Tumbleweed

Publié le par La Zitoune

Dégingandé. Quand je l'ai vu entrer dans le parc, c'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit. On le dirait désarticulé, sans racines ni sève. Le haut de son corps semble danser et couler vers le bas, du côté des genoux. Il lui manque un tronc ou au moins un tuteur. Ses bras bougent comme deux métronomes, ou plutôt des essuie-glaces ; ah non... ce sont des lianes !
Son sac en bandoulière contribue au fouillis visuel, tel un greffon. Ses petites lunettes rondes à la John Lennon également. Il a une touffe de cheveux impressionnante et indisciplinée qui part dans tous les sens. Le genre de brousse luxuriante dans laquelle même Indiana Jones hésiterait à s'aventurer. On y imagine une biodiversité, une flore et une faune grouillante et sauvage, et Tarzan en slip. Et Mowgli aussi !

En fait, cet homme me fait penser à une plante du désert. Il a l'air très sec, presque cassant. Lorsqu'il m'a tendu la main, j'ai fait très attention à ne pas trop serrer ses doigts, comme des brindilles. J'avais trop peur de l'effriter.
Je m'attendais à ce qu'il se présente : "Je s'appelle Groot". Mais il a dit : "Bonjour, je suis Sylvester".
Sylvester... non mais les parents sont sérieux là ? Et pourquoi pas Rambo pendant qu'on y est !

Je sens que je vais avoir du bouleau avec ce virevoltant. J'ai pu gratter l'écorce au téléphone et entraperçu le bois dont il se chauffe : résistant aux intempéries comme à la pourriture.

Sylvester va me raconter sa vie de super-héros imputrescible pour que je la consigne dans un livre. On s'installe sur un banc en fer forgé, à l'abri du vent. Au soleil.

Photosynthèse. Haleine à la chlorophylle.

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Tumbleweed

Publié dans Historiettes

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