Zemmour candidat

Publié le par La Zitoune

Texte de Fabien

Sa vidéo hallucinante où il se met en scène tel un de Gaulle appelant à résister, sur fond de violons qui couvrent presque une voix qu’il veut grave et solennel, est un modèle de populisme. Globalement, c’était mieux avant. Avant quoi ? C’est difficile à dire, puisqu’il énumère les Trentes Glorieuses, la Résistance, l'invention du cinéma, Napoléon, Louis XIV, les Chevaliers… Il n’était pas loin de citer l’homme de Néandertal, dont il doit être le dernier représentant. Bref, c’était mieux dans cet « Avant » sans chômage, sans délinquance, sans guerres, sans maladies, sans immigration, sans faim, sans droits à défendre, sans fins de mois difficiles. Cet « Avant » idéal où les gens étaient heureux et n’avaient pas de problème. Un avant qui n’existait, peut-être, que pour une infime minorité dont il fait la majorité. Un « Avant » des puissants mais pas des classes populaires. Un « avant » les syndicats. Un avant le droit de vote des femmes. Un avant l’abolition de la peine de mort. Un avant la dépénalisation de l’homosexualité. Un avant la décolonisation. Un avant l’abolition de l’esclavage... Bref, cette France d’avant, mélange de dizaines de siècles dont il fait un tout chimérique. Dans tous ces "avants" égrainés, les électeurs de Zemmour auraient été de la chair à canon, des serfs, des esclaves, des ouvriers, des mendiants, mais dans l’Histoire revu par Zemmour, tout le monde y vivait heureux. C’est son programme. Persuader son électorat que la France avance dans le temps comme on s’éloigne d’un paradis perdu et que lui va nous guider vers cet Eden qui nous attend, quelque part dans son cerveau malade. C’est son programme, rendez-vous compte. Retrouver la France des Chevaliers, de Napoléon et de de Gaulle. En même temps. Sans rire. Sa méthode n’est pas claire mais globalement, les immigrés, les homosexuels, les féministes, les médias, les juges, les minorités en tout genre sont les ennemis de la France et il faut, d’une façon ou d’une autre, s’en débarrasser. Dans le paradis de Zemmour, il n’y a ni contre-pouvoirs, ni opposition. On s’y dirigera en cadence, obéissants, au bruit des bottes. Il faudra bien faire taire tous ces gens qui y auront cru.

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Zemmour candidat

Publié dans Textes de Fabien

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