour mieux danser sur les tombes le soir venu.
Le jugement hâtif est comme un livre sans chapitres, une guitare sans cordes, une mer trop salée.
Thierry est partout sur Facebook. Dès que tu demandes à intégrer un groupe, c'est lui qui t'accueille. Il administre en douceur et s'amuse souvent de la connerie humaine ; surtout celle à rayures. Sans doute la pire puisqu'elle s'ignore. Le taulier s'en tire toujours avec une pirouette ou une blagounette plus ou moins graveleuse (ce n'est pas à moi que ça arriverait ce genre de comportement ! 😇).
Je l'appelle Louloup. Parce qu'il ressemble à un loup sauvage. Il aime la meute, mais l'observe de loin, avec un sourire en coin.
"Canis lupus" est un écorché, qui a su ne pas devenir aigre. Il aurait pu. Cela demande des efforts quotidiens et un bon fond de ne pas tourner comme le lait.
Ce n'est pas donné à tout le monde de rester lumineux quand les ampoules pètent les unes après les autres. Cela nécessite d'avoir un groupe électrogène intégré. Et de saisir la moindre occasion de sourire, en tournant les grillades sur le barbeuq, sous le soleil d'Occitanie.
Le temps œuvre toujours.
Rien n'est immuable.
Je te fais des bisous, Louloup. 😘
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