A bout de souffle / Jean-Luc Godard
Un autre Godard, histoire de ne pas rester sur un a priori négatif par méconnaissance. Celui-ci date de 1960, est en noir et blanc et met encore en scène Bébel et Jean Seberg, blondinette américaine.
Après une carrière de critique aux Cahiers du cinéma et cinq courts-métrages réalisés pendant les années 50, Godard signe ici son premier film. Dans la période dite de la Nouvelle Vague, il bouscule le conformisme d'un cinéma traditionnel. A bout de souffle marque pour beaucoup le début de ce bouleversement.
Un film noir, d'après un scénario de Truffaut. Une histoire de gangster en cavale, comme dans Pierrot le fou. La commission de censure (grrr... ça fait peur des titres pareils) l'avait interdit aux moins de 18 ans : Tout dans le comportement de ce jeune garçon, son influence croissante sur la jeune fille, la nature du dialogue, contre-indique la projection de ce film devant des mineurs. Une coupure a également été demandée : la scène dans laquelle les Présidents Eisenhower et De Gaulle remontent les Champs-Elysées en voiture. La commission a toujours jugé inopportune la représentation dans les films de chefs d'Etat ou de gouvernement en fonction. Quand on voit ce que Sarko se prend, on mesure le chemin parcouru.
Le film a connu un succès public immédiat à sa sortie. Ce fut d'ailleurs le seul succès commercial de Jean-Luc Godard.
Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo), une espèce de jeune tête à baffes qui fume comme un sapeur, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris, et tue un motard de la police lors d'un contrôle routier. Arrivé à la capitale, il se réfugie chez une jeune étudiante new-yorkaise, Patricia (Jean Seberg), qui vend le Herald Tribune sur les Champs-Elysées. Elle veut étudier à la Sorbonne et rêve de devenir journaliste.
Michel n'a qu'un objectif : recoucher avec elle, mais elle lui résiste en affirmant qu'il ne l'aime pas vraiment. Puis, elle lui apprend qu'elle est enceinte de lui.
Notre loustic envisage de partir avec Patricia en Italie, où il pense pouvoir trouver refuge. Sa photo est dans tous les journaux, mais sa copine ne le dénonce pas. Il va alors tenter de récupérer de l'argent auprès de plusieurs "amis" délinquants et se cacher chez une connaissance.
La veille de leur départ pour Rome, Patricia le dénonce à la police pour le forcer à partir loin d'elle, mais il refuse de prendre la fuite et est abattu par un policier en pleine rue, "à bout de souffle". Et, dans son dernier souffle, il dit à sa douce qu'elle est "dégueulasse", mais l'Américaine ne comprend pas la signification de ce mot.
Il n'y a pas photo, je ne suis pas godardienne. Cf. le billet sur Pierrot le fou... http://zitoune.over-blog.fr/article-pierrot-le-fou-56800649.html, c'est tout pareil. Non, ce n'est pas tout à fait vrai, j'ai UN PEU moins détesté celui-là.
