Marie-Laure

Publié le par La Zitoune

Portrait

 

Ça fait si longtemps que je pense à ce portrait de Marie-Laure... Je l'ai commencé plusieurs fois et m'agaçais toute seule de ne pas trouver le bon mot ou la bonne formule pour retranscrire toute la tendresse que j'ai pour elle. C'est plus facile de tailler le portrait de madame P.(étasse) ! 😁 Aujourd'hui, j'irai au bout.

 

J'ai d'abord rencontré Marc, son incroyable mec (à ne pas confondre avec Hulk), dans un cadre professionnel et surtout syndical, il y a bien longtemps. De ces amitiés fulgurantes qui durent une vie. Je réussirai à trouver les mots pour lui aussi, mon frère d'armes.
La première fois qu'il m'a présenté sa dulcinée, j'ai eu le coup de foudre et immédiatement compris ce qui unissait ces deux-là. C'était une évidence, de celles qui ne courent pas les rues : un passé irlandais commun, un amour profond qui donne le vertige à qui ne l'a pas encore vécu, un monumental respect de l'autre, de son histoire, de son présent, de son rythme, de sa singularité, un humour de chaque instant, même quand il ne faudrait (peut-être) pas rire, des valeurs partagées et une colossale culture toujours en mouvement, le nez dans un livre. 

 

Marie-Laure est l'une des personnes auxquelles je pense lorsque je suis entourée de gens toxiques ou que l'actualité me donne envie de vomir, de pleurer de rage ou de désespérer, parce que me souvenir que des êtres humains comme elle existent, ça me revivifie le champ des possibles. C'est infiniment précieux et bien plus efficace et moins nocif pour le foie que le paracétamol. 
Elle fait partie de cette catégorie-là. De celles qui font pousser un pissenlit entre deux dalles de béton, qui vont toujours trouver de la couleur dans un Soulages, parce qu'elles connaissent si bien la noirceur dont est capable un humain, l'ayant vue de si près, qu'elles n'ont pas besoin de surjouer l'outrance ou l'indignation pour être crédibles. Elles sont. Elles savent. Elles subliment. Elles résilient. Mais n'en sont pas pour autant animées d'un esprit de revanche acide. Elles œuvrent seulement pour la démultiplication des pissenlits et moins de béton (laisse béton !). 

 

Marie-Laure aime tellement les animaux que sa maison est une arche de Noé où cohabitent harmonieusement des espèces. On y trouve des rescapés des laboratoires, des chiens de tout poil, des laids, des beaux, des durs, des mous, des gros touffus, des p’tits joufflus, des monts pelés, des oiseaux éclopés qu'elle soigne avec une seringue dans le bec avant de les regarder joyeusement s'envoler, des créatures ailées à l'abri des prédateurs dans des boîtes en bois, le temps de nicher, d'autres qui pendouillent sous le toit, accrochées par les pattes, la tête en bas, comme des haltes sur le Chemin de Compostelle, des biches qui passent au loin dans la brume du matin, un écureuil (mais pas dans un cercueil 😉), un vieux chat qui a trouvé son havre de paix et ronronne sur son coussin moelleux ; ici... même les araignées sont au Paradis, dans un hôtel 5*. Chacun a sa gamelle. 

 

Le credo de cette infatigable militante est de faire passer des idées, l'air de rien, sous couvert d'une boutade ou d'un bon slogan. De décrotter la bêtise en plaçant un jeu de mots ou une accroche en apparence inoffensive, pile poil au bon moment, dans le bon timing. Elle fait partie des gens qui m'arrachent des fous rires tout le temps. Et qui m'émeuvent aussi, tellement. Marie-Laure est un paradoxe ambulant ou plutôt une délicieuse ratatouille : elle a l'étoffe des combattants, la gouaille des convaincus, l'hyperhumour des résilients, l'hypersensibilité des cortiqués, la pétillance du champagne et la profondeur du tourment. Elle est un œuf ! Coquille solide, intérieur tendre ! Ou bien un chocolat au lait avec un cœur fondant ! Un cœur en Or. 

 

Marie-L'Or, ce comprimé effervescent. ❤️😘

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Marie-Laure

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