Eloge de la cohérence
Le top 5 des ruses de guerre qui m'échauffent les zoreilles (et le reste) :
5. La circonspecte à qui tu ne demandes rien et qui te fait remarquer que ce n'est pas la bonne période pour monter ta boîte, alors que ça fait dix ans qu'elle annonce qu'elle va quitter son fasciste de mari et qu'il continue à - extrêmement - polluer les repas de famille.
4. Le caractériel ventru, tout négligé, tout pas hygiénique, qui claironne ne pas comprendre pourquoi il ne tombe QUE sur des Pas-belles-toutes-grosses. C'est valable pour l'irascible décrépite et cellulitique, qui n'aime QUE les Grands-bruns-tablettes-de-chocolat. Hein ? la beauté est intérieure ? Ouais, ben un minimum extérieure aussi !
3. L'imposteur qui se fiche de ta poire parce qu'il t'arrive de manger au Mac Do et, par ailleurs, de choisir des pommes bio, alors que lui-même fume tabac, moquette et linoléum nuit et jour "pour se détendre", le tout arrosé de litres de bière "parce que c'est nourrissant et plein de vitamines".
2. L'exemplaire qui trouve ses congénères "tellement rigides" et qui disparaît de la circulation à la première remarque (très) justifiée, sans appliquer la remise en cause tant vantée. Fais ce que je dis le matin, pas ce que je fais l'après-midi.
1. Et le top du top : l'égoïste, individualiste, ingrat, planqué et bien payé (pour ce qu'il fout), qui attend les vacances avec tellement d'impatience parce qu'il est "trop trop fatigué", et qui ne se prive jamais de s'en plaindre à ses potes au chômdu. C'est juste s'il ne couine pas qu'ils ont de la chance d'être en congé de longue durée. On remarquera que celui-là a souvent des oursins dans les poches. Un pôv cumulard.
La cohérence, en tant que liaison étroite des différents éléments constitutifs d'un ensemble (hummm... c'est bien pompeux ça, j'adore !), voit toutes ses parties comporter une absence de contradiction entre elles : convictions, paroles et actes ont un rapport harmonieux. La Cohérence est une vertu ; sans doute la plus difficile à acquérir dans une vie. Ne pas être toujours cohérent est humain, mais ne jamais se rendre compte de ses contradictions relève de la mauvaise foi, parfois de la bêtise, ou/et d'un idéal moral douteux.
C'est quand nos actes contredisent nos paroles, et que l'habitude empêche la prise de conscience de nos incohérences, qu'on n'est jamais plus menteur qu'avec soi-même.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin (Guy Bedos).
Lire aussi Eloge de la perception : http://zitoune.over-blog.fr/article-eloge-de-la-perception-58937481.html