Brin de causette
Mesdames et messieurs... Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire. Oh ! je sais ! vous pensez : S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire ! Evidemment ! Mais c'est trop facile ! ... c'est trop facile ! Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ? Eh bien non ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache ! (Raymond Devos)
Parler pour ne rien dire. Rien renvoie au vide entre un émetteur et un récepteur. C'est le contraire de parler pour obtenir quelque chose. Mais est-il vraiment possible de ne rien dire du tout ? Et pourquoi parle-t-on pour ne rien dire ? Le fouillis de notre pensée y est-il pour quelque chose ?
Et pourquoi parfois... alors qu'on ne s'y attend pas le moins du monde... tout ce qu'on parle dit quelque chose, tout est plein entre soi et son récepteur... et inversement du récepteur à soi ?
C'est sans doute parce que la parole est en étroite relation avec nos sens. Je dis ça je ne dis rien...
Bergson disait : La vérité est qu’au-dessus du mot et au-dessus de la phrase il y a quelque chose de beaucoup plus simple qu’une phrase et même qu’un mot : le sens, qui est moins une chose pensée qu’un mouvement de pensée, moins un mouvement qu’une direction.
Il arrive - de manière totalement inattendue - que les mots aient le pouvoir de créer du lien ; alors, ils ne sont plus un support de la pensée, ni une fuite des idées, ni parler pour ne rien dire. Bien au contraire, ils engagent à dire sa vérité, toute sa vérité, rien que sa vérité.
Retrouver le sens de la parole est tellement agréable que les bras m'en tombent.
Lire également Eloge de l'évidence : http://zitoune.over-blog.fr/article-34461888.html
