Marilyn Monroe dans Niagara

Publié le par La Zitoune

Film en couleurs, fait plutôt rare à l'époque du tournage, ce thriller de 1953 est de l'Américain Henry HathawayTourné sur les lieux même des chutes, Niagara est entré dans la légende du cinéma hollywoodien grâce à Marilyn Monroe, pas encore très connue à l'époque de ce film mais déjà on ne peut plus (sur)chargée de sensualité. Son rouge à lèvres brillant crève l'écran et n'enlève rien au côté noir de l'intrigue, il en est même une composante essentielle.

Une femme fatale et destructrice. Je parle de l'actrice évidemment ! Cette créature pulpeuse était mille fois plus fragile dans sa vraie vie, tout enveloppée dans son Chanel N°5. Norma Jeane Baker (1926-1962) n'a pas eu une enfance de rêve : un père inconnu, une mère régulièrement internée en hôpital psychiatrique, des placements en foyers, en familles d'accueil, un mariage à 16 ans, un premier divorce à 20 ans. Cette vraie brune deviendra la fausse blonde peroxydée que l'on connaît : un sex-symbol mondial, la pin-up préférée des Américains et des autres, une légende parfumée au champagne.

Qui ne se souvient pas de sa robe blanche volant au-dessus d'une grille d'aération du métro new-yorkais dans Sept ans de réflexion (1954) ?

Plusieurs fois mariée, épouse d'Arthur Miller - célèbre dramaturge, dépressive suite à une grossesse extra-utérine, on lui prêtera une liaison avec le Président John Fitzgerald Kennedy, à qui elle avait chanté "Happy Birthday" au Madison Square Garden (la fameuse salle de spectacle de New York). On se souvient aussi de l'onomatopée "poupoupidou" dans I wanna be loved by you.

Retrouvée morte à 36 ans, victime d'une overdose de barbituriques, nue, un téléphone à la main, on parlera de suicide. Mais les incohérences de l'enquête de police ouvriront la porte aux spéculations et feront de Marilyn un mythe universel et intemporel.

Synopsis. Deux jeunes mariés - Ray et Polly Cutler - sont en voyage de noces aux chutes du Niagara. Ils font la connaissance de Rose Loomis (Marilyn), une bombasse tout en minauderies et déhanchés d'enfer, et de son mari, George, plus âgé qu'elle et moralement abattu ; on peut d'ailleurs dès le début du film se demander si elle n'est pas la cause de son pétage de plombs et si, au passage, le réalisateur n'a pas voulu mettre un coup de pied plus ou moins discret aux moeurs puritaines de son époque. Le sex-appeal de Marilyn n'était pas monnaie courante dans les années cinquante, au cinéma s'entend.

L'autre personnage féminin du film, Jean Peters (Polly) - une brune tout aussi bombasse que Marilyn, même si elle sent moins le sexe et tortille nettement moins du Q - représente la gentille épouse, toute dévouée à son nouveau mari, un peu coincée du bulbe. Elle apercevra Rose dans les bras de son amant.

Polly est aux antipodes de Rose, qui - elle - ne se prend pas la tête avec des considérations morales et sait ce qu'elle veut : en l'occurence, se débarrasser de son mari après l'avoir poussé à bout et fait passer pour fou. Son amant sera chargé de la basse besogne de le supprimer.

Mais c'est ce dernier que Rose découvrira à la morgue. Hospitalisée après s'être évanouie de stupeur*, elle comprend qu'elle est en danger et tente de prendre le car pour Chicago. Elle finira étranglée par celui qu'elle a tenté de faire assassiner.

La fin du film se passe dans le décor grandiose des chutes du Niagara. George vole un bateau, mais Polly est à bord. Ils dérivent dangereusement vers les chutes. Le meurtrier aidera la jeune femme à sauter sur un rocher. On comprend qu'elle incarne la femme idéale pour lui, celle qui ne trompe pas son mari et qui ne mérite donc pas de mourir ; il lui avait d'ailleurs dit au début du film qu'"on n'en fait plus des comme elle".

Puis, il tombe dans les chutes bouillonnantes et vertigineuses. Métaphore de la passion amoureuse frustrée.

Un film de cinéphile à voir une fois, d'abord pour Marilyn, puis pour les Niagara Falls ; dans cet ordre, que vous soyez mâle ou femelle.

* Dans ces années-là, les femmes étaient considérées par les hommes comme des petits êtres fragiles tombés du nid et s'évanouissaient pour un rien, comme pour donner raison à leur mari. Etrange, non ?

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L
Pourquoi donner la fin des films dans tes articles ? Sinon le film doit être très bien !
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L
Sinon j'oublie :-))