Escapade en Irlande (10)
L'auberge de jeunesse dans laquelle nous avons passé les deux dernières nuits était très bien située, mais la plus bruyante jamais testée. Les quinquas imbibés ont dû partir samedi, parce que nous y avons quand même passé une bonne seconde nuit, sans portes qui claquent ni rires gras dans le couloir. Cette AJ est très sympa, mais cette histoire de portes qui claquent, à en faire trembler les murs si on ne les retient pas, est un vrai problème. Bref, on a tellement bien dormi qu'on est parti très tôt prendre le car (une sorte de Flixbus irlandais) qui nous emmènera de Cork à Dublin. Tellement tôt qu'on a chopé celui qui partait une heure avant le nôtre, mais - du coup - on n'a rien eu le temps d'avaler, ni solide ni liquide. C'est peut-être pourquoi le gros, à peine son postérieur posé sur le siège, s'est mis à roupiller. Quelle chance il a de pouvoir s'endormir comme ça partout !
Nous nous rendons donc à Dublin, une capitale à taille humaine. Rien n’est jamais très loin dans son centre historique, qui est un mélange de rues anciennes, de quartiers flambant neufs et d’entrepôts délabrés.
Comme dirait un ami, Daniel : "Un peu d'Eire, ça fait Dublin".
Le fleuve la Liffey sépare la ville en deux, comme dans tant d’autres villes. En arrivant, nous traverserons le pont qui l'enjambe pour nous rendre à l'appartement prêté par la soeur de Marc, qui vit elle-même en Irlande avec son mari. Marc et Marie-Laure ont été géniaux avec nous et pouvoir rester dans le centre historique de Dublin, qui est horriblement cher au niveau des logements, et ce durant 4 nuits et gratuitement, est vraiment un très très beau cadeau.
Et nous n'étions pas au bout de nos surprises, car l'appartement en question était immense, très très très confortable, en plus d'être à deux pas de tout ! Pouvoir résider ici a plus qu'embelli notre séjour. Nous n'aurions pas pu nous payer ce luxe. Merci les amis. ❤
Après avoir déposé nos valises, nous sommes immédiatement partis à la conquête de la ville, en prenant bien garde aux bus et aux voitures qui déboulent toujours sur la gauche, of course ! Les piétons étrangers doivent faire extrêmement attention. La vigilance est de mise en voiture, mais aussi à pied. Le piéton distrait peut très vite devenir un piéton mort (dead pedestrian). Nous nous sommes laissés surprendre + d'une fois. On ne perd pas facilement des réflexes entretenus durant toute une vie. Il faut réfléchir avant chaque traversée de rue et regarder du bon côté en premier, c'est-à-dire inverser nos habitudes.
Ça craint en voiture, ça craint à pied, on risque de s'envoler au bord des falaises et de se faire rouler dessus en ville, ce pays est pire que la jungle amazonienne ! 😂
Comme le logement était à deux pas de la cathédrale Saint-Patrick, nous avons essayé d'assister à la messe de ce dimanche matin, mais les trois personnes devant nous ont été les dernières autorisées à entrer. La cathédrale était manifestement pleine à craquer. Dommage...
Elle est la + vaste église du pays et son élégance est mise en valeur par la verdure qui l'entoure. Des pelouses dans lesquelles les Dublinois n'hésitent pas à se faire bronzer en maillot de bain. Et oui, il fait vraiment beau ! Qui l'eût cru ?
A deux pas, se trouve la Christ Church Cathedral, dans laquelle nous n'avons malheureusement pas pu entrer non plus. La sculpture sur un banc est saisissante de réalisme.
Il est très rare de voir deux cathédrales si proches l’une de l’autre. En tout cas, à ma connaissance...
Comme nous nous dirigions vers le nord-ouest de la ville en longeant plus ou moins les quais, nous nous sommes arrêtés dans un resto pour manger une tartine un peu chère pour ce qu'elle était. L'ambiance était assez bobo, on se serait cru dans le Marais parisien et, surtout, c'était extrêmement bruyant. Les Irlandaises (il n'y avait pratiquement que des tablées de femmes) parlent très fort et rient très fort. L'accent nasillard en rajoute une couche. On était assez contents de sortir de là, mais avec la tête comme un chou-fleur.
Le bacon était bon, mais qu'est-ce que c'est gras boudiou ! On aura fait du gras nous aussi pendant ce jour, c'est certain ! Enfin moi, parce que l'autre là il aura pris 300 g tout mouillé, je le connais !
Nous continuons notre progression pédestre, en passant devant les énormes cuves de l'entreprise Guinness. Elles dénaturent un chouïa le paysage, mais doivent faire bosser beaucoup de gens.
