Le conflit israélo-palestinien

Publié le par La Zitoune

J'entends parler du conflit israélo-palestinien depuis que je suis née et, sans être périmée, je ne date pas d'hier. Yasser Arafat* et l'Organisation de libération de la Palestine occupaient la place quand j'étais encore fraîche. Je ne vais pas me prétendre calife à la place du calife, qu'Iznogoud soit rassuré, ou rabbin à la place du rabbin, Rabbi Jacob peut se détendre, mais je voudrais juste essayer d'y comprendre quelque chose :

- 1917 : le Royaume-Uni contrôle la Palestine (région toute longue située entre la mer Méditerranée et le Jourdain) et incite les juifs du monde entier à y émigrer pour créer un "foyer national juif".

- En 1920, juifs et Palestiniens se foutent sur la tronche, entre eux et aussi avec le (gros) colon britannique. Ils auraient pu s'unir pour virer ce dernier mais ç'aurait été trop simple. Chacun veut créer son Etat.

- 1947 : après les horreurs de la Shoah, l'ONU propose un plan de partage de la Palestine entre deux Etats, l'un juif, l'autre palestinien. Le monde entier a la conscience lourde et se sent redevable envers les juifs. Cependant, comment imaginer une seule seconde que les Occidentaux à l'origine du découpage n'en aient pas anticipé les conséquences ? Tsss...

- 1948 : l'Etat d'Israël est proclamé. Evidemment, les Palestiniens et les pays arabes voisins n'ont pas accueilli la nouvelle avec un enthousiasme débordant et une première guerre de plusieurs mois a éclaté. Mais la très puissante armée israélienne a ratatiné l'adversaire et pris fissa le contrôle de territoires. Ce qui a entraîné l'exode de 800 000 réfugiés palestiniens.

- 1956 : Israël attaque pour mettre la main (et le pied) sur le canal de Suez nationalisé par l'Egypte ; c'est une liaison maritime stratégique. L'affaire fut vite torchée. 

- 1967 : c'est la guerre des six-jours avec les pays arabes. Israël conquiert la bande de Gaza, le Sinaï, la Cisjordanie, le plateau du Golan et Jérusalem Est. Des colonies juives sont installées dans ces "territoires occupés".

- 1973 : c'est la guerre du Kippour. L'Egypte et la Syrie lancent une offensive surprise contre Israël, qui les renvoie dans leurs pénates aussi sec.

- 1987 : c'est l'Intifada, la "guerre des pierres" en arabe. De violentes manifestations de Palestiniens contre les soldats israéliens éclatent dans les territoires occupés.

- 1993 : une avancée dans le dialogue est réelle et des accords de paix israélo-palestiniens sont signés à Oslo. Ils seront sabotés par les extrémistes des deux camps.

- 1995 : Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, est assassiné par un extrémiste juif, qui le trouvait sans doute trop pacifiste et conciliant avec les Palestiniens. Le plan de paix est cuit.

- 2007 : le Hamas* prend le contrôle militaire de la bande de Gaza.

Certains font croire qu'ils ont tout compris à cet imbroglio de conflit entre Israël et les Palestiniens, c'est peut-être vrai. Personnellement, j'ai lu deux trois bricoles pour y voir plus clair et le brouillard est toujours présent, mais un peu moins épais. Evidemment, on peut toujours résumer ce micmac et trancher dans le vif, prendre parti pour l'un ou l'autre des deux camps. C'est facile, on a l'air intelligent, engagé, couillu, mais l'air ne fait pas la chanson, tout le monde le sait (à part les intégristes de tout poil naturellement).

Même si l'on suit la vie quotidienne d'anonymes sur un mode feuilletonnant avec le sirupeux Jean-Pierre Pernaut ou l'affriolant Laurent Delahousse, ce n'est malheureusement pas un jeu de téléréalité. Des gens meurent.

En France, des manifestations de soutien soit à Israël soit aux Palestiniens ont lieu, même lorsqu'elles sont interdites par la préfecture, et l'on assiste parfois à des affrontements violents avec la police. Comme si tagger des murs ou péter des poubelles allait aider les civils à Gaza. Pfff... Une poignée de casseurs ? Des extrémistes politisés ou religieux ? Des crétins antisémites ? C'est ce que disent les experts (pour nous rassurer ?).

En tout cas, quand on entend des "Mort aux juifs !" ou des "Palestine, on t'encule !", on se dit que parler de débordements est un peu léger ! Les médias ne nomment plus clairement le racisme et l'antisémitisme. Tiens, une association d'idées vient de me traverser la tête... Lors d'une marche dans la cambrousse avec un groupe de gens il y a quelque temps, j'ai entendu un truc incroyable ; une femme plaignait "la pauvre petite punie par la loi parce qu'elle avait comparé Christiane Taubira à un singe". Elle trouvait cela exagéré de l'envoyer en prison pour si peu ! C'est dingue, on dirait que toutes les limites explosent et que la parole se libère odieusement. Ca fait peur...

