Est-ce un crime ?
Mon jasmin embaume et je réfléchis à la notion de reconnaissance. Je me dis que lorsque l'on clame que l'on n'en a pas besoin, on se trompe.
Ou l'on ment.
Peut-être que la morale judéo-chrétienne fait son oeuvre depuis des millénaires et inconsciemment n'autorise pas les pauvres mortels à recevoir les compliments, à les trouver normaux quand ils ont mis leurs tripes à effectuer quelque chose.
N'est-ce pas, paradoxalement, un manque d'humilité ? N'est-ce pas un manque de générosité que de refuser les compliments, la reconnaissance, sous prétexte que l'on donne de soi ?
De toute façon, je ne crois pas à la gratuité des actes. Ni au "donner pour recevoir".
Je crois au "rendre".
Savourer les retours positifs, prendre confiance en soi, conforter ses choix de vie, n'est-ce pas être clair(e), rejeter l'hypocrisie sociale, la fausse modestie ? N'est-ce pas accepter d'être satisfait(e), épanoui(e) ?
Est-ce un crime ?
Faut-il constamment édulcorer ou taire ses satisfactions narcissiques pour ne déranger personne ? Jouer la tiédeur pour ne pas faire d'ombre à l'aigreur ?
Cette merveilleuse journée m'habitera indéfiniment. Et même si j'ai utilisé des paquets de mouchoirs, reniflé des ribambelles de fois, pleuré à chaudes larmes, je ne me suis pas sentie imbue ou remplie de moi-même pour autant.
Je suis comblée et reconnue.
Est-ce un crime ?
/image%2F1180522%2F20220822%2Fob_d5e8df_fb-img-1661165824342.jpg)