Brèves de chantier (2)

Publié le par La Zitoune

Le Martiniquais parle toujours tout seul, mais je ne perçois plus de grognements de sanglier en rut provenant de la chambre. Il ne jure plus du tout et n'invoque plus ni sa mère ni Dieu. Sa foi opportuniste aura donc été de courte durée (on dirait Manuel Valls devant le siège de Renaissance).

Il n'écoute plus de blondasse melliflue à la voix aiguë depuis son téléphone, mais "I can't get no satisfaction" des Rolling Stones. Et, là, tout de suite, on se tape une compilation des plus grands succès de Demis Roussos. Merci Spotify ! 

Je sais que l'ouvrier est vivant grâce aux cris stridents des lattes de parquet qu'on ampute et aux coups de maillet rythmés.

Je le croise dans le couloir.
La métamorphose du fonctionnaire est spectaculaire : le mètre pendouille le long de sa jambe (le mètre j'ai dit !)… il doit avoir peur que je lui pique pour mesurer des trucs ; il a une latte sous le bras droit et la scie électrique dans la main gauche (le traumatisme de "Massacre à la tronçonneuse" remonte dans mon esprit l'espace d'une seconde, puis je me souviens qu'il manque de tourner de l'œil lorsqu'il se coupe en tronçonnant un ananas...). 

Ce que je trouve le plus représentatif de l'acquisition de ses nouvelles compétences en travaux d'intérieur réside dans un détail :
il a coincé son crayon gras derrière son oreille ! Si ça ce n'est pas un signe de professionnalisation ! 😁

(Je vais quand même attendre un peu avant de lui parler de mon idée de mettre du parquet dans la cuisine... 😅)

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Brèves de chantier (2)

Publié dans Mes réalités

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