Mais ne passons pas sous silence tous les rassemblements pacifiques ici et là, à Marseille par exemple, qui ont été rendus invisibles parce que d'autres débiles cassaient tout à Paris et à Sarcelles et occupaient la scène médiatique. La réalité se conçoit dans son intégralité.

Des Français semblent avoir choisi leur camp. C'est fouuu ! Le Tsahal* et le Hamas se foutent sur le nez à des milliers de kilomètres et des Gaulois donnent leur avis sur cette guerre qui n'en finit pas. Ils s'insultent et reprennent ce conflit à leur compte comme on décide de donner des cours de cuisine. Mes amis, cet écho actuel du Proche-Orient en France sent mauvais !

La volonté d'internationaliser le conflit ne date cependant pas d'hier. Dans les années 70 et 80, des groupes palestiniens avaient organisé des prises d'otages et des attentats, notamment en France ; tandis que des dirigeants palestiniens réfugiés à l'étranger étaient liquidés par les Israéliens. En 2000, la seconde Intifada avait donné lieu à des actes antisémites dans l'Hexagone. Aujourd'hui, les deux camps communiquent sur les réseaux sociaux, sources intarissables de phantasmes complotistes et de désinformation, et prêchent, anonymement ou cachés derrière un pseudo, pour leur paroisse (si je puis dire). Pas envie de parler de Dieudonné, i m'fout la gerbe, et le rabbin Meir Kahane aussi*.

Le conflit israélo-palestinien est reparti de plus belle au début de l'été après l'assassinat de trois Israéliens et d'un Palestinien, tous très jeunes. Israël a riposté à une centaine de tirs de roquettes* en lançant des raids aériens sur Gaza. Puis, devant l'échec de la médiation, le Tsahal est passé à l'offensive terrestre, après avoir trouvé bon de dire aux 100 000 Gazaouis concernés qu'ils devraient quitter leur logement pour des raisons de sécurité. Quel humour !

Le Hamas est clair : il ne négociera un cessez-le-feu que lorsque le blocus israélien sera levé dans la bande de Gaza ; depuis 2007, Israël a coupé les ravitaillements et les communications vers ce territoire dirigé par le Hamas, afin de l'isoler.

L'ONU suggère à Israël d'épargner les civils à Gaza. L'ONU aussi est comique ! Pourquoi ne pas plutôt demander clairement l'arrêt des combats ?! Par peur qu'Israël ne pense l'ONU sous contrôle du Hamas peut-être... Netanyahou et le peuple palestinien n'en ont que faire de toute façon, l'un comme l'autre demeurent hermétiques au reste du monde, sauf quand celui-ci est d'accord avec eux.

On nous montre des photos atroces d'enfants morts ou mutilés, comme si c'était le plus haut degré de la barbarie, pourtant se prendre un missile ou une roquette dans les gencives à 5, 10, 20, 30 ou 70 ans revient au même, non ? Evidemment, si l'on met une pincée de religion dans la réflexion, on se dit que les enfants ont plus de chances d'être des non-pécheurs que des adultes - parce qu'ils ont eu moins de temps pour mentir, voler, ..., et que c'est donc encore plus dégueulasse de les bombarder. Et puis ils avaient la vie devant eux. C'est le discours sous-jacent qui dérange : cela reviendrait à dire qu'une guerre sans enfants tués ne serait plus une guerre. C'est aberrant ! La guerre propre n'existe pas ! Qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles.

Ca fait presque 70 ans que ça dure. 66 ans que cette région végète à cause de son instabilité, 66 ans que tout le monde fait gaffe à ce que ça ne dégénère pas en conflit international, 66 ans qu'on choisit ses mots ou qu'on évite soigneusement le sujet pour ne pas se faire taxer d'antisémite ou de raciste, voire des deux. On a à peine le droit de dire qu'on comprend les réactions face à l'appauvrissement et à l'humiliation des uns, et aussi les ripostes des autres, sans se faire conspuer. Pour beaucoup, beurs et beurettes de France confondent Israël avec les juifs, rejettent un pays qu'ils ne connaissent ni d'Abraham ni de Moïse, pour soutenir des Palestiniens dont ils ne savent pas grand-chose non plus. On marche sur tout : la tête, le Coran, la Torah, la République laïque, l'Espoir, d'éventuels Accords de paix, ...

Sur place, on peut penser que même si un jour l'Etat palestinien était créé, les juifs et les Palestiniens continueraient à se tailler en pièces. Chacun revendiquant certains territoires au nom de la religion, de l'Histoire ou de textes très anciens. Est-ce un conflit sans fin ?