Enfin, nous arrivons au parc Phoenix, qui est le second plus grand parc citadin d'Europe (après Sutton Park à Birmingham) et l'un des plus grands parcs au monde, bien que sectionné par des rues : 712 ha et 11 km de circonférence. On y trouve la résidence du président de la République. Il abrite aussi un zoo à 26 balles l'entrée ! Ils ne se font pas ch... quand même... 26 balles ! De toute façon, nous ne sommes pas venus pour visiter le zoo, mais pour trouver les 400 daims qui vivent ici en liberté.
Il nous a fallu arpenter longtemps les pelouses et, surtout, garder la foi, la certitude chevillée au corps qu'on allait tomber dessus à un moment donné. Le type au guichet du zoo a été de très bon conseil en nous disant de quel côté on aurait le plus de chance de les trouver. Il avait raison. Nous avons demandé à un couple que nous croisions sur un chemin s'ils avaient vu des deers et tout de suite ils se sont animés en nous faisant comprendre qu'ils étaient nombreux à deux pas, un peu plus bas. Et, en effet, c'est le coeur battant la chamade que nous sommes tombés sur un troupeau d'une cinquantaine de ces charmantes bestioles aux yeux si doux.
Ce fut un moment délicieux et magique. Quelle récompense à notre ténacité ! J'ai cru que nous n'arriverions jamais à repartir de cet endroit pour continuer la visite de Dublin. On les a mitraillés sous toutes les coutures et observés en silence, à croupetons. J'ai fait une longue vidéo d'un membre du troupeau qui, en bon ruminant qu'il est, mâchouille de l'herbe en me regardant. C'était drôle comme moment, et touchant également. Un type avait pensé (lui !) à apporter des carottes. Il a eu la gentillesse de nous en donner un bout pour qu'on nourrisse ces jolis cervidés aux bois palmés et, pour certains, à la robe tachetée.
En arrivant dans le parc, un écureuil nous a fait un coucou rapide. Il tournait en même temps que moi autour d'un arbre. :)
On arrive enfin à redécoller et l'on repart dans la ville, toujours rive nord, où il y a peu de grandes beautés architecturales. Les bulldozers n’ont pas chômé et ne chôment toujours pas par ici.
Les trois photos suivantes ont pour titre général : Quand les planètes s'alignent... 😁 J'aime bien capter ces pépites citadines.
Pourtant, ici, le danger vient plutôt de la droite ! ha ha !
Raciste ET misogyne ? 🙄
Alors lui, il a quelques pintes d'avance ! 😁
Le Sinn Féin est un parti politique républicain actif en république d'Irlande et en Irlande du Nord, prônant la réunification de ces deux entités. Il s'agit du premier parti politique d'Irlande du Nord depuis les élections législatives nord-irlandaises de 2022.
Mis à part les partis politiques paneuropéens, c'est l'un des rares partis politiques à opérer dans deux pays différents. (Nous avons en effet vu une antenne à Dublin et également une à Belfast). Néanmoins, ses membres élus à la Chambre des communes du Royaume-Uni lors des élections générales britanniques s'abstiennent systématiquement d'y siéger.
Bien que la réunification de l'Irlande demeure un objectif fondamental du Sinn Féin à long terme, les thématiques économiques et sociales représentent aujourd'hui le cœur des campagnes du parti.
Le parti précise que, selon lui, la seule solution viable pour le maintien de la paix en Irlande est la réunification de l'île. Le Sinn Féin met également en avant le vote de l'Irlande du Nord lors du référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, la nation constitutive d'Irlande du Nord ayant voté majoritairement pour le maintien dans l'UE.
Il apporte son soutien à la Palestine en déclarant qu'Israël instaure un régime d'apartheid. Les drapeaux palestiniens flottent partout aux fenêtres, dans les deux Irlande(s). Ca nous a sauté aux yeux tout le long du voyage. L'identification est logique.
Nous sommes toujours rive nord et, petit à petit, nous entrons dans le quartier de O’Connell street. Cette rue est très large, on y fait une overdose de fast-foods et d’immeubles modernes. Il y a une foule compacte, la fête bat son plein, mais c'est vrai qu'on est dimanche et qu'il fait très beau. On a de la veine ! Il y a également beaucoup de bruit. Après notre périple de plusieurs jours en pleine Nature, ça nous fait tout drôle.
Sur le terre-plein central trônent des statues, dont celle de Jim Larkin, le syndicaliste aux bras levés à qui l’on doit : « Les Grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Debout ! ».