Pourtant, depuis des décennies, des organisations de soutien à la Palestine et des institutions juives acceptent l'idée de deux Etats, la coexistence de deux nations. Bon O.K., elles pinaillent sur le tracé éventuel des frontières, le sort des réfugiés palestiniens, de Jérusalem, ..., mais elles ne nient pas le droit des deux peuples à disposer d'une patrie. Ca fait du bien de savoir qu'il n'y a pas que des partisans du tout ou tout (Etat palestinien sur tout le territoire d'avant 1948 ou Israël annexant tout), mais aussi des adeptes du fromage ET dessert, du keffieh ET kippa.

Bon allez, je vais au fond de ma pensée, ou plutôt du résultat de la synthèse de mes lectures ; de toute façon, personne, ou presque, ne lit mon blog, je ne risque donc pas de me prendre un projectile, guidé ou non, dans mon salon.

Même si nos intérêts ne sont pas menacés, on a le droit de prendre parti pour l'un ou l'autre des deux camps, de brailler - dans le cadre de la loi, d'avoir une opinion et d'aller l'exprimer dans la rue, là n'est pas le souci. On peut (j'en suis) trouver que la politique israélienne actuelle utilise des moyens disproportionnés contre un peuple dont elle occupe une partie du territoire et ne pas être antisémite ! On peut aussi (j'en suis toujours) penser que le Hamas n'est pas un gentil mouvement de libération sans être raciste ! Par contre, se prendre pour un Israélien ou un Palestinien alors qu'on est un Français est dangereux. Oui, dangereux ! Marine Le Pen se régale de voir la tribalisation de la France (thème cher à Eric Zemmour, c'est pour dire), d'entendre des abrutis se lancer des "T'es reubeu ou t'es feuj", et rêve d'un après 2017 où elle pourra faire un grand nettoyage à sa façon, parce qu'elle aura été mandatée par une majorité d'électeurs, qui n'ont pourtant rien à voir avec le couscous boulettes ou le kreplach au poulet et au paprika. On devrait réfléchir à ça, et encore plus si l'on est juif ou musulman.

Ouais, je ne suis ni l'un ni l'autre, mais je la ramène quand même, parce que la cuisine est comme l'amour, il y faut du tact et de la variété (disait quelqu'un de bien inspiré au nom trop difficile à retenir). Cessez le feu !

* Yasser Arafat dirigea l'OLP et fut longtemps une figure controversée des aspirations palestiniennes, avant de devenir un partenaire de discussions d'Israël dans les années 90. Il signe les Accords d'Oslo en 1993, devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix en 1994 (avec Shimon Peres et Yitzhak Rabin). A partir de 2001, il perd du crédit auprès d'une partie de son peuple, qui lui reproche la corruption de son autorité. Il décède en 2004, sans doute d'un empoisonnement au polonium 210 (un coup de James Bond).

* Le Hamas est un parti islamiste et groupe armé palestinien. Créé en 1987, il prône la destruction de l'Etat d'Israël et l'instauration d'un Etat islamique palestinien sur toute la terre de l'ancienne Palestine (Israël + Cisjordanie + bande de Gaza).

* Le Tsahal est le nom de l'armée israélienne.

* Meir Kahane prônait la haine des Arabes, la ségrégation totale entre juifs et non-juifs et l'expulsion pure et simple de tous les Palestiniens d'Israël. Ultra-sioniste, partisan du Grand Israël, fondateur de Kach, parti politique israélien d'extrême droite qui sera interdit, il s'est fait assassiner en 1990 à Manhattan, de deux balles à bout portant, après un discours dans lequel il appelait tous les juifs américains à émigrer en Israël.

* Une petite précision sur l'équilibre et la symétrie des attaques : les Palestiniens envoient des roquettes, c'est-à-dire des machins non guidés, qui tombent là où ils tombent, souvent dans des champs, quand ils ne sont pas détruits en plein vol par le système de défense performant des Israéliens : le Dôme de fer. Par contre, ce qu'envoie Israël sur les Palestiniens ce sont des missiles, c'est-à-dire des machins autoguidés depuis des drones. Ils vont très précisément là où on leur dit d'aller. Certes, quand on se prend un truc sur la truffe, l'effet est le même, que ce soit une roquette ou un missile. Mais une vingtaine de morts israéliens depuis le début de l'été contre plus de 500 palestiniens... finalement, le résultat n'est pas le même...

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L
Ca donne envie de vomir. Et puis il y a la Syrie aussi, mais tout le monde s'en fout !
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L
Sur internet , des photos circulent ou l'on voit un palestinien accrocher des enfants contre une grille , comme bouclier humain . vraiment à la masse .
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L
Grâce à toi j'ai sait plus sur cette guerre.
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