Au cœur de O’Connell street, on trouve une flèche de 120 m de haut : The Spire. Elle symbolise l’esprit entreprenant de l’Irlande, mais elle a été raillée par les Dublinois et surnommée « The erection at the intersection ». 😁 Marie-Laure, qui a vécu un temps à Dublin, me disait que les Français sur place l'appelaient le cure-dents ha ha !
La Poste centrale de Dublin, le General Post Office, est le siège d’An Post, la Poste irlandaise. Elle est entrée dans l’histoire comme le quartier général de l’insurrection de Pâques 1916. Le 24 avril 1916, des membres de l’Irish Volunteers Force et l’Irish Citizen Army prennent d’assaut la Poste et l’occupent, ainsi que d’autres bâtiments officiels de la ville. Ils y proclament la république d’Irlande avant de succomber à la répression britannique. Le GPO est devenu le lieu de la plupart des manifestations politiques et le symbole de l’esprit républicain. Une plaque et une statue commémorent cet événement historique.
Nous avons envoyé un colis à Marc et Marie-Laure depuis le GPO. En souvenir du bon vieux temps où nous étions syndicalistes dans la même boîte. :)
Custom House se trouve sur les bords de la Liffey, près de Connolly Station. Datant de 1791, cette œuvre de James Gandon est considérée par beaucoup comme le plus beau monument civil de Dublin. Les statues sur la façade symbolisent l’Océan Atlantique et les 13 fleuves irlandais.
Le « Famine Memorial » se trouve aussi sur la rive nord de la rivière Liffey, sur le Custom House Quay. Il s'agit d'un ensemble de sculptures représentant des Irlandais affamés, en haillons, marchant péniblement sur le trottoir, vers des navires. En 1997, le sculpteur dublinois Rowan Gillepsie a rendu hommage aux victimes de la Grande Famine qui a durement frappé l'Irlande de 1845 à 1852. Leurs corps, torturés et émaciés, se traînent péniblement, tandis que leurs visages montrent leur souffrance. L’un d’eux, un homme, porte sur ses épaules le corps inerte d’un enfant. Pendant la famine, plus d'un million de personnes sont mortes, surtout dans les comtés les plus pauvres.
Cette catastrophe fut en grande partie le résultat de l'apparition du mildiou sur l'île. Cette maladie de la pomme de terre, due à un parasite, a - à l'époque, anéanti presque intégralement les cultures locales, qui constituaient la nourriture de base de l'immense majorité de la population, la paysannerie irlandaise.
Il y eut près de deux millions d'émigrants, essentiellement à destination des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada et de l'Australie.
Nous repassons rive sud, pour découvrir les ruelles sous la Liffey : Adair Lane, Price’s Lane (la plus intéressante) et Bedford Lane. Elles sont décorées de fresques murales. Les artistes et graffeurs s’y sont éclatés.
Ici, nous sommes dans le quartier de Temple Bar. C’est un très vieux quartier et celui qui bouge le plus. Il s'agit d'un rectangle de 500 m de long sur 300 m de large, avec un quadrillage de rues étroites épargnées par les boutiques de fringues et les fast-foods.
On y trouve nombre de pubs, parfois historiques, autrefois fréquentés par de grands écrivains.
Nous avons mangé au The Ramen Bar un plat très bon au saumon, mais très épicé (voir photo ci-dessous). Au moment de payer la note de 44 €, le serveur se paie le culot de demander si l'on veut la monnaie sur 50 € ! 6 € de pourliche... il est sérieux lui ?! On a des tronches de gagnants au Loto ? 😃
Les boissons que l'on aperçoit sur la table sont à l'aloe vera (oui, je sais, vous savez lire). Nous avions déjà découvert ce breuvage désaltérant à Andorre. C'est surprenant comme texture, mais j'aime beaucoup.
La ville est jolie mais parfois un peu sale. Tout le monde boit des pintes, assis, debout, mais partout, c'est fou ! Ne pas devenir alcoolique dans ce pays doit relever du miracle, ne pas être ventru(e), obèse ou diabétique également !
La brique rouge est omniprésente et n'a rien à envier à Toulouse. 😋
Le fameux bar rouge, The Temple Bar, célèbre dans le monde entier, doit faire partie de tous les albums photos des touristes passés par Dublin. Si la photo est prise le soir, on se tape obligatoirement le videur planté devant, sur ses deux jambes bien écartées, et la foule. Nous reviendrons un matin de bonne heure.
Nous n'avons rien trouvé de très français sur ce présentoir ! 😆
Nous rentrons nous coucher dans nos lits gigantesques, car la journée de demain sera longue et commencera très tôt. Nous partirons en excursion en Irlande du Nord. J'ai hâte !
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